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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:56

Parle leur de batailles de rois et d'éléphants:

 

 

 

 

 

mathias enard

 

 

 

 

 

 

Le Roman:

 

« Parle leur de batailles, de roi et d'éléphants » est un roman de Mathias Enard, mêlant une fiction à un contexte politique et religieux historique, et un récit dont le narrateur est omniscient, avec, à travers les lettres qu'écrit le personnage principal à ses proches, parfois, des passages à récits épistolaires. C'est un roman relativement court (environ 150 pages), et qui, à la première lecture peut paraître difficile d'approche, ce en partie à cause de la longueur de certaines phrases, ou encore de l'écriture plutôt poétique de plusieurs passages. Toutefois, il a apparaît comme complet tant sur l'aspect historique que fictif, avec un effort de description qui peut parfois donner des sensations visuelle, tactiles, sonores et olfactives, avec des détails des carnets de commandes de Michel Ange permettant de s'imaginer l'ampleur des travaux à effectuer pour la construction de ce pont; tout cela sans compter qu'il y a un réel développement de l'intrigue au fil des pages. L'une des plus grosses difficultés pour les lecteurs, peut survenir du fait que l'écriture prend parfois un style fortement inspiré des poèmes chantés par les Perses et les Ottomans à cette époque; remarquons que c'est sans doute, l'un des points fort de ce roman, et peut-être aussi un clin d'œil de l'auteur (voir sa présentation), ou une sorte d'hommage à divers écrivains perses de la Renaissance. Pour finir, il s'agit là d'une très belle peinture retraçant le parcours de Michel Ange, entre ses désaccords avec le pape guerrier Jules II, et son orgueil admissible car il est un génie inégalable. On retient aussi à travers la lecture de ce roman, l'âme tourmentée qu'était Michel Ange, ces personnages qu'il peindra et qu'on nommera « Ignudis ».

 

 

 

 

Résumé:

 

L'histoire se déroule donc en pleine Renaissance, au cours de l'année 1506. Cette année, l'un des plus grands esprits d'Italie, et d'Occident, foule la terre de l'imposante Constantinople, et ce, après une demande de Bajazet II le grand calife Ottoman. Ce grand esprit n'est autre que Michel Ange Buenarotti, le célèbre peintre, sculpteur et architecte de génie, créateur de la Piéta, du David ou encore des fresques monumentales de la chapelle Sixtine, qui se voit demander par le grand calife Ottoman, la création d'un pont qui reliera les deux rives de Constantinople. L'enjeu est de taille, mais Michel Ange ne cède pas face à ce défit, que même, un de ses contemporains qu'il déteste ne saura remporter: j'ai nommé Léonard de Vinci. Michel Ange commence alors ses travaux, et très vite va visiter cette ville de ceux qu'il appelle les « Mahométans » et qu'il méprise un peu. De découvertes en découvertes, il va avancer vers ce qui va, sans doute, le pousser , peu à peu, à se remettre en cause. C'est un roman qui commence sur une note assez claire, quasi joyeuse, et qui se finira sur une touche beaucoup plus noire, qui sans doute expliquera bien des choses notamment à travers les œuvres de Michel Ange.

 

 

 

Quand les avis divergent et se croisent:



Ludwig: Un sujet très vaste que l'auteur a réussi à décrire avec une bonne plume mais je pense que vu que le sujet était trop vaste l'auteur n'a pas réussi  à aller en profondeur. C'est un bon livre, avec un histoire prenante qui réussit à nous mener aisément à Constantinople à travers le personnage principal dont le caractère est bien donné, mais à part quelques passages je n'ai pas vraiment perçu d'émotions bien que parfois elles sont longuement décrites. On reste sur sa fin, On aurait aimé avoir un livre plus long avec plus de détails et une histoire sous un angle encore plus personnel sur le personnage principal.



Marie :  "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" est un livre qui ne m'a pas vraiment plu. Je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, et pourtant, l'envie était présente !

Malgré le contexte qui lui, est intéressant, par le fait que Michel Ange soit le personnage principal, j'ai trouvé l'écriture compliquée, et l'histoire longue.

C'est pourquoi j'ai mit du temps à lire ce livre, malgré le "peu" de pages qui le constitue.

Je me suis rendu compte qu'un livre de 150 pages peut être plus compliqué et plus long à lire qu'un livre de 300 pages.

L'histoire en elle même est intéressante, puisqu'on nous présente la vie d'un des plus grands artistes au monde.

Mais c'est surtout l'écriture qui m'a dérangé, le trop plein de description..

Cependant, il faut lire ce livre. C'est toujours intéressant d'en savoir plus...

 

 

 

Perrine : Pour moi, le roman de Matthias Enard cache bien son jeu. A première vu, nous pourrions croire que c'est un livre banal que nous pourrions lire en deux heures tout au plus. Mais dès les premières lignes je me suis rendue compte que en effet, j'allais dévorer ce récit car le cadre spatio-temporel m'a plus énormément mais aussi que l'auteur utilisait une forme d'écriture inhabituelle. L'usage de mots parfois quelque peu laborieux ralenti la lecture. Ce n'est pourtant pas pour autant qu'il ne faut pas lire "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants", ce roman est fabuleusement merveilleux.

 

Maïwenn: J'ai bien aimé ce livre. En effet, Mathias Enard nous dévoile l'intimité et les secrets les plus inaccesibles d'un des plus grands artistes du XVème siècle : Michel Ange. De plus il nous précise étape par étape la création de son pont à travers ses dessins ses plans mais aussi de ses listes. Je recommande donc vivement ce roman.





Gwenn :

Un livre qui ne m’a pas vraiment plus malgré que le personnage principal soit une personne historique ainsi que la ville de Constantinople.

Je n’ai pas réussit a rentrer dans l’histoire et n’ai pas été transporté, même si je l’ai lu assez rapidement. Il y a tout de même beaucoup de description ce qui m’a bloqué pour suivre l’histoire. Au final un livre intéressant pour « connaître » l’Histoire mais qui n’aurait peu être pas dût être publié sous forme d’un livre ??? .





 

Moi, en clair: J'ai beaucoup apprécié ce livre; entre autre parce qu'il raconte une histoire à l'époque de la Renaissance, l'une de mes périodes historiques favorites, mais aussi parce que l'intrigue se déroule à Constantinople, soit en territoire turc. Il m'a rappelé de vieux contes arabes, très colorés, que j'aime beaucoup. Enfin, je crois que ce roman donne une toute autre vision du "monde musulman" d'époque, et de l'artiste Michel Ange, ainsi qu'une description très parlante des rues et de la vie de l'actuelle Istanbul. Parfois un peu difficile d'accès (par la longueur de certaines phrases notamment, ou encore la "non-identification" de personnages précis dans certains passages), ce roman reste pourtant l'un de mes favoris, de tous ceux que j'ai pu lire jusqu'ici (hors prix Goncourt lycéen compris), car il a su répondre à la plupart de mes attentes. Je le conseille à tous ceux qui veulent découvrir des choses: ce roman, je ne l'ai pas dévoré, mais dégusté plusieurs fois, tant il est court et complet à la fois. Pour moi, c'est un travail qui peut répondre sans prétention aucune, à la définition que je me fais de "Chef d'œuvre".  (confère Critique publiée sur le blog).

 

 

 




L'auteur:

Mathias Enard, est l'auteur de "Parle leur de batailles de rois et d'éléphants".

Né le 11 Janvier 1972 à Niort, il est actuellement connu comme traducteur et écrivain français.

Il est titulaire d'un doctorat au CNRS, en monde iranien, et a étudié les langues persanes et arabes.



 

Mathias_Enard_D_R_.jpg ci-contre, Mathias Enard.

(On retrouve l'inspiration de ces langues et cultures dans « Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants ».)

C'est un homme qui aujourd'hui enseigne l'arabe à l'université de Barcelone en Espagne, et qui anime des revues culturelles telles que "la revue inculte". Il a été reconnu comme écrivain, notamment grâce au succès de son roman: « Zone ».

 

Mathias Enard est aussi traducteur et a déjà traduit des auteurs comme Mizrâ Habib Esfahâni (lettré Iranien du XIXeme siècle)   ou encore Youssef Bazzi (célèbre journaliste libanais à Al-Mustaqbal connu pour ses positions très prononcées contre les pays arabes et ce qu'il qualifie d'inaction de leur part, vis à vis de l'actuel conflit Israëlo-Palestinien).




Bibliographie:



Sources: Wikipédia – fluctuat.net

 

 

 

Les personnages principaux et notables du roman:

 

david

 


la-20Pieta.jpg

 

 


 

 

 

 

 

Le David.

 

                                                                                         La Pieta.

Michel Ange Buenarotti:



Michel Ange Buenarotti, dit: Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoniest né le 6 Mars 1475 à Capresse en Toscane et est mort le 18 Février 1564 à Rome.

Il est sculpteur, peintre et architecte italien.



Plusieurs de ses mécènes furent des figures emblématiques de leur époques: comme Laurent de Médicis, Pierre II de Médicis ou encore Jules II. Sa renommée était telle, que ce jeune homme attirait les foudres de ses confrères, tant par son habileté dans les domaines énoncés plus haut que par son franc parler (il se fera d'ailleurs casser le nez après avoir critiqué des œuvres de Pietro Torrigiano).

Il est Le créateur de la célèbre Piéta ou encore du David, sans compter le Moise présent sur le tombeau de Jules II qui est compté comme l'un de ses chefs d'œuvres. Dans la vie, Michel Ange est avant tout un homme talentueux et un génie.

Michel_Ange.jpgignudis

Michel Ange

Michelangelo_Ignudi_grapes.JPG

Des Ignudis

 

Malgré sa réussite, à l'image de ses Ignudis, Buenarotti est une âme tourmentée par son homo

sexualité (un des 

sujets traités dans le roman 

d'Enard).

Ci dessus, des Ignudis, éphèbes tourmentés et souffrants.



 

                                               Le sultan Bajazet II:

De son vrai nom Beyezid Adil, aussi surnommé, Sofu le Pieux, cet homme est né le 3 décembre 1447 et mort le 26 mai 1612. Il est le 8ème sultan Ottoman, un homme qui ne chercha pas à agrandir son territoire, mais qui, soucieux de garder son pouvoir, fera arrêter son frère et ira jusqu'à faire tuer son propre fils Ahmed, pour être plus tard destitué par son autre fils Selim. Il a vécu pratiquement toute sa vie avec des fonctions importantes, puisque dès l'âge de 7 ans, il est nommé gouverneur. Il se disait être musulman sunnite, et avait un très grand intérêt pour les arts, notamment la poésie.








bajazet II

Bajazet II

 

JulesII, dit, le pape guerrier:

De son vrai nom Giuliano della Rovere, ce Pape naît le 5 décembre 1443 et meurt entre le 20 et le 21 février 1513. Il fut pape de 1503 à 1513, successeur de Alexandre VI et Pie III. Il sera connu pour participer à plusieurs campagnes militaires, d'où son surnom de « pape guerrier » (il formera même un ligue contre le roi français Louis XII), et sera connu pour ne pas vraiment respecter de nombreux préceptes de l'Église catholique, à savoir le vœu de chasteté. A la fin de sa vie, il contractera la Syphilis et en mourra.


Raphael-JulesII-1512.jpg

                                              Ci contre Jules II

 

 

Le poète Mesihi:



Mesihi, est un poète Ottoman, né en 1470 à Pristina et mort en 1512 à Istambul.

Il débuta en tant qu'avocat, mais très vite se tourne vers la calligraphie et devient secrétaire du Divan. Le peu d'informations que l'on peut retrouver aujourd'hui sur lui, raconte qu'il courrait, paraît-il, plus les tavernes et les hommes, qu'il ne travaillait. Il se retrouve seul après

 la mort d'Ali Pacha, son protecteur, en 1511. Mesihi mourra miséreux le 30 Juillet 1512. Aujourd'hui, il est reconnu comme l'un des poètes ottomans les plus originaux de son époque, par la modernité de ses textes, et une nouveauté: l'insertion d'humour dans la poésie turque.

Ses œuvres les plus connues sont « Sehir Engiz » et « Chant sur le printemps » (à lire sur: http://turquie-culture.fr/pages/litterature-turque/textes-et-extraits-de-textes/mesihi-poete-ottoman.html)





L'Andalouse:

Dans le roman d'Enard, on en apprend très peu sur cette femme, si ce n'est qu'elle est chrétienne, et qu'elle n'est pas là par volonté, mais par emprisonnement. C'est, semblerait-il , une très belle femme, une danseuse. On dirait pourtant un personnage Androgyne qui semble dénoncer « la difficulté d'un rapprochement entre les hommes » et d'une paix commune.

C'est une deuxième narratrice quelque part, puisqu'elle s'adresse à la fois à Michel Ange mais aussi au lecteur.

 

Constantinople et le contexte politico-religieux qui l'entourait:



L'Europe, l'Orient et la Renaissance:

Le XV ème siècle est un lien, une sorte de charnière entre le Moyen Age et la Renaissance. Ce siècle est marqué par la prise de Constantinople par les Ottomans, en 1453, et la migration des musulmans et des juifs, chassés de l'Espagne lors de la « Reconquista », après 1492 (prise de Grenade). L' Europe est alors considérée comme Chrétienne, et est en perpétuel conflit avec les juifs et les musulmans. Le conflit ne se limita d'ailleurs pas là, puisque au sein même du christianisme, on notera une séparation de la religion encore existante aujourd'hui, en deux branche distinctes, que sont le protestantisme, et le catholicisme.

 

Constantinople, actuelle Istanbul:

  C'est une ville séparée en deux par le Bosphore et se situant sur les continents européen et asiatique. Elle connut plusieurs changements de nom, elle fut d'abord Byzance, puis, Constantinople et enfin Istanbul. Elle a appartenu à plusieurs civilisations, variées: Les romains d'Orient, les grecs, les byzantins puis les ottomans (turcs). C'est une ville qui fut construite sur une zone de forte sismicité (zone ayant de fortes possibilités de subir des séismes plus ou moins violent), qui connu des catastrophes par le passé, parmi lesquelles la plus importante, en 1509 qui fut surnommée « le Petit Apocalypse » et qui fit en quelques instants des milliers de morts.

 

 

 

 

Ci dessous, une peinture de Aivazovsky représentant la basilique Sainte Sophie, un trésor de l'architecture et des religions chrétienne et musulmane, dans l'actuelle Istanbul.



Aivazovsky_Constantinople.jpg



 

 

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 23:58

La légende de nos pères

de Sorj Chalandon



Biographie de l'auteur


Sorj Chalandon n'est pas un romancier depuis des années, seulement deux ans à vrai dire. Avant, et à partir de 1973 (il avait alors 21 ans), il était journaliste. Un journaliste qui est passé par tous les postes au sein du journal Libération : dessinateur, monteur en pages, journaliste au service société, reporter (ce qui l'a amené à voyager sur tous les fronts : Liban, Iran, Irak, Somalie, Afghanistan... ), grand reporter, chef de service et rédacteur en chef adjoint. Il a gravi tous les échelons un à un avant de quitter son journal pour écrire Le petit Bonzi, son premier roman. Suivent Une promesse,Mon traître (inspiré par trente ans sur l'Irlande) et La légende de nos pères.

Sorj Chalandon semble aussi doué en écrivain qu'en journaliste : après avoir reçu en 1988 le prix Albert Londres pour ses couvertures de l'Irlande du Nord et du procès de Klaus Barbie, il reçoit avec Une promesse le prix Médicis 2006 et avec Mon traître le prix Joseph Kessel et le prix Lettres Frontières 2008.

Aujourd'hui, tout en restant romancier, il reprend son ancienne fonction de journaliste, au Canard Enchaîné cette fois.


Ses livres

Le petit Bonzi


Jacques Rougeron a douze ans. Un soir d'automne, au pied de son immeuble, il croit avoir enfin trouvé le moyen de guérir. Jacques Rougeron est bègue. Il voudrait parler aussi vite, aussi bien que Bonzi et tous les autres. Bonzi, c'est son ami, son frère, c'est lui, presque. Bonzi le soutient. Ils n'ont que quelques jours. C'est leur secret.


Une Promesse


Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Dans cette maison, voici Etienne et Fauvette, un vieux couple qui n'a jamais cessé de s'aimer. La maison est silencieuse. Les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, ils sont sept qui en franchissent le seuil. Sept amis, les uns après les autres, du dimanche au lundi, chacun son tour et chacun sa tâche. Il y a le Bosco, ancien marin qui tient le bar du village, il y a Madeleine qui, chaque semaine, fleurit la maison, il y a Berthevin qui allume et éteint toutes ses lumières, il y a le professeur qui dit des poèmes à voix haute, il y a Ivan, l'ancien cheminot, qui ouvre les fenêtres, il y a Léo qui traverse le village à vélo, puis Paradis enfin, qui remonte la petite horloge. Au grenier, comme une sentinelle, une lampe ancienne veille au cérémonial.


Mon traître


'J' ai rarement écrit sur l'Irlande ailleurs que dans un journal. Je me l'étais promis. J'avais passé tant de temps à raconter la guerre au nord de ce pays, que ce conflit ne pouvait être pour moi qu'un champ d'actualité. Reportages, enquêtes, analyses, faire voir, faire entendre, faire comprendre. C'était tout. Et c'était un choix.'


Et bien sûr... La légende de nos pères



Résumé

Marcel Frémaux est à l'enterrement de son père avec « neuf personnes et trois drapeaux ». Et dans les neufs personnes, il y en a deux d'inconnus : un vieil homme et une femme aux chaussures rouges. Des années après, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. Il écrit la vie des personnes qui viennent le voir, écoute leur histoire, en prend des notes puis l'embellit avec des belles phrases et des figures de style. Mais le jour où une femme aux chaussures rouges, Lupuline, qu'il reconnaît comme l'inconnue de l'enterrement de son père, vient le voir pour écrire la biographie de son père à elle, Beuzaboc, un ancien résistant, tout comme son père à lui, il ne cherche pas juste à écrire la vie d'un client de la meilleure manière qui soit : il cherche plus à retrouver dans l'histoire qu'il entend l'histoire de son père, son père qui n'a jamais voulu se confier à lui mais qu'il vénère et qu'il veut, même après sa mort, connaître, et rendre immortel. Pure vérité ou légende ?


L'écriture

Tout au long de son récit, Sorj Chalandon nous parle de l'écriture : il nous écrit la démarche d'écriture de son narrateur, Marcel Frémaux, lorsqu'il rencontre Beuzaboc et essaye de retranscrire son histoire. On nous parle d'écoute de l'autre, mais aussi de recherches journalistiques et enfin d'écriture. Pour lui, écrire signifie dépouiller, élaguer, denteller pour finalement embellir. Mais comment embellir un récit avec des mots sans le trahir ? Comment montrer la réalité, le vécu, les sentiments ? Un véritable portrait de l'écrivain face à son art, le portrait de Sorj Chalandon lui-même peut-être.


Le devoir de mémoire

Sorj Chalandon, avec l'histoire de Marcel, nous guide vers un respect du passé, celui des héros de l'ombre de la seconde guerre mondiale. Mais le caractère qui domine plus que tout le personnage de Marcel, ce n'est pas un simple respect des anciens mais bien l'admiration sans borne pour eux. Être le fils d'un de ces héros l'a poussé à glorifier toute la Résistance française, la lutte collective contre l'occupation nazie, à en faire une légende.

On peut ajouter que si Marcel écrit, c'est pour se souvenir, raconter et comprendre. Des qualités totalement humaines qui sont aussi des devoirs finalement. Des devoirs qui se réunissent en un seul : le devoir de mémoire.

Cependant, le devoir de mémoire décrit dans ce livre n'est pas seulement celui du souvenir direct et familial (les actions son père). Il nous donne aussi une sorte de mode d'emploi pour nous montrer des souvenirs qui ne sont pas de nous, ni de nos parents, mais que l'on doit connaître et essayer de comprendre, ici ceux des héros de la résistance.

Le devoir de mémoire s'illustre magnifiquement avec ce désir, cette obsession de vérité qu'a Marcel. Mais à chaque histoire manque un morceau et la vérité est parfois dure à trouver, encore plus à révéler...

Dans ce livre, on nous parle donc bien aussi d'illusion, de déformation de la réalité, de mensonge. L'autre sens du mot « légende ». Mais cette légende inventée par Beuzaboc, que l'on devrait détestée, finit par nous émouvoir : un mensonge justifié est-il condamnable ? Surtout un mensonge que l'on veut révélr à cause de sa culpabilité...

La légende de nos pères nous parle de deux légendes, celle de la vérité et celle du mensonge, qui finissent par se rejoindre pour nous parler du devoir de mémoire et du respect et de la modification du passé.


La quête de soi

Étonnamment, une histoire centrée sur le passé et ses héros finit par nous dévoiler la recherche de personnalité du fils d'un héros. Je parle de notre narrateur, Marcel Frémaux. Toute sa vie, il vit dans l'ombre de son père, à l'ombre de sa légende, sans jamais chercher à comprendre plus du présent ni de lui. A la mort de son père, il se retrouvera perdu, il ne saura plus qui il est : son père a disparu, l'ombre n'existe plus. Pourtant, il la cherche en Beuzaboc et refusera, même quand la défaite sera révélée, de s'avouer vaincu, de lâcher le bout d'ombre de son père qu'il avait trouvé en Beuzaboc, bout d'ombre inexistant dans la réalité.


Le style

A travers des descriptions puissantes, des phrases brèves et incisives, un travail de dépouillement et de dentellage visible partout et la pureté de chaque mot, Sorj Chalandon nous confie un texte d'une rare intensité et d'une belle émotion. Un style sans fard, sobre et dépouillé qui met à nu, intrigue et taille dans le vif des sentiments.



Autour de La légende de nos pères

Comme Marcel Frémaux, on sent chez Sorj Chalandon un désir de connaître le passé et d'étudier à la manière journalistique le sujet de son roman : les répercussions de la Résistance pendant la seconde guerre mondiale sur la génération d'après. Le thème principal, celui qui a dû susciter le plus de recherches à l'auteur et demande certaines connaissances au lecteur, est donc la Résistance pendant la seconde guerre mondiale en France.

La Résistance française de l'intérieur

Dès l'annonce de la défaite par le maréchal Pétain le 17 Juin 1940, un général inconnu, De Gaulle, réfugié à Londres, lance un appel à la Résistance. Des milliers de français (1,5% de la population^^) rejoignent les rangs du général. Mais tous ne sont pas près à s'engager dans ses FFL (Forces Françaises Libres) et à partir à Londres ou en Algérie : en France s'organisent de petits réseaux de résistance. Le père de Marcel Frémaux, le narrateur, faisait partie de l'un d'eux, ….............., Beuzaboc prétendait faire partie d'un autre, qu'il refuse bien sûr de nommer. Toutes seront réunies par Jean Moulin en 1942 et 1943 sous le commandement de De Gaulle.


Un résistant prenait dès son entrée un faux nom : entrer dans la Résistance signifiait entrer dans l'illégalité. Ils étaient informés des risques : arrestations, tortures, déportations, assassinats...

Mais la plupart du temps, leurs actions n'étaient pas très grandes : les opérations de sabotage étaient rares, on cachait plutôt le temps d'une nuit ou deux un aviateur, on allait distribuer des tracs illégaux, on protégeait un juif, on refusait de consommer des produits allemands, on refusait de répondre aux forces nazies... L'important n'était pas l'action mais l'implication dans cette Résistance, montrer son opposition au nazisme.

 

Les avis

Virginie
J'ai été relativement déçue par ce roman parce que je m'attendais déjà à tout autre chose. Même si je ne m'attendais pas à cela, j'ai apprécié l'histoire . En effet, je trouve qu'on y entre facilement mais au fur et à mesure l'envie de continuer s'arrête, notamment vers la fin du livre lorsque l'on apprend la "vérité". Après cela, je n'avais qu'une hâte c'était de terminer ce livre.

Florian
Un intérêt pour le livre même si je ne m'attendais pas à ça. Marcel Frémaux, le biographe, cherche des mots, n'importe lesquels (séduisant pour qui aime la littérature), mais il recherche surtout les mots, ceux de son père dont le silence n'a jamais rien dévoilé et qui l'ont suivi dans la tombe. La complexité, le doute, le trouble (la paranoïa même) d'un homme qui hésite sont les éléments qui m'ont touchés.

Constance :
Ce livre semble être un énième roman sur la résistance et son opposition au mouvement attentiste. Mais il ne fait que survoler : survoler l'histoire, survoler les personnages, survoler les évènements.

J'ai fini par comprendre que s'il survolait c'était pour nous montrer l'essentiel, ce qui est caché derrière tout ça. Je ne suis pas sûre de l'avoir bien saisie, mais je crois qu'il y a quelque chose avec le devoir de mémoire et l'admiration pour les héros du passé, nos pères.

Le début m'a plu énormément : "A l'enterrement de mon père, il y avait neuf personnes et trois drapeaux.". Cette première phrase nous intrigue et nous procure un sentiment pathétique pour le père, mais aussi pour le fils. Mais ce fils en recherche de vérité m'a trahi par la suite : ce n'est pas lui mais un autre personnage (qu'il croit l'écho de son père) la véritable figure émouvante. Lui, il est une personne qui se fait de l'argent en écrivant des biographies médiocres et en signant par le nom de quelqu'un d'autre. Lui, mise à part son rapport avec son père, dont finalement il ne parle pas beaucoup (il est seulement sous-entendu), n'est pas un personnage très attachant. Lui, il joue avec les mots. Lui, il accorde trop d'importance à la vérité mais ne respecte pas cet idéal. Lui, c'est un traître. Le personnage de Beuzaboc, quand à lui, nous est présenté comme un traître mais on réalise qu'en fait il est humain, très attachée à sa fille et rongé par la culpabilité.
Et puis, il y a très peu d'actions : le récit dicte la routine des rendez-vous du biographe avec Beurzaboc, puis les compte-rendus des rendez-vous et encore la réécriture de ce qui a été dit dans les rendez-vous. Malgré tout, ces scènes nous montre un point de vue intéressant sur le travail de l'écrivain et du journaliste.

Le style, incisif, est fait pour tailler les sentiments. C'est assez violent
Il y a des choses dans ce roman que je n'ai pas aimé : son style, sa composition (ennuyante), le narrateur et la fin révélée bien trop tôt. J'ai beaucoup aimé le début et les toutes dernières pages, le personnage de Beuzaboc et l'interrogation sur le travail de l'écrivain.

 

Un livre moyennement apprécié par les lecteurs de la classe qui l'ont jugé trop succin et ennuyant mais aussi émouvant et original. L'idée qui ressort chez chacun  est la surprise : "on ne s'attendait pas à ça". 

 

Si vous avez aimé La légende de nos pères, vous aimerez :

- Alias Caracalla de Daniel Cordier: maintenant que vous avez compris grâce à La légende de nos pères votre devoir de mémoire sur les héros de la Résistance française, lisez donc les mémoires d'un résistant, justement : celles de Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant l'unification des mouvements de résistance.


- Les autres livres de Sorj Chalandon

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 17:44

L’auteur est né à Paris, en 1974. Il fait des études de lettres à la Sorbonne et devient professeur de guitare. Il travaille aussi sur des scénarios, notamment celui de son frère Stéphane, pour son court métrage une histoire de pied. La plupart de ses romans parle d’amour. La délicatesse est son huitième roman.

 


 

 

 

            Le livre raconte l’histoire d’amour de deux personnages, Nathalie et François. Ils vont se rencontrer dans la rue, et à partir de ce jour ne vont plus se quitter. Après quelques années de vie commune, ils se marient mais leur bonheur est de courte durée car François, victime d’un accident meurt. Nathalie est effondrée mais malgré sa douleur, elle va de nouveau affronter la vie et prendre son destin en main. Elle travaille d’arrache-pied pour éviter de penser à son malheur. Un jour, pourtant, dans un moment de « frénésie », sans réfléchir, elle embrasse un inconnu. Cet homme, connu sous le nom de Markus, du genre banal, au physique ingrat et que l’on oublie rapidement, est perturbé par ce baiser et décide de ne pas en rester là. Au même moment, Nathalie devra aussi faire face à l'amour qu'éprouve son patron pour elle.

        

         L'histoire se déroule à Paris, à notre époque. L’auteur a choisi ce titre car à de nombreuses reprises il va l’utiliser. Pour conquérir Nathalie, toujours endeuillée, ses prétendants, Jacques et Markus, devront faire preuve de délicatesse. Ce que réussie l’un et pas l’autre.

        

         Le personnage central de cette histoire est Nathalie, qui est décrite comme une personne séduisante, respectée et délicate. Comme le dit  la définition du  mot délicat chapitre 25 page 52, elle est d'une grande finesse mais manifeste aussi de la fragilité notamment après la mort de François. Elle est dans une situation difficile à gérer, car elle doit faire face aux regards des personnes de l'entreprise qui ne comprennent pas sa relation avec Markus.

         L'autre définition donnée, quand on parle d'un homme qui a du tact,  correspondrait à Markus.

 

         C’est un livre qui nous fait réfléchir sur la difficulté de se reconstruire après la mort d’un être cher mais aussi sur la beauté intérieure d’un individu. En effet il ne faut pas se fier au physique mais apprendre à connaître la personne avant de la juger.

 

         L’incipit nous parle de Nathalie, ainsi que des moments de sa vie: l’enfance et ses souvenirs, l’adolescence avec le choix de ses études, son entrée dans la vie active. Il nous la décrit ainsi, « discrète (une sorte de féminité suisse) », rêveuse mais en aucun cas nostalgique ce qui est assez rare pour l’auteur car selon lui les Nathalie ont tendance à la nostalgie, comme le dit l'auteur .Grâce à lui, nous savons que le livre nous parlera de cette femme.

 

         Le récit est organisé en petits chapitres où l’on arrive à distinguer trois parties. L’une avec le décès de François, l’autre avec la remise du deuil de Nathalie ainsi que la présence de deux prétendants dans sa vie, et la dernière relatant l’histoire d’amour que vivent Markus et Nathalie.

         L'auteur va développer l’histoire que va vivre François et Nathalie avant la mort de celui-ci, ainsi que celle concernant Jacques et Nathalie et pour terminer par celle de Markus et Nathalie. Bien sûr, l’attention du lecteur est portée sur l’histoire de Markus et Nathalie dès le chapitre 36, on devine que celle-ci va être centrée sur eux, grâce à la scène du baiser volé, «un long baiser intense, de cette intensité adolescente».

 

         L'écriture de l'auteur est simple et limpide et parfois il fait preuve d'humour,exemple, au chapitre 106 pages 182, Markus répond au message de Nathalie dans lequel elle dit qu’elle est à Lisieux, « Je prends le premier train pour Lisieux. Si tu est là : tant mieux » et deux secondes après il lui renvoie « et en plus, ça rime ».

         Le narrateur est omniscient et à la page 110, Markus pense que sa relation avec Nathalie permet  « d'instaurer des liaisons souterraines, vivre une vie que personne ne sait ». Ici, ces personnes qui ne sont pas encore au courant sont les collègues de travail de Nathalie et Markus. Tout de suite en lisant cette citation ont pense aux heures souterraines de Delphine de Vigan, le contexte n'y est pas le même car dans la Délicatesse, ce mot « souterraines » veut dire à l'abri des regards alors que dans les heures souterraines, il fait référence au personnage principal qui prend souvent le métro pour se rendre à son bureau. Le métro, bien sûr, se trouve sous terre.

 

         Souvent David Foenkinos  utilise un chapitre pour nous donner une recette de cuisine, le code d’accès de l’immeuble de Markus ou encore nous instruire en nous parlant de l’invention de la moquette. L’auteur cherche peut-être à nous faire réagir en écrivant ces petits chapitres insignifiants que l’on n’a pas l’habitude de lire dans un livre.

         En fin de compte l’histoire va commencer par un drame mais au final c’est une belle histoire d’amour qui va naître. On a envie de croire en cette histoire car au fond on se dit qu’elle pourrait arriver à tout le monde.

 

         Pour moi, c'est un livre facile à lire grâce à ses chapitres extrêmement courts et l'histoire est bien racontée, de façon chronologique ce qui nous permet de suivre. Bien sûr, j'invite le lecteur à pousser sa réflexion et à ne pas rester seulement sur l'histoire de Markus et Nathalie mais comme je l'ai dit plus haut, à s'interroger sur « la beauté intérieure de chacun » ou encore sur la mort et la tristesse qu'elle engendre.

 

         Lors de la journée à Carhaix, les élèves qui se sont exprimés sur ce livre ont dit qu'il était simple à lire et attachant. Ils ne se sont pas ennuyer en le lisant et sont tout de suite entrés dans l'histoire.

         J'ai bien aimé la description qu'a fait Mme Le Villio sur ce livre car elle a dit qu'il avait « l'art de dire des choses difficiles mais de les dire de manière délicate ».

         Sur le blog, les avis sont partagés. Par exemple, quelqu'un l'a trouvé simple, voire banal à cause de la fin qui est prévoyante. Une autre personne l'a trouvé intéressant et touchant car il montre que l'on peut retrouver le bonheur après la mort d'un proche, et par la façon dont il évoque la « reconstruction personnelle » d'une femme, Nathalie.

         Il y a beaucoup de personne qui ont mis que s'était un roman à l'eau de rose, personnellement je ne suis pas d'accord. Pour moi dans un roman à l'eau de rose justement, on nous raconte qu'une histoire d'amour sans problème ni rebondissement. Il y a quand même souvent l'héroïne qui ne sait pas quel choix faire entre différentes personnes.

         Si David Foenkinos avait voulu écrire cela alors François ne serait pas mort et le couple aurait continué à vivre heureux jusqu'à la fin de leur vie. A la lecture de ce livre, chacun  interprète l'histoire différemment, rien n'est faux, rien n'est vrai, c'est la différence et le vécu de chacun d'entre nous qui fait que l'on explique ce livre de manières différentes.

 

 

Prolongement

 

         L’auteur fait référence à des films, Celebrity de Woody Allen, pour nous montrer un dialogue entre deux acteurs et dont Markus s'est inspiré pour dire une phrase à Nathalie au chapitre 76, ou  Un homme qui me plaît de Claude Lelouch qui est un film qui parle d'une histoire d'amour. Il fait également référence à des livres avec notamment Cioran, qui fût un philosophe et un écrivain roumain du XX ième siècle. Il nous donne une citation de lui avant de commencer son livre « Je ne saurais me réconcilier avec les choses, chaque instant dût-il s’arracher au temps pour me donner un baiser ». Des citations de cet écrivain  vont d'ailleurs réapparaître au chapitre 43, quand Markus lit un livre de lui dans le RER.

         Mais, David Foenkinos fait aussi allusion à des chansons, celle d'Alain Souchon l'amour en fuite, qui encore une fois évoque l'amour et qui rappelle de bons souvenirs à Nathalie.

        

         Il parle aussi de tableaux comme celui de Gustave Klimt, le baiser (1907), en parlant de ce tableau comme le dit l’auteur, c’est pour montrer « l’ultime accomplissement de la quête humaine du bonheur ». Ce tableau  évoque de manière évidente la scène du baiser échangé entre Nathalie et Markus, où l'on sent la même fougue dans le baiser.

         C’est un tableau réalisé en  1907, qui s’inspire des estampes japonaises et qui est classé comme œuvre de l’art nouveau. Le tableau représente un couple, l’homme est debout et embrasse la femme agenouillée sur un parterre de fleur. Il montre la passion amoureuse de part ce couple mais aussi grâce à la femme qui a les yeux fermés et qui esquisse un sourire quand l’homme lui dépose un baiser sur la joue.                                                                                                                    

                            
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 14:21
 

Delphine DE VIGAN

 

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Biographie:

Delphine est née le 1er Mars 1966 à Boulogne-Billancourt.

Jusqu'à l'âge de douze ans, Delphine de Vigan vit en banlieue parisienne. Elle n'a pas la télévision, dessine sur les murs, fait des farces au téléphone, des maisons en carton, des crocodiles en perles et elle lit des BD. Puis, Delphine part avec sa sœur vivre à la campagne et sa vie change complètement. C'est alors qu'elle passe directement de Rantanplan à Madame Bovary. Elle aime Maupassant et Dostoïevski. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des lettres mais n'a rien gardé de cette époque. A dix-sept ans, Delphine de Vigan revient à Paris pour entrer en classe prépa, étant parallèlement démonstratrice en hypermarchés, scripte dans des réunions de groupe et hôtesse d'accueil. Dans ses livres, Delphine aime parler de la verité humaine, où elle dénonce un monde sans pitié, où la violence est très présente mais invisible. Elle mène une sorte de combat dans lequel tous ses livres dénoncent quelque chose de notre monde.

 

Bibliographie:

 

Jours sans faim en 2002

Les jolies garçons en 2005

Un soir de décembre en 2005

No et moi en 2007

Sous le manteau en 2008

Les heures souterraines en 2009

 

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À présent, nous allons vous parler des heures souterraines.

 

 

Ce livre parle de Mathlide et Thibault, deux personnes qui ne se connaissent pas, qui ne se sont jamais rencontrées, et pourtant leurs destins sont étrangement liés.

 

Mathilde est adjointe du directeur marketing de son entreprise avec qui elle s'entendait à merveille, jusqu'au jour où elle l'a contredit lors d'une réunion importante. Le directeur a subitement changé et harcèle Mathilde. Elle tombe petit à petit dans la dépression, sans s'en rendre compte.

 

Thibault est en couple avec Lila, qui ne l'aime pas. Un jour, il va decider de la quitter. Il se sent de plus en plus seul au fil des jours, puis tombe dans le cercle vicieux de la dépression.

 

Les chapitres alternent entre Mathilde et Thibault, et on retrouve des idées et paroles identiques, nous en avons relevé une tout particulierement :

- Page 167, Mathilde rêve d'un homme "à qui elle demanderait : est-ce que tu peux m'aimer ? Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie. Qui n'aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes".

  • Page 178, Thibault "rêve d'une femme à qui il demanderait : est-ce que tu peux m'aimer ? Avec toute sa vie fatiguée derrière lui. Une femme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie"

 

C'est un livre facile à lire, qui parle de deux sujets plutôt tabous dans notre société actuelle (harcelèment moral, dépression). Nous avons retenu une phrase qu'un internaute a laissée sur les heures souterraines, qui nous a interpellé : « C'est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit. »


 

 

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Nous allons vous parler d'un autre livre que nous avons lu de Delphine de Vigan, c'est Jours sans faim. Le thème évoqué dans ce livre est l'anorexie, qu'elle a elle même vécue. Elle s'identifie dans ce livre par Lou delvig, la narratrice, qui raconte l'histoire d'une jeune fille nommée Laure qui a 19 ans, qui est hospitalisée au dernier stade de la maladie, Elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là. Lou Delvig, raconte sa propre histoire, c'est-à-dire Delphine de Vigan raconte comment elle a vécu son anorexie.

Un livre très prenant, qui a été le premier que nous avons lu de Delphine, il nous a beaucoup touché, et nous vous le conseillons très fortement. C'est vraiment un livre à lire!

 

 

Nous avons réussi à trouver sur internet le témoignage de Nadine, habitant à Pau, victime d'harcelement moral au travail :

Dansquel cadre (professionnel, personnel) ce harcèlement a-t-il eu lieu ? De la part de qui et pendant combien de temps cela a-t-il duré ?

J'ai subi du harcèlement moral sur mon lieu de travail de la part de mon responsable avec qui j'entretenais de bons rapports jusqu'au jour ou j'ai vraiment ouvert les yeux sur sa vraie personnalité...

En quoi ce harcèlement consistait-il ? Quel était alors l’état de votre moral ?

Il a "essayé" de me changer de poste de travail sans mon accord. Devant mon refus, il m'a menaçée de me mener une vie "d'enfer", il a "obligé" une collègue de travail (qui était mon amie) à ne plus me fréquenter, des insultes sans témoins, des insinuations en public sur ma vie privée... Mon moral était au plus bas jusqu'au jour où j'ai eu un accident de voiture en sortant du travail (je pleurais en conduisant). Ma voiture fichue, assurée au tiers, en tort donc aucun remboursement de l'assurance et toujours un crédit à payer...

A quel moment avez-vous décidé de mettre un terme à ce harcèlement et comment avez-vous procédé ?

Le jour de l'accident a été pour moi un vrai déclic! J'ai décidé de ne plus me laisser rabaisser, humilier, contrarier par un individu qui ne mérite plus mon respect, ni ma considération (d'autant plus que je l'ai vu détruire une autre collègue). J'ai fait un courrier à son responsable en lui relatant les faits et lui demandant de faire cesser ce comportement. J'ai aussi mentionné que j'envoyais une copie à l'inspection du travail (qui a pris contact avec moi) ainsi qu'à la médecine du travail. Son responsable n'a rien fait, mais je pense que le fait de parler de l'inspection du travail et de lui tenir tête a calmé cette personne. Il m'a récemment proposé une rupture conventionnelle de mon contrat de travail que j'ai refusée. Il n'a pas eu d'autre choix que de se diriger vers un licenciement économique puisqu'il supprime mon poste! Cette procédure est en cour...

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous ? Diriez-vous que vous en êtes sortie renforcée ou au contraire fragilisée ?

Aujourd'hui je me sens très bien dans ma peau même s'il me reste un peu de temps à travailler dans cette entreprise. J'ai des projets professionnels et je partirai la tête haute, avec la "certitude" que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Publié le 27 octobre 2008

 

Marie & Pauline.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 13:31
 

 





 



C'est à l'âge de 17 ans que Marie Ndiaye publie son premier livre intitulé Quant au riche avenir aux édition de Minuit. Encouragée par une bourse de l'Académie de France, la jeune femme continue ses études de linguistique à la Villa Médicis et poursuit une carrière prolifique. Elle s'impose en tant qu'écrivain Fantastique par ses premiers ouvrages, La Femme changée en bûche, édité en 1989, ou encore La Sorcière paru en 1996, qui mettent en scène un monde  imprégné par le surnaturel et le paranormal.

Inspirée par le quotidien et le fait divers, elle se distinguera plus tard  par son style ciselé et son " réalisme magique" notamment grâce à Trois femmes puissante.

Egalement auteur pour le théâtre, elle crée Papa doit manger qui  entrera au répertoire de la Comédie Française en 2003.

Marie Ndiaye s'est imposée au cours des dernières années comme l'un des écrivains les plus importants de sa génération.

 



 

 

 

 

 


Trois Femmes puissantes est un roman, ou plutôt trois récits embrassés, liés les uns aux autres par des éléments narratifs explicites mais délicat .. Qu'importe quand on se trouve en présence d'un objet littéraire d'une si évidente cohérence, où la puissance imaginative, la profondeur introspective, la maîtrise formelle sont portées à un niveau hors du commun.

Trois femmes puissantes, donc : Norah, Fanta et Khady. Aucune des trois n'est pourtant projetée par Marie NDiaye dans une situation enviable. Norah, la quarantaine, a quitté Paris, sa famille, sa carrière d'avocate pour rendre visite à son père, en Afrique. Et ces retrouvailles plus que malaisées entre le père et la fille se révèlent devenir, pour cette dernière, une épreuve de vérité qui met en péril son couple, sa relation avec sa propre fille, sa mémoire, sa raison même - sa vie toute entière. Fanta, elle, a quitté son Sénégal natal pour suivre son mari, Rudy, en France. La voilà désormais qui se morfond et s'étiole dans une province française sans grâce, dans une vie ordinaire, étroite, médiocre - du moins est-ce ainsi que Rudy voit les choses, et c'est par la seule voix intérieure de ce dernier, pétrie de culpabilité et d'amertume, qu'il nous est donné de connaître Fanta. Enfin, voici Khady, jeune Africaine contrainte à l'exil par le veuvage, la solitude, la pauvreté, le désespoir. Engagée, avec d'autres clandestins, dans un voyage tragique qui ne la mènera nulle part, mais dont elle ne reviendra pas.

Voici pour résumer le nouveau roman de NDiaye, un mélange d’un territoire intime, sauvage, archaïque, violent, toxique … Là qu'elle nous convoque, une fois de plus, dans Trois Femmes puissantes, où elle semble au fil des pages dépouiller peu à peu ses récits de leur coloration surréelle, sans rien perdre pourtant en puissance d'évocation, en secret, en impénétrabilité. Déployant, sous couvert d'une écriture veloutée, savante et précise, sans haussements de ton, d'une simplicité éminemment exigeante, une vision terriblement juste, concrète, digne et poignante de l'humanité souffrante.

Source : Télérama

 



 

Nos Avis :

 

Léa :

J'ai lu beaucoup de critiques sur Marie NDIAYE et son roman Trois Femmes Puissantes et mon avis est partagé. D'un côté j'ai beaucoup aimé ce livre car l'auteur nous emmène dans une atmosphère lourde qui est superbement décrite et c'est sans doute pour ça que, d'un autre côté, je n'ai pas apprécié cette oeuvre, car NDIAYE nous écrit un livre dérangeant, un conte de fée à l'envers qui nous laisse avec un sentiment de gêne car on entre dans leur intimité la plus profonde, de honte, de culpabilité envers ces femmes. Le récit que j'ai préféré est celui de Khady, son histoire m'a énormément touchée ! Malgré cela, Trois Femmes Puissantes ne m'a pas laisser un souvenir impérissable .. !

Dana :

 

Trois femmes puissantes ne correspondait pas réellement à mes attentes, Je m'attendais à quelque chose de plus captivant. J'ai trouvé que les personnages et les récits n'étaient ni attrayants, ni envoûtants. Ils ne donnent pas envie de poursuivre la lecture. De plus, les chapitres n'ont aucuns liens, aucunes connexion entre eux. L'histoire de ces femmes ne se pourvuisent pas. L'auteur ne développe pas ses personnages et nous laisse sur notre fin.

 

Avis d'autres personnes de la classe :

 

Marie N :

 

J'ai aimé ce livre, la forme est très originale. Marie NDIAYE raconte trois histoires différentes sur les conditions de la femme. Lorsqu'on li ce roman il ne nous laisse pas indifferent, à chaque histoire une réflexion s'impose.

 

 

Ewana:

 

J'ai aimé ce livre. Je trouve ces histoires plutôt poignantes. Ces vies difficiles voire très dures sont à degrés plus ou moins élevé dû à des hommes . Je retiens une sorte de mise en garde de l'auteur vis à vis des hommes, qui, je trouve est très présente et très forte dans ce livre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOUS AIMEREZ AUSSI :

 

 

Ce que je sais de Vera Candida de Véronique OVALDE.

 

 


(cf. voir dans ce même dossier)

 

 

 

 

 

 

LA SITUATION DE LA FEMME EN AFRIQUE.

 



Malgré l’adoption d’innombrables conventions internationales et de protocoles qui réaffirment l’égalité des sexes, la discrimination et les préjugés freinent l’émancipation des femmes Africaines. Dans pratiquement tous les secteurs d’activité, les femmes du continent peinent encore à faire reconnaître leur droit de vivre dans la dignité. L’ UNIFEM (Fonds de développement des Nations Unies pour la femme) fournit une aide financière et technique essentielle, permettant aux femmes du continent de faire face aux divers problèmes auxquels elles sont confrontées, qu’il s’agisse des violences et des conflits ou de l’intégration du principe de l’égalité des sexes dans les programmes d’aide internationale.

En 2007, sur les 179 pays qui font partie à la Convention, seuls 89 ont des lois interdisant expressément la violence familiale. Quatre vingt dix gouvernements ont adopté des lois contre le harcèlement sexuel. En Afrique, seule l’Afrique du Sud a promulgué les lois nécessaires pour réprimer la violence envers les femmes.

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 13:18

Biographie

Edem Awumey, jeune Togolais de 34 ans vivant aujourd'hui au Québec a été retenu pour le prix Goncourt pour son deuxième livre « Les pieds sales ».

Il reçut pour son premier livre « Port Melo », le Grand prix littéraire d'Afrique noire. Ayant obtenu son DESS en développement culturel, il commença sa carrière d'auteur avec un recueil de nouvelles, et se posa par la suite des questions sur l'exil et le déracinement qu'il mit en forme dans les « Les pieds sales ».

 

 

 

 

Résumé du livre

Askia n'est encore qu'un enfant lorsque son père, Sidi Ben Sylla Mohammed décide d'aller travailler à Paris. Askia se retrouve alors seul en Afrique avec sa mère. Nous découvrons alors la vie d'Askia quelques années plus tard, chauffeur de taxi à Paris et toujours à la recherche de son père. La rencontre d'Olia, photographe et cliente, va rapidement le chambouler... Elle trouve étrangement qu'Askia ressemble à un homme à turban qu'elle aurait photographié, serait-ce Sidi ? Le retrouveront-ils ?

 

 

Prolongements

Qui sont les Eguns dont parle Edem dans son livre ? Ce sont des ancêtres qui reviennent du pays des morts, une croyance des Yoruba du Nigéria. Ils apparaissent sous de somptueux costumes durant des cérémonies et dansent jusqu'à ce qu’ils soient fatigués et se reposent comme à l’époque où ils étaient vivants. Ils sont aussi appelés les « Revenants », chaque Africain doit sa force, son efficacité, sa lutte où l’existence se gagne par des actions envers les dieux vaudous et les ancêtres.

Le vaudou est une religion originaire de l’Afrique de l’Ouest (Dahomey) et est toujours présente au Togo et au Bénin. Ce sont les esclaves au XVIIème siècle qui la répandirent en Amérique. C’est un culte de l’esprit du monde de l’invisible ainsi que du monde du surnaturel.

 

Quant aux skinheads qu'il croise dans Paris, qui sont-ils ? Le phénomène skinhead est né au Royaume-Uni dans les années 1960. Cette mode vestimentaire (crâne rasé, jeans, Dr Martens...) et musicale n'est au début rattachée à aucun mouvement politique. Les skinheads sont à la fois anticonformistes, mais aussi antiracistes; on dit souvent le contraire mais c'est en fait les boneheads arrivés plus tard qui sont racistes, d'extrême droite, et néonazis.

 

Qu'est ce que le Biafra 1969 évoqué par Askia ? C'est en fait ce qu'on appelle la guerre civile du Nigéria qui a commencé en 1967 pour se finir en 1970. Il y eut une famine car des blocus terrestres et maritimes empêchaient toutes arrivées de soins, d'aliments... Environ 2 millions de personnes sont alors mortes de faim, de soif et d'épidémies.

 

Que sait-on sur la littérature africaine contemporaine ? La littérature africaine est en retard par rapport à la littérature occidentale mais elle cherche à s’actualiser pour donner la preuve que l’Afrique a évolué durant la période postcoloniale Cette génération s’est alors débarrassée du modèle européen en donnant un coup de jeune à cette littérature contemporaine, par exemple en abordant d’autres intérêts qui conviennent plus au lecteurs devenus exigeant.

 

Avis

Léonie : J'ai plutôt aimé ce livre dans lequel on apprend à connaitre à la fois la vie d'Askia aujourd'hui à Paris, ainsi que sa vie d'enfant en Afrique. Un léger suspense nous donne l'envie de continuer l'aventure, mais on en sort rapidement déçu... Un livre court mais pourtant  assez dur à lire.

 

Pauline : Je n'ai pas aimé ce livre, je ne vois pas son but, ni l'intérêt pour lequel il a été écrit. Je n'ai pas tout compris car il raconte des trucs incompréhensibles, il décrit certaines choses inutiles, il en dit bien trop inutilement. On croit qu'il va se passer un événement à la fin donc ça nous tient jusqu'au bout mais en fait, il ne se passe rien enfin presque... !

 

« Dans ce récit halluciné, on finit par ne plus distinguer la réalité du fantasme, par ne plus savoir qui est la proie, et qui le chasseur. »  Livres hebdo - J.-C. P.

 

Extrait

« Paris. Cet après-midi-là, il se trouvait devant le 102, rue Auguste-Comte parce que, trois jours plus tôt, une cliente, dans son taxi, lui avait avoué avoir photographié Sidi Ben Sylla Mohammed. Étudiant son visage à travers le rétroviseur, elle avait dit: «Vous ressemblez à quelqu’un. Un homme au turban qui a posé pour moi il y a quelques années…» Ce n’était pas la première fois qu’une passagère lui faisait le coup de la ressemblance, histoire d’échanger quelques mots. Et, 11 bien des fois, la rencontre des mots pouvait se muer en celle des corps pour tromper l’ennui. Le vide au fond de la peau et de la nuit noire. Ce soir-là, toutefois, la fille mentionna le turban, détail qui faisait écho aux paroles lointaines de la mère d’Askia. Sa génitrice avait en effet le même refrain: «Tu lui ressembles, Askia. Si tu portais un turban toi aussi, ce serait parfait. J’aurais l’impression que c’est lui qui est revenu. Juste l’impression. Car il ne reviendra pas.» Il était alors adolescent. Plus de trente années avaient passé depuis, et Askia n’était pas parti pour vérifier sa ressemblance avec l’absent. Il voulut néanmoins voir les photos, et la fille lui répondit que ce serait possible plus tard. Elle devait s’absenter une ou deux semaines pour un boulot en province. »

 

 

 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 22:26

http://blogsimages.skynet.be/images_v2/000/058/330/20071111/dyn008_original_508_340_jpeg_58330_410c10fb272123ac1de8c963e145b859.jpgYannick Haenel : Biographie


Yannick Haenel est né en 1967. Fils de militaire, il fait ses études au Prytanée national militaire de La Flèche.
 Il coanime la revue de recherche littéraire Ligne de risque depuis 1997 et exerce la profession de professeur de français jusqu'en 2005.
il a publié plusieurs romans, dont Introduction à la mort française (2001) et Évoluer parmi les avalanches (2003), en 2007, Il publie Cercle, qui reçut le prix Décembre et le prix Roger Nimier.

Bibliographie

Les Petits Soldats
, roman, 1996
Introduction à la mort française, roman, 2001
Évoluer parmi les avalanches, roman, 2003
À mon seul désir 2005
Ligne de risque,  2005
Pocker, Entretiens de la revue Ligne de risque  2005
Cercle, roman, (prix Décembre 2007, prix Roger Nimier 2008)
Prélude à la délivrance, 2009
Jan Karski, Gallimard, coll. L'Infini, 2009

http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1029/1029396-gf.jpg


Résumé


Varsovie, 1942.
La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés. Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique.
Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann. Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe?

Prolongements

-La Seconde Guerre Mondiale en Pologne                                                                  Source : Wikipedia

"L'invasion des forces allemandes et slovaques du 1er septembre 1939 met fin à la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique (la ville capitule le 28 septembre 1939). À l'est, l'invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance.


Dès les premiers jours, les élites polonaises sont systématiquement exterminées par les Einsatzgruppen et le SD, entraînant la mort de plus de 50 000 membres du clergé, de l'aristocratie, du corps enseignant et universitaire. Les théâtres, les séminaires, les journaux, l'enseignement secondaire et supérieur sont fermés. Deux millions de civils sont raflés et envoyés au travail forcé dans le Reich, où ils subissent maltraitances et discriminations systématiques.


La Pologne devient aussi le lieu principal de la mise en œuvre du génocide des Juifs d'Europe occupée. Spoliée, terrorisée et réduite à une misère inimaginable dans des ghettos surpeuplés et affamés(dont le ghetto de Varsovie, rasé après son insurrection du 19 avril 1943), la communauté juive de Pologne, jusque-là la première du monde, est anéantie à 97 %, par les fusillades ou dans les chambres à gaz des camps d'extermination de Belzec, Sobibor, Treblinka, Maidanek, et surtout d'Auschwitz-Birkenau, où périrent au total un million de Juifs déportés de toute l'Europe, ainsi que 30 000 Tziganes et des résistants, notamment polonais catholiques.


En tout, la terreur nazie fit périr trois millions de Polonais catholiques et autant de Polonais juifs. Une puissante Résistance, autour de l'AK (Armia Krajowa), parvint à mettre sur pied un véritable contre-État clandestin, disposant de ses ministres, de sa justice, de son administration et de son réseau d'enseignement secret. Du 1er août au 2 octobre 1944, l'insurrection de Varsovie fut châtiée par les nazis de la mort de 200 000 personnes et par la destruction à 90 % de la capitale polonaise, à laquelle l'Armée Rouge arrêtée aux portes de la ville n'apporta aucune aide.

Le gouvernement polonais en exil quitte la Pologne en 1939 et vient se réfugier en France. Les divers ministères polonais s'installent au château de Pignerolle (Sud-Est d'Angers) ainsi qu'à Angers, qui devient de fait la capitale politique temporaire de la Pologne. Le gouvernement officiel polonais en exil officie jusqu'à l'invasion de la France par les troupes allemandes en juin 1940.

 

- Le Film : Shoah, de Claude Lanzmann dont est tiré la 1ere partie du livre, celle du témoignage filmé.

 

Avis de la classe

 

Ce livre a été jugé touchant par son thème, choquant par ses détails (camps de concentrations, ghetto de Varsovie).

Cependant les avis divergent ; il est critiqué par sa forme originale : (interwiew entre Jan Karski et Claude Lanzmann, puis un extrait du livre de Jan Karski : Mon témoignage devant le monde. Histoire d’un État secret et enfin une fictions ) basée sur les faits réels ) et apprécié sur le message qu'apporte le livre sur la Shoah et l'implication des Alliés.

 

 



Sources : wikipedia.fr
evene.fr
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 16:52


  • Biographie:


    Daniel Cordier est né le 10 août 1920 en Gironde, fils de parents royalistes maurassiens et antisémites il fera ses études dans des collèges catholiques.
    A 17 ans, il milite à L'Action Française, un mouvement politique antisémite, antiprotestant, xénophobe ... Mais, il est contre l'armistice, il s'insurge quand Pétain fait une demande d'armistice. à la radio.
    Le 21 juin 1940, il prend le bateau avec 16 volontaires qui ésperent que la guerre va continuer. Le bateau devait aller en Algérie mais ira finalement à Londres. Il rentre dans les F.F.L (Forces Françaises Libres). Puis, il entre au BCRA et sera parachuté à Montluçon le 26 juillet 1942. Par la suite, il ira à Lyon où il deviendra un proche collaborateur de Jean Moulin, son secretaire pendant onze mois.
    A la fin de la guerre, il essayera d'oublier cette partie de sa vie. Il ne parlera plus de résistance pendant trente ans. Mais il entreprend des recherches sur Jean Moulin à la fin des années 1970, choqué par des rumeurs.

     

    Bibliographie :

    -         Jean Moulin, l’inconnu du panthéon, 3 volumes, 1989- 1993

     

    -         Jean Moulin, la république des catacombes, 23 avril 1999

     

    -         Alias Caracalla, 5 mai 2009

     

     

    Contexte historique :

     

    Jean Moulin tient une place importante dans la vie de Daniel Cordier. Il est donc important d’en parler

     

    A partir de 1939, il devient préfet d’Eure- et- Loire à Chartres. En juin 1940, il est arrêté par les allemands car il refuse de mentir pour eux.  A cause de ses idées républicaines (radical socialiste) il sera révoqué du régime de Vichy.

    En 1941, il arrive à Londres où il est reçu par le Général de Gaulle, qui le charge d’unifier les mouvements de la résistance ainsi que les différents services comme la propagande, les sabotages, afin d’en faire une armée secrète. Jean Moulin sera surnommé Rex.

    En 1943, il retourne à Londres et De Gaulle le nomme secrètement ministre membre du C.N.F (Comité National Français)

    Le 21 juin 1943, il est arrêté à Caluire- et Cuire dans le Rhône pendant une réunion avec les principaux chefs de la résistance. Il est interrogé par Klaus Barbie, le chef de la gestapo à Lyon puis transféré à Paris et torturé. Il meurt le 8 juillet 1943 dans les environs de Metz.

     

     

    Avis :

    Dans l’ensemble, malgré ses 912 pages, ce livre a été apprécié, notamment grâce aux nombreux détails. Il est passionnant, c’est un témoignage important et honnête par sa faculté à nous retranscrire la vérité. Même si le début du roman était moins interessant. Car un peu long.
    Pour parler au nom du groupe, on l'a plutôt apprécié, et notamment pour sa précision (histoire presque au jour le jour) bienque l'épaisseur du livre est quelque peu réduit notre enthousiasme.

Résumé :

Daniel Cordier, jeune homme d’une famille aisée aux influences nombreuses, adhérant aux idéaux de Maurras, se veut partir pour la guerre et pense que l’élection de Pétain à la tête du gouvernement le lui permettra. Mais rapidement c’est la déception, Pétain demande l’armistice, et Cordier, déçu et outré, part pour l’Angleterre suite à l’appel d’un mystérieux général, prônant la Résistance. Cordier va devenir soldat de l’armée libre de De Gaulle, et s’engager dans la guerre jusqu’en 1942 où il rencontrera Jean Moulin, et deviendra son secrétaire et ami proche. Daniel Cordier écrit dans Alias Caracalla ses mémoires, retraçant son parcours durant la guerre, de la venue de Pétain au pouvoir jusqu’à l’arrestation de Jean Moulin en 1943.

 

Prolongement :

La France occupée, Pétain collaborateur, les Français pour la plupart derrière lui, tout espoir semble perdu. Jusqu’à ce mardi qui commençait tout aussi sombre que les autres jours, avec les Bosch pour voisins de pallier. Alors que l’espoir semble déjà appartenir au passé, à la radio anglaise un événement survint. A la BBC, un homme de près de deux mètres de haut enfonce la porte d’un grand coup de pied, et prend le micro. Il se prétend « Général », dit s’appeler « De Gaulle », et prône une certaine idée de « Résistance », un mot disparu du vocabulaire des Français. Son appel aura peu d’influence car il n’est entendu que de très peu de monde. Il est pourtant réitéré le lendemain, et paraît dans la presse du sud libre de la France, La Dépêche de Toulouse. Quelques semaines plus tard, le Général lance un nouvel appel, le 13 Juillet. Celui-là aura une forte influence et rapidement des dizaines et des dizaines de Français partent pour l’Angleterre. Le Général De Gaulle parle alors d’une « France libre », sous son commandement, la dernière France qui compte. Son armée s’établit sous le nom de « FFL », à savoir les Forces Françaises Libres. Pendant ce temps, les rangs de la Résistance au sein même de la France grossissent. Faute d’organisation correcte de cette force dissidente, le Général décide d’envoyer en France un de ses hommes auquel il porte le plus de confiance, c’est-à-dire Jean Moulin. Celui-ci rejoint la France, et sur plusieurs mois réunit toutes les forces françaises résistantes, qui prennent le nom de « FFI » (Forces Françaises de l’Intérieur). Moulin se fait arrêter en 1943, mais la Résistance continue de croître. En 1944, les débarquements alliés s’opèrent, dans le Nord-Ouest tout d’abord, puis au Sud, et c’est avec l’appui des Résistances de l’intérieur et de l’extérieur que la libération de la France s’opère. Le Général Eisenhower dira même que la Résistance valait 15 divisions.

Elise, Thomas, Elodie

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 14:10


Biographie de l'auteur


Eric Fottorino est né le 26 Août 1960 à Nice (Alpes-Maritimes). Il est le fils d'une infirmière; Monique Chabrerie; enceinte à 16 ans d'un juif marocain qu'elle ne pourra pas épouser. Plus tard, elle se mariera avec un kinésithérapeute; Michel Fottorino; qui donnera son nom à Eric.

Il passe son enfance à Bordeaux et suit ses études à La Rochelle; d'abord au lycée Fénelon puis à la Faculté de Droit; où il sort avec une Licence.

Eric Fottorino intègre l'Institut d'Etudes Politiques (l'I.E.P) de Paris et s'intérresse dès lors au journalisme. En 1981, il envoie au journal Le Monde une tribune sur l'article 16 de la Constitution qui sera aussitôt publiée. L'année suivante, il commence à travailler comme journaliste pigiste pour Libération, puis à La Tribune de l'Economie (1984-1985). En 1986, il entre au Monde où dès lors il effectuera toute sa carrière.
Il devient Grand Reporter (1995-1997), Rédacteur en Chef (1998-2003) et Chroniqueur (2003-2006).
En 2005, il est chargé de prépaer la nouvelle formule du quotidien Le Monde puis est nommé directeur de la Rédaction en 2006. En Juin 2007, il est élu Directeur du journal.

Eric Fottorino est aussi l'auteur de romans commencés dès 1991 avec le très autobiographique Rochelle. Outre quelques essais, il a publié une dizaine de roman. Citons notamment Coeur d'Afrique (1997, Prix Amerigo Vespucci), Je Pars Demain (2001, Prix Louis Nucera) et Baisers de Cinéma (2007, Prix Femina 2007).
Eric Fottorino est passioné de cyclisme depuis son adolescence. En 2001, il s'est engagé dans la course pour le Grand Prix de Midi Libre, publiant chaque soir dans Le Monde un compte-rendu de l'étape du jour.
Un auteur qui s'inspire tout simplement de sa vie pour écrire.

                             Présentation du livre

Dans L'homme qui m'aimait tout bas, Eric Fottorino rend hommage à son père adoptif, Michel Fottorino; à la suite de son suicide. Le récit alterne entre les interrogations inévitables sur cette mort choisie et les souvenirs de l'auteur qui remontent à la surface, provoqués pas des petits gestes ou images du quotidien.
C'est un roman hommage ainsi qu'un livre reflexion sur le sens de "donner" la mort.



                                      Les avis

Dans la classe les avis sont plutôt partagés.
Certains voit ce livre comme du "nombrilisme" de la part de l'auteur qui des fois parlent de ses propres romans. Mais aussi une gêne quand il s'adresse directement à son père décédé.
Pour d'autres, ces éléments accentuent l'émotion du livre. Ils sont littéralement touchés et émus par ces mots employés et ces souvenirs réemployés.
Un roman à double tranchant où il est difficile de prononcer un jugement clair, tant les avis diffèrent.

                                      Mon avis
Une biographie touchante, bouleversante, qui "prend aux tripes". Un récit simple mais tout en beauté. Une histoire qui peut appartenir à tout le monde.
Une sorte de lettre "d'adieu" pleine de vie à un père maintenant réellement silencieux.

 



 
            Contexte historique, géographique et littéraire

Contexte historique

Le père de l'auteur; Michel Fottorino; était soldat en algérie pendant la guerre.
Certains passages du livre en parlent mais ce n'est que de manières héroïques ou alors sous-entendu.
On survole cette guerre et chaque évocation nous ramène à un lieu géographique.

Contexte géographique

Beaucoup de repères sont utilisés pour nous situer. On nous parle du Maghreb, puis du Sud et du Nord-Ouest de la France.
Evocations de L'Algérie et de la Tunisie avec ses souks et ses Médina.
Evocations de Nice et de Bordeaux.
Evocations de la Charente-Maritime et de la Vendée.
Des lieux où les personnages ont passé une partie de leur vie ou bien où ils vivent encore.

Contexte littéraire

Ce livre s'inscrit dans un roman, mais aussi comme une biographie; celle de Michel Fottorino.
Un roman de part sa construction et le fait qu'il y est une histoire racontée.
Une biographie de part les moments de la vie d'un homme qui sont romancés. Des passages intimistes et uniques comme l'est chaque vie.
Un mélange de genre qui n'empêche pas une cohérence et peut-être de l'émotion plus intense.


                                 Prolongement

La course pour le Grand Prix Midi Libre 2001

Le grand prix du Midi Libre, historiquement organisé par le journal du même nom, est une ancienne épreuve cycliste qui se déroule par étapes. La première édition eut lieu en 1949 et elle s'arreta au bout de la 54ème.
Le Midi libre a été supprimé en 2003 faute de moyens. Cette épreuve se déroulait avant le Criterium du Dauphiné libéré en préparation au Tour de France cycliste.
Le Midi libre était une épreuve de moyenne montagne pour permettre aux coureurs de se préparer en douceur pour le Tour de France.
En 2004, il y eut une tentative de réhabilitation sous le nom de Tour du Laguedoc-Roussillon, mais il a été à nouveau supprimé faute de moyens.
Le Grand Prix Midi Libre était aussi célèbre que le Cid ou Le Bourgeois Gentilhomme dans le cyclisme à l'époque
Les plus grands cyclistes ont gagné cette épreuve comme Raphaël Giminiani, Luis Ocana, Eddy Merckx, Raymond Poulidor, Miguel Indurain, Laurent Jalabert et Lance Amstrong. Jean-René Bernaudeau l'a remporté quatre fois consécutives au début des années 1980.
D'ailleurs les plus célébres comme Eddy Merckx ou Raymond Poulidor sont cités dans le livre.
Les vainqueurs du Grand Prix 2001 sont les suivants:
1. MAYO Iban (Esp)
2. SALMON Benoît (Fra)
3. MOREAU Christophe (Fra)


Marie.G


 


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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 16:25

Biographie
Justine Lévy est la fille de l'écrivain Bernard Henry Lévy et du mannequin Isabelle Doutreluigne. Justine grandi donc dans l'univers de la littérature. Mais les relations conflictuelles entre ses parents l'ont beaucoup affectée. Justine s'est dite accroc, intoxiqué aux médicaments psychotropes, aux amphétamines et autres drogues dures. C'est son père qui l'envoya en cure de desintoxication.

Justine poursuit des études de philosophie puis travaille pendant 9 ans comme lectrice chez Calmann Lévy puis aux éditions Prauvert. Aujourd'hui, elle travaille dans une grande maison d'édition.
En 1995, elle épouse Raphaël Enthoven avec qui elle divorcera 5 ans plus tard à cause de la liaison de son mari avec le mannequin Carla Bruni. Justine a été très affectée par ce divorce et plongera dans un état d'anéantissement profond. Elle en sortira quelques années et sortira son second roman " rien de grave" qui raconte cette expérience. Ce roman sortis en 2004 obtiendra les éloges du monde de la littérature des médias et du public. Elle gagne d'ailleur le prix littéraire le Vaudeville ainsi que le grand prix littéraire de l'héroïne Marie France.

Son premier roman, "le rendez vous" traite des relations difficilles entre Louise et sa mère. Ce roman était en fait une autofiction. Ce roman n'obtient un franc succès. Elle obtiendra tout de même le prix contre point de littérature Française.

Son dernier livre "mauvaise fille" est sortis en septembre 2009 et participe au prix Goncourt.
Aujourd'hui Justine Lévy est en couple avec l'acteur Patrick Milles et à une fille et un garçon.



Résumé Mauvaise fille 
 
Louise est enceinte de son premier enfant alors que sa mère,alice, meurt d'un cancer sur un lit d'hopital.  Louise se sent coupable d'etre enceinte au moment ou sa mère est à l'agonie.
Louise doute de ses capacités à etre une bonne mère parce qu'Alice n'avait rien d'un modèle en matière d'éducation. Comment etre une bonne mère dans ces conditions ?
Dans "mauvaise fille" Louise nous fait part de ses doutes et de sa culpabilité face à cette épreuve.

Mauvaise fille est en fait une autofiction. En effet, Justine Lévy avait des relations difficiles avec sa mère Isabelle Doutreluigne qui était selon Justine une mére "completement à l'ouest". Et dans Mauvaise fille, Alice la mère de Louise est décrite comme une mère indigne qui est capable de laisser sa fille avec des amis "camés à mort". Elle nous parle aussi de son père, souvent absent mais qu'elle décrit tout de même comme un héro.


  Extrait d'interview


 

Je ne m’en remets toujours pas d’être tombée enceinte au moment où la femme que j’aimais le plus ai monde était en train de mourir pour donner naissance à la fille que j’allais aimer le plus au monde, explique Justine Lévy au micro de Pascale Clark dans l’émission Comme on nous parle. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu faire une chose pareille.”



“Maintenant je n’en veux plus à ma mère. Je lui en voulais à 20 ans, mais on est un peu con à 20 ans. Maintenant, j’en veux surtout à l’époque. J’en veux surtout aux années 70, à cette période de cinglés où les enfants passaient au second plan.”



“Maintenant que je suis mère, je me rends compte qu’on fait ce qu’on peut. Etre mère, cela ne va pas de soi, confie-t-elle. Ca ne vient pas tout seul, on nous a menti. Ce n’est pas parce qu’on vous pose un enfant que vous devenez maman. Je trouve que c’est quelque chose qui se conquiert. Moi je suis devenue maman le jour où ma fille m’a appelée maman. Ca m’a pris du temps. Je ne crois pas du tout à l’instinct maternel.”



“On ne peut pas glisser une feuille de papier à cigarette entre mon père et moi, dit l’écrivain. On ne me ferait pas dire du mal de lui, même sous la torture. Je suis totalement lucide. Je me censure quand je parle de lui mais dans un sens inverse à celui que l’on imagine. Si je racontais tout ce qu’il fait, on ne me croirait pas un seul instant.”



Justine Lévy et son père Bernard Henry Lévy

Passage


"Je viens voir maman tous les jours.J'arrive en sautillant, en pensant à autre chose, le ventre déjà un peu tendu par mon enfant à venir, c'est magnifique me disent les gens, la vie continue, elle poursuit son programme sacré, cette chaîne magnifique des morts et des vivants, la mère, la fille, sa fille, vous savez ce qui arrive à Louise ? Vous pouvez croire à cette coïncidence ? Vous vous rendez compte ? La vérité c'est que je n'en peux plus. Je déteste ce pathos. Je me sens accablée, écrasée, sous le poids de leurs commentaires débiles."

==> Dans ce passage, on peut  voir à quel point Louise se lamente, se questionne ce qui montre bien la façon qu'a Justine Lévy pour écrire son roman. En effet, tous le roman est écrit comme cela. Elle se lamente beaucoup et pour certains lecteur beaucoup trop.



Avis des autres lecteurs

 

Dans la classe, ce roman à dans l'ensemble beaucoup plu. Pour beaucoup, la lecture a été simple, clair. Le fait que le livre soit court à aussi été apprécié. Même si le livre était court, il est clair pour tout le monde qu'il était très touchant par le sujet qui était plutôt douloureux. En effet, Justine Lévy nous montre à quel point elle s'est sentie coupable d'être enceinte alors que sa mère était en train de mourir. La façon qu'a Justine de parler de ses deux sujets est très émouvante et poignante. Mais certains lecteurs n'ont pas beaucoup aimé le fait que Justine se lamente tout le temps. D'autre ont aimé ce roman même s'ils n'ont pas trouvé l'histoire assez joyeuse.
Il a aussi été remarqué et apprécié que Justine Lévy écrivait d'une manière simple, fluide et familière
.



Mon avis


Ce roman m'a beaucoup touché. J'ai trouvé que cette histoire était émouvante. Contrairement à d'autres, j'ai beaucoup apprécié la manière qu'a Justine Lévy de se lamenter tout au long du roman. Cela nous montre bien à quel point ça a été une épreuve difficile pour elle. De plus, Justine Lévy écrit comme elle parle, d'une manière familière ce que j'ai beaucoup aprrécié.


Prolongements



Bernard Henry lévy
Bernard Henry Lévy se fait connaître  comme chef de fil du mouvement nouveau philosophe.  Il entreprend en 1971, un voyage au Bengladesh pendant la guerre de libération contre le Pakistan ce qui le poussera à sortir son premier livre 'Bangla-Desh nationalisme dans la révolution" sortis en 1973. A son retour en France, il enseigne l'épistémologie à l'université de Strasbourg et la philosophie à l'école normale supèrieure. La parution de " la barbarie à visage humain" provoque un vif intérêt publique. Cet éssai provoque aussi des débat passionnés en faisant le procès du fascisme et du marxisme.
Editorialiste pour de nombreux journaux, écrivain engagé il est accusé d'etre trop médiatique, on lui reproche donc son mariage avec Arielle Dombasle. Pourtant, en 2002, Jacques Chirac lui confie la mission d'aller en Afganistan pour contribuer à la reconstruction culturelle. En 2006, Bernard Henry Lévy publie "american verdigo", qui rassemble ses impressionses observations et ses pensées lors d'un périple de plusieurs mois éffectué au Etats-Unis. Le livre est un succès. 





Virginie

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