6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 19:22

MARIVAUX - L’ÎLE DES ESCLAVES

LECTURE ANALYTIQUE n° 2 :

EXTRAIT DE LA SCENE 3

De la moitié de la réplique 22 ( Trivelin : « Venons maintenant à l’examen de son caractère » à la réplique 45 : « En voilà donc assez pour à présent »)

  • Le portrait satirique d’une coquette

I / Le jeu de scène du portrait : jeu de miroir et mise en abyme ( sur un rythme endiablé)

C’est Trivelin qui réclame un portrait à Cl ( r 22) : relève d’une coutume répandue au théâtre et dans les salons de la société classique (cf les célèbres portraits de Célimène dans Le Misanthrope de Molière)

- Tirades de Cléanthis ( rr 31 ; 34 + 36 ; 41 ; 43)

entrecoupées par des soupirs (soulignés) d’Euphrosine qu’elle réprouve, en tant que victime ( = spectatrice « subjective » ; impuissante face à l’affront subit, ce qui le rend d’autant plus insupportable)

et des remarques (admiratives) de Trivelin : rr 35 : «elle développe assez bien cela » ou 37 : « cette peinture-là (…) me paraît fidèle » => Trivelin apprécie les talents de satiristes de Cléanthis, qu’il juge en tant que spectateur (objectif).

Cléanthis, elle-même, justifie ses talents d’observatrice privilégiée du jeu de sa maîtresse (ds sa vie intime et quotidienne) : r 23 : « Je suis dans mon fort » ; r 31 : « J’en ai tant vu, tant remarqué » ; fin r 36 : « Nous autres esclaves, nous sommes doués contre nos maîtres d’une pénétration !... »

- Discours à la fois diégétique (Cléanthis raconte sa maîtresse dans son quotidien) (1) et mimétique (Cléanthis imite – jusque dans la caricature – les comportements ridicules de sa maîtresse) (2)

1) « Vous souvenez-vous d’un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait ? » (r 41) ou « Ecoutez, écoutez, voici le plus plaisant. Un jour qu’elle pouvait m’entendre … » (r 43)

2) => « Minaudière » : on se doute que Cléanthis va reproduire (en les exagérant) ses mines.

r 31 : « (Madame se tait, Madame parle) ; elle regarde, elle est triste, elle est gaie : silence, discours, regards, tristesse et joie, c’est tout un, il n’y a que la couleur de différente » => on imagine facilement la pantomime qui accompagne cette phrase : pour mieux appuyer (et illustrer) son discours, Cl l’accompagne de gestes et de grimaces significatifs.

+ rr 34 et 36

r 41 : « Vous vous donniez des tons, des gestes de tête, de petites contorsions, des vivacités. Je riais. » ( = opposition entre la longueur de ces 2 phrases => effet de contraste saisissant)

=> discours rapportés (r 34) ( voire même dialogues rapportés : r 36 ou 41) sont aussi l’occasion de jeux de scène.

Le tout est effectué sur un rythme assez enlevé : cf rythmes binaires ou ternaires des propos ; : Cléanthis s’amuse, se prend au jeu, se laisse emporter et surenchérit. = r 31 : « Madame se tait, Madame parle ; elle regarde, elle est triste, elle est gaie » ; ou « c’est vanité muette, contente ou fâchée » ; r 41 : « (Mais vous avez la main belle ;) il la vit, la prit, la baisa. »

Le jeu semble s’accélérer à mesure que Cl s’emporte : elle s’adresse presque simultanément à l’un et l’autre de ses interlocuteurs ( r 41 : « Vous souvenez-vous … ? » ; r 43 : « Ecoutez, écoutez, voici le plus plaisant. Un jour qu’elle … »)

=> du miroir (déformant) de la coquette au « miroir de paroles » de son implacable suivante.

II / La satire ( « vaine, (…) et coquette »)

C’est aussi Trivelin donne le thème sur lequel Cl va dvper ( r 27)

= narcissique (égocentrique) et superficielle, factice

  • culte des apparences : importance du regard (et du fait d’être regardée) ; attention accordée au visage ( r 34 = « son visage peut se manifester, peut soutenir le grand jour, il fera plaisir à voir, etc) ; 36 = « que va-t-on penser du visage de Madame ? (…) + « cela veut dire : Messieurs, figurez-vous que ce n’est point moi, au moins ; ne me regardez pas, remettez à me voir ; ne me jugez pas aujourd’hui »)
  • amour-propre poussé à l’extrême (=> nbrse psce des pronoms de la 1ère personne – opposition intéressante avec l’utilisation du pronom « on » ) : not lors des disc rapportés, rr 34, 36
  • Sait habilement attiré l’attention vers elle : r 41 : les yeux grands ouverts (tt en insinuant que ceux d’une rivale sont trop petits) , les mains (« vous avez la main belle ») = séductrice (hypocrite)
  • être versatile, tout en contradictions et oppositions, qui change de masques plusieurs fois par jour : cf jeux des antithèses et énumérations par lesquels Cléanthis débute son portrait : r 31 : « Madame se tait, Madame parle »

+ les deux exemples opposés fournis par la r 43 => Euph aime entendre dire (par sa servante) qu’elle est belle, pas qu’elle est raisonnable (« c’était bien fait, car je la flattais » = ironie ; sarcasme) => vaine : soucieuse uniquement de sa beauté (qualité passagère et souvent factice …), de son apparence ; pas de ce qui pourrait constituer des richesses intérieures (plus durables et profondes ; mais qui se remarquent moins, sf par les personnes de qualité (authentiques).

III/ La coquette (sévèrement) corrigée

  • Le paraître et le faux-semblant démasqué (avec un soupçon de cruauté vindicative …)

Démarche inductive : Euphrosine = exemplaire de coquette (type)

  • cf réactions d’Euphrosine : r 29 : « N’en voila-t-il pas assez » (alors que Cl n’a pas encore réellement commencé …) ; 32 : « Je n’y saurais tenir » ; 38 : « Je ne sais où j’en suis » ; 44 : »Je ne puis en souffrir davantage » => gradation : réactions de + en + vives ; parce qu’Euph est scandalisée par l’audace de sa servante ou (surtout) par la vérité du portrait.
  • Euphrosine = l’une des trois Grâces, déesse de la Beauté ; ironie mordante : celle qui devrait être « emplie de joie » souffre, ici.
  • et réflexions (moralistes) de Trivelin. = propos insupportables car criants de vérité.
  • insiste sur le caractère nécessaire de l’expérience : « cela n’est fait que pour vous ; il faut que vous soyez présente. » ( r 25) ; ; r 22 : « portrait, qui doit se faire devant la personne qu’on peint … »
  • annonce d’emblée sa fonction morale : r 22 (suite) : « qu’elle se connaisse, qu’elle rougisse de ses ridicules, si elle en a, et qu’elle se corrige. Nous avons là de bonnes intentions, comme vous voyez. » ( Marivaux lui-même semble vouloir prendre les devants, par prudence)
  • insiste sur la pertinence du portrait : rr 35, 37 « cette peinture-là (…) me paraît fidèle » ; 42 => didascalies indiquent qu’il s’adresse directement à Euph, comme s’il s’agissait d’être sa (mauvaise) conscience ou de la diriger (mais dans un but rédempteur) ; plus encore que d’encourager Cl (en la félicitant), qui n’en a nul besoin pour poursuivre.
  • Pour corriger Euph, il faut d’abord commencer par dénoncer ses vices, ses ridicules, ses travers.

Conclusion : Le fait que nous soyons au théâtre et que Cléanthis s’amuse à jouer sa maîtresse qui passe son temps à se montrer et à jouer la comédie du paraître permet de mieux démasquer ce que le personnage de coquette a de vain et superficiel (voire même extravagant)

  • coquette prisonnière de l’image qu’elle cherche à donner aux autres (jusqu’à perdre toute identité propre => ce n’est plus qu’un type (reproductible et imitable à l’infini), un personnage de théâtre, un masque (au caractère figé)
  • pas de sentiments sincères exprimés ; toujours recouvert par l’artifice et le simulacre.
  • prolongement dans la scène 4 : Euphrosine doit reconnaître la vérité du portrait ( = se confesser revient à promettre de corriger ses fautes ?...)

Dans Le cabinet du philosophe (essai), Marivaux affirme vouloir : « Percer au travers du masque dont (les êtres) se couvrent » pour découvrir un visage authentique.

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 19:21

L’ILE DES ESCLAVES – LECTURE ANALYTIQUE : Début de la scène 1

Du début de la pièce à « le gourdin est dans la chaloupe » (p 23)

Si Le jeu de l’amour et du hasard est sans doute la pièce de Marivaux la plus connue, parmi ses pièces à caractère sentimental, L’ile des Esclaves est, quant à elle, au premier rang de ses « comédies philosophiques », auxquelles s’ajoutent d’autres pièces se déroulant elles aussi dans une île (comme pour mieux en souligner le caractère utopique …) : La Colonie (où les femmes ont le pouvoir … aïe aïe aïe), L’île de la Raison (où la sagesse finirait par l’emporter ; inimaginable …) et La Dispute (où l’on serait retourné aux premiers âges d’une Humanité idyllique … jusqu’à ce que la Coquette s’en mêle, et transforme ce paradis perdu en enfer promis …).

Alors que, dans la première pièce citée, c’est l’Amour (de sa naissance à son épanouissement total) qui est mis à l’épreuve, dans la seconde, ce sont les relations sociales, entre maîtres et valets des deux sexes, qui sont interrogées.

Dans une pièce assez courte (puisqu’elle ne se compose que d’un seul acte, long de 11 scènes), où l’on cherche aussi bien à divertir le spectateur qu’à le faire réfléchir, il va de soi que la scène d’exposition doit, en proportion, être assez rapide et aussi efficace que possible : il s’agit en effet d’informer clairement les spectateurs, mais aussi les personnages, de la situation présente, et de ce à quoi on peut s’attendre par la suite.

[Telle est la fonction du passage que nous allons lire, à présent]

[Lecture du passage]

Afin de mieux mettre en évidence en quoi le passage [dont nous venons de lire un extrait] est caractéristique d’une scène d’exposition [comme la question posée nous invitait à l’entreprendre] nous allons donc commencer par analyser la situation de cette scène, à travers le cadre spatio-temporel mis en place et le nom des personnages. Puis nous nous intéresserons plus spécifiquement à ces personnages, et aux relations qu’ils entretiennent, car celles-ci sont, d’emblée, liées à l’intrigue [comme nous le verrons => il faut savoir ménager un peu de suspens !...]. Pour finir, nous nous arrêterons sur le caractère hybride de cette pièce qui, dès le début, semble mêler plusieurs tons, plusieurs registres et, en fin de compte, plusieurs genres, même …

AUTREMENT DIT

(pour ceux et celles qui auraient encore du mal à tout comprendre …)

I / Situation, cadre spatio-temporel et noms personnages en présence

II / La relation entre ces personnages = un retournement de situation immédiat

III / Une pièce au caractère hybride : entre comique et tragique ?...

I / Cadre spatio-temporel et personnages en présence

- Situation initiale : l’échange (sous forme de dialogue) qui a lieu entre les deux personnages indique clairement ce qui vient de se produire (= juste avant que la pièce ne commence) :

« seuls échappés du naufrage » ( réplique 5) ; « tous nos amis ont péri » (idem)

« noyés dans la mer » (r 6) ; « notre vaisseau s’est brisé contre le rocher … » (r 7 => court disc diégétique permettant surtout d’informer le spectateur de la situation – que les pers en présence connaissent déjà, puisqu’ils en ont été les témoins directs … c’est donc bien à nous (indirectement – et artificiellement) que sont destinées ces « révélations »).

Nous verrons plus loin (partie II) que cette situation va évoluer rapidement, dès cette 1ère scène…

- Lieux : Le titre même de la pièce et la toute 1ère didascalie nous renvoient à un lieu typique : « l’île » ; si l’on en croit la 2nde indication scénique, le décor fournit une indication identique : « une mer et des rochers d’un côté » ( côté Jardin, sans doute ; mais aussi le côté sauvage, qui pourrait tout aussi bien correspondre au passé proche : les personnages, échoués sur l’île, sont venus de la mer, par bateau),

« et de l’autre quelques arbres et des maisons » ( côté Cour, probablement ; le côté civilisé, qui correspondrait au présent, au futur : les personnages se dirigent vers les maisons, pour y trouver refuge ; l’île est habité, par des êtres capables de construire des « maisons », ce qui est plutôt rassurant …)

De plus, dès la 3ème réplique, le terme d’ « île » est employé par Iphicrate. Ce même personnage précisera plus tard, mais assez vite*, qu’il s’agit de « L’île des Esclaves » (r 9)

( * comment peut-il le savoir si vite ? ils viennent tout juste d’arriver, dans des conditions difficiles, n’ont encore rencontré personne ; les panneaux indicateurs n’existaient pas encore … Quel élément du décor – puisqu’il ne peut s’agir que de cela – a permis à Iphicrate d’en tirer cette déduction ?...)

- Dans cette même réplique 9, juste avant en fait, la réflexion (nostalgique/désespérée) d’Iphicrate nous permet d’opposer « L’Ile des Esclaves » à « Athènes », son lieu d’origine.

Ce nom + celui de certains pers (Iphicrate, Euphrosine, Cléanthis) font davantage référence à la Grèce Antique qu’à la période contemporaine de Marivaux.

Se pose donc le problème du cadre temporel : à quelle époque situer l’action ? (NB : les costumes pourraient servir d’indication aux spectateurs modernes. Mais, à l’époque de Marivaux, tout comme au XVIIème siècle, on avait pour habitude de jouer avec des costumes « contemporains » ( = classiques), quelle que soit l’époque représentée …Ce n’est plus souvent le cas de nos jours).

La question est de taille, car selon sa réponse, le terme « esclave » n’est pas à comprendre de la même manière … au XVIIIème siècle : « esclave » = « nègre », originaire d’Afrique, envoyé en Amérique par le biais du commerce triangulaire (cf couverture POCKET Classiques) ; en Grèce Antique, le terme est alors l’équivalent du serviteur / valet du XVIIIème siècle [ce qui indique, tout de même, que les relations sociales entre dominant (dominus = maître de la maison) et dominé ( le domestique, l’employé de maison) ont évolué, en 23 siècles !... Chouette !]

L’onomastique ( = nom des personnages) vient confirmer l’idée que la scène se situe dans l’Antiquité [voir p 89 du dossier] : Iphicrate = « le pouvoir (crate) par la force (iphi) » ; Euphrosine : « joie et plaisir » (l’une des trois Grâces de l’Antiquité) [doit-on y voir la marque d’une ironie cinglante, de la part de Marivaux : la Grâce, ici, se transforme en Coquette ?...] ; Cléanthis : klé = « gloire, renommée » ; anthos = « fleur ».

[Nous verrons plus tard, en partie III, que les noms d’Arlequin et de Trivelin renvoient à une autre époque, une autre tradition théâtrale : celle de la commedia dell arte …]

Si tel est le cas, l’île dont il est question ici revêt alors un caractère proprement utopique : [voir détails dans le dossier ; not pp 193 et suivantes] ce « non-lieu » (u-topos) renvoie à une tradition littéraire qui puise ses sources chez Thomas More, au XVI ème siècle (pour le nom) et à Platon dans l’Antiquité ( pour le concept d’un lieu imaginaire dans lequel se constitue une société idéale. C’est Platon qui, le premier, semble-t-il, a évoqué l’Atlantide … éh oui … ce n’est pas Walt Disney !...)

  • La question qui se pose alors est de savoir pourquoi Marivaux a préféré situer son action dans un lieu et un temps autres (et, pourrait-on dire, autant utopique qu’atemporel (= sans référence temporelle réelle/précise) ?

Sans doute afin de se donner toute la latitude possible pour critiquer les moeurs de son temps et pour s’amuser un peu, aussi, avec le spectateur, qui ne peut pas être dupe de la situation réelle … Pour mettre en évidence que l’Antiquité n’est ici qu’un prétexte, il suffit d’observer comment Iphicrate et Arlequin se comportent l’un envers l’autre

II / La relation entre les personnages = un retournement de situation immédiat

-La relation inégale qui lie les 2 protagonistes est établie dès les 2 1ères répliques de la pièce : Iphi désigne Arlequin par son prénom (et lui donne un ordre …), tandis qu’Arl lui répond par un adj possessif, certes, mais surtout en utilisant un substantif marquant que celui à qui il s’adresse lui est socialement supérieur => l’un n’a que son nom pour lui ; l’autre a sa fonction …

- Par contre, ds la réplique 3, c’est le pronom perso « nous » qui est utilisé => les ho redeviennent égaux face au péril ( r 5 : « nos amis ont péri » ; r 9 : « ne négligeons rien pour nous tirer d’ci. [mais tout de suite après] Si je ne me sauve, je suis perdu)

- Par ailleurs, on voit bien que les 2 hommes réagissent différemment face à la situation : Iphicrate très inquiet (cf didascalies : entrée en scène et 1ère réplique) ; Arl, quant à lui, adopte une position plus stoïque, ,non dénuée d’ironie sans doute (r 4 : « Nous deviendrons maigres, étiques, et puis morts de faim ») => peut lui importe, pourvu qu’il ne meure pas de soif !... : r8 : « reposons-nous auparavant pour boire un petit coup d’eau-de-vie. J’ai sauvé ma pauvre bouteille, la voilà ; j’en boirai les deux tiers, comme de raison, et puis je vous donnerai le reste. » [les proportions s’inverses …]

=> On constate qu’Arl sait se contenter du peu qu’il a (du moment qu’il a sa bouteille ..) tandis qu’Iphi, ayant l’habitude de posséder plus, a bien plus à, perdre.

Mais une autre raison / révélation vient encore changer la donne et nous permet de mieux comprendre encore la vive inquiétude du maître : la fin de la r 9 : « nous sommes dans l’île des Esclaves » et les explications qui s’ensuivent r 11 (=> dble énonciation : révélations utiles pour Arl comme pour les spectateurs [on peut remarquer là l’artifice : comment Iphi a pu savoir si rapidement qu’il était sur l’Ile des Esclaves ; c’est assez peu crédible, quand on y réfléchit]

En tout cas, cette révélation de la r 11 peut être considérer comme une 1ère péripétie : elle induit un renversement de situation entre les 2 pers (Arl > Iphi) et se traduit par un chgt de comportement immédiat d’Arl ( surtt à partir de la r 16 et jusqu’à la fin du passage => à détailler).

De même, Iphi, qui jusque-là donnait des ordres, se fait à présent plutôt suppliant : r 15 (« cela ne suffit-il pas pour me plaindre ? »); r 25 « je t’en prie » + phr interrogatives (rr 15,19 et 21)

III / Une pièce au caractère hybride : entre comique et tragique ?...

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 12:28

LECTURE ANALYTIQUE N°5 : Lettre XII des Lettres Persanes

Lettres persanes : 2 persans, Usbek et Rica, partis de leur pays pour visiter la France, échangent une correspondance avec leurs amis restés en Perse. Le regard étonné que ces étrangers portent sur les mœurs occidentales permet à M. d'établir une distance ironique et d'ébranler les certitudes de ses contemporains.

Les troglodytes : dans Les lettres persanes, M. intègre une fable à valeur morale (apologue). Pour démontrer à son ami Mirza le nécessité de la justice et de la vertu, Usbek lui raconte l'histoire d'un peuple imaginaire, les Troglodytes, conduit à sa perte parce qu'il vivait dans l'égoïsme. Seules ont subsisté 2 familles vertueuses qui ont décidé d'organiser une nouvelle société qu'Usbek présente comme un modèle.

PBK : En quoi ce texte est-il un apologue ?

Plan : 1) le caractère mythique du récit ;

2) L’éloge des bons Troglodytes ( = « bons sauvages » ;

3) La portée morale (sociale, religieuse, politique) du récit : le collectif contre l’individuel è visée didactique

1) Le caractère mythique du récit : étude du cadre spatio-temporel + référence à la mythologie antique (l’Age d’Or et la pastorale virgilienne)

+

A) LE TEMPS

Le récit des Troglodytes est introduit par une formule proche de celle des contes : « Il y avait en Arabie » (lettre XI) et « il y avait dans ce pays » (lettre XII, ll.2-3) => passé lointain indéterminé

Þ degré zéro de l’histoire : tps de l’origine (« qui descendaient de ces anciens Troglodytes » - lettre XI) [ = illud tempus] puis passage d’une génaration de Troglodytes (mauvaise ; lettre XI) à une autre (bonne ; lettre XII), par l’intermédiaire de deux familles => proche du mythe antique de l’Age d’Or (cf hist de Chronos-Saturne).

Passage entre deux génération également marqué par l’emploi des tps verbaux :

  • passé simple = première génération : « périrent » (l.1) « furent les victimes » (l.1) ; « il n’en resta » (l.2)
  • presque tt le reste du récit est composé d’imparfait à valeur descriptive (et durative), sf ll. 14-17 : au moment où s’établit réellement la seconde génération ; ll. 18-21 : moment où s’institue la (nouvelle) religion
  • passé simple pour mentionner des événements définitifs (déchéance des 1ers Troglo) ou nouveaux. Imparfait, qd il s’agit d’étendre dans la durée un moment de bonheur idéal.
  1. L'ESPACE

Le lieu est également peu déterminé (« en Arabie » lettre XI ; sans doute parce que c’est un Persan –musulman- qui est censé raconter / écrire ; repris par « ce pays », lettre XII, l.3).

Le fait que les deux bons Troglo vivent « dans l’endroit du pays le plus écarté » (l. 7) semble justifier qu’ils « échappèrent aux malheurs de la Nation » (l. 2).

+ dimension à la fois symbolique et mythique du lieu : cadre pastoral (reprend le thème antique des Bucoliques de Virgile : bonheur simple des paysans et bergers près de la nature –sauvage ; harmonie entre les hommes et les animaux ; cf paradis perdu biblique)

  • champ lexical : « troupeaux » (l. 32) ; « prairie » (id) ; « bœufs » (id) ; « charrue » (id) ; « troupeaux » (l. 40)

= la seule activité humaine mentionnée est l’agriculture : « la terre semblait produire d’elle-même » (l.8)

  • « délice de la vie champêtre » (l. 36) ; « musique champêtre » (l. 22)

+ « jeunes filles ornées de fleurs » (l. 21) ; « fêtes en l’honneur des dieux » (l. 21) = rites simples ; « festins » joyeux (l. 22) ;

+ cadre idyllique ( à l’origine idylle = petit poème ou petite pièce à sujet pastoral et généralement amoureux ; XIX ème siècle : petite aventure amoureuse naïve et tendre, généralement chaste) : cf ll. 23-26.

Bonheur simple et chaste lié à la « nature naïve » (l. 23) => référence à la fois à la pastorale antique et au mythe du bon sauvage

2) L’éloge des bons Troglodytes (= bons sauvages)

. nature : deux sens : concret : « la nature ne fournissait pas moins … » (l. 38) ; abstrait : nature humaine : « nature naïve » (l. 23)

  • A/ LA VERTU comme principe de base

Nbses répétitions du terme

- ils aimaient la vertu (4)

  • La terre semblait produire d'elle-même, cultivée par ces vertueuses mains (10)
  • Toute leur attention était d'élever leurs enfants à la vertu.(12)
  • que la vertu n’est point une chose qui doive nous coûter ; qu’il ne faut point la regarder comme un exercice pénible (15)
  • Ils eurent bientôt la consolation des pères vertueux qui est d'avoir des enfants qui leur ressemblent. (17)
    - la vertu, bien loin de s’affaiblir dans la multitude, fut fortifiée, au contraire, par un plus grand nombre d’exemples. (19)

- la vertu renaissante avec un nouveau peuple et sa félicité (36)

Vertu individuelle et exemplaire => bonheur collectif

Vertu des deux patriarches = droiture du cœur

= humanité, pitié

= justice

= sollicitude commune

conséquence immédiate => ils menaient une vie heureuse et tranquille

. bonheur omniprésent : « heureux mariages » (l 15) ; « bonheur de ces Troglodytes » (l. 18) => question emphatique ; « joie » (l. 22) ; « rendre un Troglo heureux » (l. 31) ; « bonheur d’une condition toujours parée de l’innocence » (l. 36) ; « pays heureux » (l. 38)

Image d'une société simple et innocente, sereine et apaisée

  • atmosphère champêtre : les thèmes sont d'ailleurs bucoliques, idylliques (amour et nature champêtre) car la vie reste proche de la nature, naïveté et innocence Þ tableaux champêtres hérités d'une littérature latine (Virgile et Lucrèce)
  • simplicité et frugalité (= aliments, nourriture simples)

On faisait ensuite des festins où la joie ne régnait pas moins que la frugalité (ll. 22-23)

La nature ne fournissait pas moins à leurs désirs qu'à leurs besoins (l. 38)

  • Litote : significative du contentement, nécessité (vs superflu, abondance : « pas de richesses et une onéreuse abondance : de pareils souhaits étaient indignes des heureux Troglodytes » (ll. 27-28)

B) LA RECIPROCITE, sens du partage est à la base de tout.

« la cupidité était étrangère » (ll. 38-39) ; + l. 39

« troupeaux presque toujours confondus » (l. 40) + sqq

  • « Le peuple troglodyte se regardait comme une seule famille » (ll. 39-40)

+ charité et compassion également présentes dans leurs prières : ll. 29-31.

C) LA RELIGION = apport fondamental qui vient compléter une (parfaite) pratique de la vertu

la Religion vint adoucir dans les moeurs ce que la Nature y avait laissé de trop rude ((ll. 19-20)

  • conforte la tendance naturelle à la vertu, ajoute de l'humanité

Usbek / Montesquieu explique que les biens que l'on peut demander pour soi au ciel ne peuvent être des biens matériels mais des biens spirituels : ce n’était pas les richesses et une onéreuse abondance : de pareils souhaits étaient indignes des heureux Troglodytes (28-29) ; Ils n'étaient au pied des autels que pour demander la santé de leurs pères, l'union de leurs frères, la tendresse de leurs femmes, l'amour et l'obéissance de leurs enfants (30-32)

Eloge d'une religiosité simple, en relation directe avec Dieu

C'était dans ces assemblées que parlait la Nature naïve.

=> atmosphère de fête empreinte de religiosité (célébraient)

=> atmosphère artistique : art non coupé de la vie (danse/musique/chant)

  • liens profonds entre nature, bonheur et religion

« Un peuple si juste devait être chéri des dieux » (l. 18)

=> Pratique de la vertu considérée récompensée (par la nature, qui prend elle-même un caractère divin)

3) La portée morale (sociale, politique et religieuse) : l’intérêt collectif doit surpasser l’intérêt individuel.

Apologue = récit à visée didactique (cf. morale) => apologie de la vertu (et de la justice sociale)

Un nouveau monde se construit sur les débris de l’ancien, l'ancien monde est un repoussoir

Þ méchanceté et injustices (l. 1 et 2) vs bonté ; cf description des 2 bons Troglo : énumérations des vertus requises pour faire émerger une société parfaite : humanité (l. 3) ; sens de la « justice » (id) ; amour de la « vertu » (l. 4) ; « droiture de coeur » vs corruption (l. 4) ; compassion = « pitié pour la désolation générale » (ll. 4-5) ; « douce et tendre amitié » (l. 6)

  • récompensé : « La terre semblait produire d’elle-même, cultivée par de vertueuses mains » (l.8)
  • vs punition des méchants : « les troglodytes périrent par leur méchanceté et furent les victimes de leurs propres injustices (1-2) »

ils chantaient les injustices des premiers troglodytes et leurs malheurs (35-36)

là encore, morale liée à religion : « faveurs (des dieux) toujours présentes aux hommes qui les implorent » (ll. 34-35) vs « colère inévitable à ceux qui ne les craignent pas » (l. 35)

Génération nouvelle : « vertu renaissante avec un nouveau peuple » (l. 34) = nvx liens familiaux : l. 9 : amour réciproque homme-femme ; id : souci de l’éducation des enfants => « consolation des pères vertueux » = émergence d’une « union nvelle » (l. 5) « jeune peuple » (ll. 14-15) bon et heureux, car il suit les conseils des anciens (transmission des vertus)

=> cf enseignement des 2 bons Troglo (= Usbek / M.) à la génération future (= Mirza / lecteurs ) : préceptes moraux. Trois aphorismes (formule, maxime, précepte, sentence) :

  1. « l’intérêt des particuliers se trouve toujours dans l’intérêt commun » (ll. 11-12)

Une redondance souligne l'origine véritable de leur bonheur : sollicitude commune pour l'intérêt commun

2) « la vertu n’est point une chose qui doive nous coûter » (l. 12)

3) « La justice pour autrui est une charité pour nous » (l. 13)

CONCLUSION

Au lieu de développer une réflexion philosophique et politique sérieuses qui risquerait de lasser son lecteur pour défendre ses idées (pratiques de la vertu et de la justice dans la société), Montesquieu utilise une « petite histoire plaisante », inspirée du mythe antique de l’Age d’Or et du mythe (plus moderne) du bon sauvage, en confrontant deux générations successives : l’une n’ayant pour règle que l’égoïsme, ce qui la mène inévitablement à sa perte, l’autre portée vers l’altruisme, le respect « simple et naïf » envers (les) dieu(x) et la Nature.

Les thèmes de la loi et de la vertu, relatives à chq peuple / civilisation sont chers à M, puisqu’il les reprendra dans son autre chef d’œuvre, l’Esprit des lois.

Il est d’autre part intéressant de constater que la description utopique des Troglodytes se situe au début des Lettres Persanes, œuvre épistolaire qui peut être considérée elle-même comme un vaste apologue : M expose ses idées (de nature politique et sociale) à travers les lettres que sont censées s’échanger des persans visitant l’Occ et leurs amis restés à Ispahan.

On comprend que ce procédé permet à M d’établir des comparaisons entre les mœurs persanes et les mœurs européennes, comportant chacune des qualités et des défauts, tandis que l’apologue des Troglodytes servirait de référence ultime, puisque les deux générations représentent respectivement le paroxysme de la méchanceté et un modèle de vertu.

Mais M n’est pas dupe et ne cherche pas à tromper son lecteur : c’est pourquoi le monde parfait, tel qu’il en fait l’apologie, est présenté à partir d’un mythe, d’une histoire imaginaire. Mais s’il ce monde n’existe pas, il n’est pas impossible de s’y référer comme un modèle. C’est bien là la fonction même du mythe : même si l’on sait que l’histoire qu’il contient est iréelle, il contient une vérité morale qui ne devrait pas nous laisser indifférents.

"La vertu" dans L'esprit des lois (IV, 5)

La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible. On peut définir cette vertu, l’amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

Pour Montesquieu les principes des gouvernements sont les suivants : la vertu pour la république ; l’honneur pour la monarchie ;la crainte pour le despotisme

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 12:27

Extrait de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette

Présentation : On peut considérer La Princesse de Clèves comme l’un des tout premiers romans historiques (puisque l’auteur, Mme de La Fayette, le publie en 1768, mais que l’histoire est censée s’y dérouler dans les dernières années du règne d’Henri II, et plus précisément en 1558-1559), mais aussi l’un des premiers roman français moderne (pour la profondeur psychologique de son personnage éponyme, et l’analyse qui en est donnée.

En effet, ce qui distingue, avant tout Mlle de Chartres (future princesse de Clèves) des autres «belles personnes » de la cour (dont Catherine de Médicis, la 1ère dame de France alors), ce sont des qualités morales au-dessus de la normale ; vertus qu’elle doit à l’éducation que lui a donnée sa mère.

C’est pourquoi le portrait qui est fait de ce personnage, juste après avoir fait le portrait de Catherine de Médicis, prend une place capitale dans le récit : il nous présente un premier aspect de l’héroïne et de ses origines, tout en laissant entrevoir comment celle-ci va se comporter, au milieu de ce monde de la Cour, qui fourmille d’intrigues, d’apparats et d’amours superficiels.

Problématique : Pourquoi un double portrait (celui d’un personnage héroïque : Catherine de Médicis ; puis celui d’un personnage fictif : La Princesse de Clèves) ?

è Pour mieux mettre en valeur les vertus de l’héroïne, dans un monde (de la Cour) où règnent les intrigues (amoureuses et politiques)

I / Le portrait d’une femme d’État : Catherine de Médicis

  1. Un éloge apparent
  2. Des critiques sous-jacentes
  3. Un personnage (historique) d’une intrigante : femme de cour et femme d’ État (= machiavélique)

II / Le portrait d’une femme parfaite ? : Mlle de Chartres

  1. Une description physique (assez stéréotypée)
  2. Une description morale (exemplaire)
  3. Les principales différences qui apparaissent entre les deux portraits

III / L’importance de l’éducation

  1. Des « peintures de l’amour » à ses dangers
  2. Un éloge de la fidélité
  3. Une vision du monde (plutôt dans l’esthétique classique) qui va à l’encontre de l’esthétique courtoise (et baroque, qui fait plutôt l’éloge de l’inconstance)

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:10

TABLEAU RÉCAPITULATIF : LECTURES DIVERSES

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 18:23

-- LECTURE ANALYTIQUE - extrait de La controverse de Valladolid

è Un débat d’idées propice à la délibération

I/ Au cœur du débat

II / Un dialogue éristique

III / Une remise en cause de l’ethnocentrisme

I/ Au cœur du débat

- dialogue : nombreux tirets ; vbs de parole (ll 3, 6, 10, etc …) ; qqs passages narratifs (ll 4-5 ; 26-27 ; 32 è pour préciser certaines attitudes (« saisit le 1er feuillet » (4-5) ) ou pensées ( « Tout cela ne le surprend pas » (32) )

- 3 personnages en présence : Sépulvéda (l 4) ; le prélat, légat du Pape (l. 3) et Las Casas (l. 10)

- Sépulvéda, philosophe (fait réf à Aristote ; l. 2), annonce la thèse qu’il va développer : l. 1 ; Las Casas la réfute (ll 10 sqq) ; le légat arbitre (ll 49-50), mais intervient aussi pour recentrer le débat (ll 23-25).

- Si chacun est censé prendre la parole tout à tour, l’échange est plutôt vif : bcp de « ! » ou de « ? » dans les répliques de Las Casas è émotion présente. (plutôt persuasif).

- Le discours de Sépulvéda est plus méthodique, organisé, énoncé froidement : « il a préparé tout un dossier » (4) ; « commence une lecture à voix plate » (26) è cherche plutôt à convaincre = laisse croire que ce qu’il dit relève d’une Vérité « indiscutable » (26-27)

II / Un dialogue éristique

- C’est Sépulvéda qui semble mener le débat : le 1er a énoncé sa thèse ; la dvp – Las Casas la réfute point par point è 2 avis totalement opposés qui, ici, se répondent « du tac au tac ».

- 1er argt de Sépulvéda : Inidiens copieurs è serviles. Las Casas répond par un contre-argument (faux prétexte d’envahisseurs), un exemple (César et la Gaule) [= déductif] et conclut par une analogie (« nous faisons de même » (15) )

- Sépulvéda en vient à énumérer tt ce qui est, selon lui, caractéristique des êtres inférieurs (ll 28-31 puis 33-36) : ignorent la technologie (28), travaillent et mangent comme des animaux (28-29), ont mauvais goût et sont hérétiques (30-31) ; innocents (33), polygames (33-35) ; manquent de bravoure (35) et ignorent la valeur de l’argent et de l’or (35-36) è causes certaines de stupidité, selon Sépulvéda (dossier à charge)

- Las Casas répond point par point : contre-arguments : inverse l’argt concernant le mépris de l’or (37-38), en fait autant pour la nourriture (40-41) , vante leur agriculture (45-46), explique pq ils n’utilisent pas d’animaux domestiques (46-47) et remet en cause la notion de goût (« grossier ») (48)

et contre-exemples (ex : « œufs de fourmi et tripes d’oiseau » (42) vs « tripes de porc et escargots » (43)

III / Une remise en cause de l’ethnocentrisme

- passage important : « attentif à cette argumentation nouvelle » (17) : ll. 19-20 (è rappelle le texte de Montaigne : la controverse lui est contemporaine …) + « ensorcelés » (19) = terme fort (pour un prélat)

- Las Casas remet +sieurs fois en cause l’ethnocentrisme (visée critique) à l’aide de questions : l. 38 ; l. 41 ; l. 48.

- Laisse même entendre que Sépulvéda peut lui aussi être ignorant sur certains points, et s’en amuse : « ne vous a-t-on pas appris » (45) ; « ignorez-vous que … » (47) è l’ignorance n’est pas d’un seul côté ; les valeurs ne sont pas les mêmes pour tous.

Paradoxe : dans ce débat, l’homme d’église se fait moins dogmatique que le philosophe. Il ne cherche pas à imposer sa Vérité, et ne fait pas de ses valeurs des lois universelles.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 18:21

L A de l’extrait des « Coches », dans Les Essais de Montaigne

(p 312 du manuel)

( Montaigne a dû s’inspirer des témoignages directs des 1ers explorateurs de l’Amérique (dont Colomb) (lectures) + d’autres personnes qui ont fait le voyage outre-Atlantique (échanges de propos) + le Requerimiento (texte officiel faisant office de loi) + sa rencontre avec des Indiens à Caen en 1562

è Il cherche à confronter 2 cultures (points de vue / discours) différents. Le dialogue qui se met en place est (plus ou moins) INVENTÉ par Montaigne.

1) Les propos des Espagnols : inspirés de la réalité ; 2) Les propos des Indiens, qu’il imagine (è les propos qu’il aurait aimé les voir tenir ; il leur donne, en quelque sorte, un droit de réponse et remet en cause, par la même occasion, l’idée qu’il sont naïfs).

Pbtk : Comment Montaigne met en scène un dialogue pour mieux critiquer l’attitude des Espagnols ?

I / Une mise en scène de discours et de rencontre

II / Les propos des conquérants (Espagnols)

III / Les réponses pertinentes des Indiens : remise en cause des Européens

I / Une mise en scène de discours et de rencontre

  1. Une scène de rencontre : narration d’une rencontre (contexte)

Pas de détails sur les circonstances spatio-temporelles (« le long des côtes) + « déclarations habituelles »

  1. Un dialogue réparti en 2 blocs déséquilibrés
  1. Une mise en scène

II / Les propos des conquérants (Espagnols)

  1. Réf à 2 autorités + « logique féodale » (fermage)
  2. Ce qu’ils réclament
  3. La religion

III / Les réponses pertinentes des Indiens : remise en cause des Européens

  1. Une réfutation très construite
  2. Une critique et une remise en cause …
  3. … Derrière laquelle apparaît l’auteur lui-même

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 18:00
Magnus, de Sylvie Germain par Audrey ( 1ES2 )

Magnus

L'auteur: Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Elle a suivi dans les années 1970 des études de philosophie à la Sorbonne. Elle a écrit " Le Livre des Nuits " en 1984 puis " Nuit d'Ambre " en 1987, elle a gagné des prix littéraires avec ces deux ouvrages mais aussi avec " Magnus " publié en 2005.

Composition: Ce roman est composé de 31 fragments, qui sont eux-même composé de Notules, séquences, échos, résonances, et poèmes. Les fragments du livre correspondent à la mémoire de Magnus, qui se construit peu à peu comme un puzzle.

Contexte: Le début de l'histoire se déroule en Allemagne, puis en Angleterre, au Mexique, de retour en Allemagne et pour finir en France.

Thèmes: Les principaux thèmes de ce roman sont:

- L'ignorance, car Magnus connait très peu de chose sur sa véritable identité.

-Le mensonge, car Magnus a vécu pendant une grande partie de sa vie, dans le mensonge.

-L'amour, ce qu'éprouve Magnus pour deux femmes.

Pourquoi ce titre? Le titre " Magnus " fait référence à l'ourson en peluche que possède Franz-Georg. Franz-Georg est un petit garçon qui a été victime d'une fièvre qui lui a fait oublié les 5 premières années de sa vie, et le seul témoin de ce passé est cet ourson.

Les personnages:

-Magnus, personnage principal

-Clément et Théa Dunketal, parents adoptif de Magnus

-Lothar, oncle de Magnus

-May et Peggy, les deux femmes que va avoir Magnus

Résumé: Franz-Georg est un garçon âgé de 10 ans vivant en Allemagne, après avoir été victime d'une fièvre il a oublié ses 5 premières années, sa mémoire est alors aussi vide qu'au jour de sa naissance. Il doit alors tout réapprendre, sa langue, ses souvenirs, etc... Cependant après le décès de son père qui était partie s'exiler au Mexique car c'était un criminel de Guerre, et le décès de sa mère, Franz-Georg est confié à Lothar son oncle et part vivre en Angleterre. Devenu un jeune adulte, Franz-Georg prend le nom de Adams puis part au Mexique sur les traces de son père. Là-bas il fait la connaissance de May et aura une relation avec elle pendant 10 ans, mais suite à une maladie May va succomber et Adam retournera en Angleterre s'occuper de son oncle. Durant cette période, il aura compris que ses parents allemands, l'avait adopté. bouleversé il va alors changer de nom et prendre celui de Magnus. En Angleterre il retrouve Peggy son premier amour. elle vit seule et demande des cours d'allemand a Magnus, ils vont par la suite tomber amoureux et partir vivrent à Vienne, en Allemagne. Lors d'un dîner avec sa compagne dans un restaurant Magnus va reconnaître la voix de son père adoptif qu'il croyait mort à une table proche, il va alors lui faire passer un message grâce au serveur pour lui faire comprendre qu'il l'a reconnu. Celui-ci va prendre peur et au volant de sa voiture il va percuter Magnus et Peggy. Peggy décède et Magnus reste handicapé. Totalement perdu, il va partir en France, là-bas il va faire la rencontre d'un moine assez particulier mais qui va l'aider à mourir en paix, en ayant enfin laisser toutes les interrogations sur son passé derrière lui.

Un roman réaliste? Oui ce roman est réaliste, car l'enfance de Magnus se passa pendant la Seconde Guerre mondiale, donc il est basé sur une période historique réel, et les personnages cités dans ce livre ont vraiment existé à cette période.

Mon avis: J'ai trouvé que le début de ce livre était vraiment intéressant, mais en revanche je n'ai pas apprécié la fin, il y avait pour moi beaucoup trop d’événements qui surchargeait l'histoire. J'ai aussi été déçu par la composition, car on pouvait parfois se perdre avec les notules, les échos, les résonances, etc..

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 22:34

L’argent de Emile ZOLA

I – L’auteur

Emile Zola est un écrivain et journaliste français, né à Paris le 2 avril 1840 et mort le 29 septembre 1902.

Emile Zola est l’un des romanciers français les plus populaires et le plus publiés, il est également considéré comme le chef de file du naturalisme. Il est principalement connu pour sa fresque romanesque, les Rougon-Macquart. Ecrite en 20 volumes, elle montre la société française sous le Second Empire et met en scène la famille des Rougon-Macquart.

Les dernières années de la vie de Zola ont été marquées par son engagement dans l’affaire Dreyfus avec son article intitulé « J’accuse » paru en janvier 1898.

II - L’œuvre

L’argent écrit par Emile Zola a été publié en 1891, c’est le 18ème volume de la série des Rougon-Macquart et est composé de 12 chapitres. Le point de vue principal dans ce roman est le point de vue omniscient car le narrateur, et donc par la suite le lecteur, sait tout ce que le personnage pense et tout ce qui se passe dans l’histoire. Ce point de vue narratif permet donc de faire partager au lecteur tous les secrets de l’histoire. Le narrateur peut avoir des réflexions sur la psychologie des personnages et décrire à la perfection les évènements qui se déroulent. En effet, dans le roman nous savons ce que le personnage principal, Saccard, pense, ce qu’il s’est passé dans son passé.

Ce roman porte sur la bourse et sur la spéculation financière qui s’y déroule ainsi que les scandales qui en découlent. Il permet de se rendre compte que l’on peut être riche un jour et tout perdre le jour d’après. Il porte également sur l’antisémitisme (Gundermann est un juif et Saccard est son ennemi, il veut faire de son argent de change de l’argent catholique) et il y a aussi une petite histoire d’amour entre Madame Caroline et Saccard.

Aristide Saccard, le personnage principal, est le frère du ministre Eugène Rougon, il est ruiné par le jeu mais toujours assoiffé de fortune. Il se lance alors dans une véritable conquête. Gundermann est un banquier milliardaire juif, ennemi de Saccard. Madame Caroline est la maîtresse de Saccard. La baronne Sandorff, seconde maîtresse de Saccard.

L’histoire commence en 1864, à Paris lors du Second Empire. Aristide Saccard, frère du ministre Eugène Rougon, a perdu toute sa fortune mais il a un projet : créer la Banque Universelle. Il gagne de l’argent grâce à ceux qui épargnent, parmi eux Daigremont et Mazaud. Caroline se donnera à lui sans trop d’amour puis elle retrouvera le fils caché, Victor, de Saccard et aura une liaison avec ce dernier. Saccard se retrouve au sommet de la gloire et de la puissance. Par la suite il trompera Madame Caroline avec la baronne Sandorff, joueuse invétérée. En 1869, Saccard va tout perdre et sera jugé en correctionnelle puis sera condamné à cinq ans de prison.

Au début du roman, le projet de Saccard n’est pas dévoilé, mais lorsqu’on le connait on se demande comment va finir ce projet de la Banque Universelle. Va-t-il permettre à Saccard d’être riche ou va-t-il lui faire tout perdre ?

Ce roman est un roman réaliste, car il y a plusieurs descriptions de lieux, Paris par exemple, mais c’est tout particulièrement un roman naturaliste car le naturalisme est tout d’abord un prolongement du réalisme, mais aussi car le héros est façonné par son hérédité et par l’histoire mais principalement par la société de son temps, ici l’argent, la bourse ou encore la spéculation.

Je n’ai pas aimé cette histoire car elle porte su la bourse et sur la spéculation, c’est assez difficile à comprendre et ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Mais elle m’a tout de même apportée quelques explications, et quelques nouveautés, par exemple la spéculation ce que c’est, et comment fonctionne réellement la bourse. J’ai appris aussi qu’avec la bourse on peut être au sommet, riche mais le lendemain tout perdre et se retrouver sans rien. Mais j’ai apprécié l’histoire d’amour entre Madame Caroline et Saccard ainsi que le retour de Victor.

Eva MARIVAIN 1ère S2

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 22:25

Dracula

l'auteur :

Bram stoker est un écrivain irlandais né le 8 novembre 1847, il provient d'une famille aisée, il fait des études scientifiques nottament en mathématiques. Il est l'auteur de nombreuses nouvelles et romans fantastique, gothique ou d'horreur, nottament Dracula qu'il publie en 1897, ce roman fera sa notoriété et le rendra célèbre. Il révolutionne le roman fantastique en étant le premier a utilisé le personnage du vampire dans un roman.

Il meurt a Londres le 20 avril 1912 a l'age de 64 ans .

la composition :

Cette un roman épistolaire, c'est à dire composé de lettres que s'envoie les différent personnages, de journaux intimes, et d'articles en rapport à l'histoire. Grâce a se procédé d'écriture, nous avons les point de vue des nombreux personnages, leurs ressentie, leurs sentiments, et il nous permet de bien suivre l'intrigue

L'intrigue :

L'histoire commence avec Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire, qui est envoyé en transylvanie, chez le comte dracula pour l'aider a acquérir un château a Londres.

Durant tout son voyage en Europe de l'Est les personne qu'il rencontre vont avoir peur pour lui, le prévenir, et lui donner des petits cadeaux (crucifix, petite croix d'or, gousse d'ail) mais ne parlant pas la langue, Jonathan continue son voyage.

Arrivé chez le comte, Jonathan est plûtot surpris car le comte est quelqu'un de gentil et attentionné envers son hôte, il est de suite rassuré et répond avec plaisir aux nombreuses questions du comte a propos de l'Angleterre.

Après avoir effectué la transaction, Jonathan est préssée de rentrer chez lui retrouver sa fiancée Mina, mais dès qu'il parle au comte de son retour, le comte le perçoit de rester toujours plus longtemps. Jonathan commence alors a paniqué, il cherche a s'enfuir sans succès et est alors sujet a d'étranges phénomènes sur le comte.

Un jour, le comte lui donne une date pour son retour, Jonathan comprend vite que se jour est le jour de sa mort, ou le comte le tuera pour lui suçer le sang, il commence a écrire son jounal comme un condamné à mort, il n'écrit plus qu'a s fiancé et sur ses derniers jours . Le jour venu, Jonathan préfère se defenestrer plutot que de se laisser tuer par le comte.

Après la chute de Jonathan, on retourne en Angleterre en lisant a travers le journal intime de Wilhemina Harcker la femme de Jonathan, elle est triste de l'absence de son mari mais aussi très excitée par l'arrivée de son mariage. Le moment ou nous retournons en Angleterre coincide avec le moment ou Dracula arrive a son château, les personnages vont alors alors être confronté a de nombreux phénomènes étranges, nottament la meilleure amie de Mina, Lucy Westera qui va tomber malade d'une étrange maladie après que Mina l'ai vu en compagnie d'un homme « étrange » l'ayant mordu.

Nos héros vont alors faire appel au docteur Van Helsing, un mèdecin Hollandais qui va alors découvrir la vraie nature de la maladie de Lucy .

Les thèmes principaux :

Les thèmes principaux sont l'amour, nottament retrouver avec Jonathan et Mina, qui s'aiment profondement, et partis pour se marier, on retouve aussi l'amour avec Lucy, qui est dans l'attente d'un fiancé et qui reçevra trois demande en mariage dans la même journée, elle choisira bien entendu le plus riche.

Le second thème retrouvé est le surnaturel, il s'agit d'un livre de vampires avant tout, le personnage de Dracula est crée a partir de légendes et de mythes, tout est étranges et sombres.

La religion est aussi beaucoup traités dans se livre, c'est l'ennemie naturel du vampire, Dracula en devient un après avoir profané et renié la religion, Dieu le puni alors en fesant alors de lui un vampire. Les objet religieux religieux comme les croix et les crucifix l'affaiblissent et les citations bibliques aussi.

Le contexte :

Le roman se passe au XVIIIème siècle, majoritairement en Angleterre mais aussi en Transylvanie dans les carpates.

Les personnages :

Wilhemina est la fiancée de Jonathan, elle est le personnage féminin principal, avec son personnage on observe une inégalité des sexes de lépoque, malgré l'amour que lui porte son mari, elle lui est inconsciemment soumise et est toujours mis a l'écart dès quil y a du danger

Jonathan Harker est un jeune clerc de notaire qui sera l'hôte du comte, il sera le premier témoin de la cruauté du comte et de ses pouvoirs, il est le fiancée de Wilhemina

Le comte Dracula est un seigneur de guerre du XIVème siècle particulièrement sanglant , Dieu le puni en lui donnant l'immortalité, et en le foecant a boire le sang de ses victimes pour survivre

Lucy Westera est la meilleure amie de Mina, elle sera une victime du comte et tombera malades pour ensuite se transformer elle même en vampire

John Seward est un medecin, directeur d'un asile. Il est très amoureux de Lucy mais verra sa demande en mariage refusé, il est très motivé dans la chasse au vampires suis a la mort de Lucy ( personnage de droite)

Le docteur Van Helsing est un medecin hollandais expert du surnaturel et des maladie étranges. Il découvrira la maladie de Lucy et sera le leader lors de la Traque du comte Dracula

Visions du monde :

Bram Stoker nous propose un roman sombre, avec l'univers de la nuit, du londres victorien du XVIII ème siècle et des vampires.

Le livre n'est pas réaliste du tout car l'auteur utilise le personnage du vampire, leurs histoire, leurs pouvoirs etc …..

Le livre se lit rapidemment et facilement grâce style épistolaire, on a tous les points de vue, tous les sentiments et aucun personnage n'a de secret pour nous.

Adaptation cinématographique :

Film de Francis Ford Coppola, sorti en 1992, bon film mais pas très fidèle au film, Coppola nous présente une histoire d'amour entre Mina et Dracula totalement absente du livre, se film met en avant le coté érotique du livre

Film Allemand muet en noir et blanc, réalisé par Friedrich Murnau en 1922

Avis Personnel :

Ce livre m'a bien plu, parce qu'il y a de l'action et de l'aventure, le principe du roman épistolaire m'a bien plus et aidé a le lire. J'ai surtout apprécié le roman car on y apprend les vrai origines du vampires, aujourd'hui on nous sort les vampires partout et a toutes les sauces, série télé, livres, films etc …...

Dans le livre on apprend vrament d'ou viennent les vampires, qu'elles sont leurs vrai faiblesse et pouvoirs.

Par contre, j'ai moins aimé le côté classique qui nous donne des descriptions assez longues, et aussi les incohérence présentes dans le livres, par exemple le professeur Van Helsing qui fait le voyage Angleterre-Hollande en 2 jours alors que même aujourd'hui c'est impossible alors à l'époque.

Sylvain Le Couedic 1ère ES 2

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