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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 19:33

Apollinaire, Alcools :

Lecture Analytique de l’extrait du poème « Les Fiançailles »

- Poème composée de 9 sections, dont les strophes ont pu changer d’ordre au cours de son élaboration. Si les 3 1ères strophes furent écrites en 1902, les autres datent de 1907-1908, période qui marque un retour à l’inspiration poétique, après un épisode stérile et douloureux consécutif de son 1er échec sentimental (avec Annie Playden).

Apollinaire y affirme son Art poétique ; ce qui rapproche ce poème de deux autres, composés vers la même époque : « Le Brasier » et « Poème lu au mariage d’André Salmon ». Et, contrairement à « La Chanson du Mal Aimé » et « Le Pont Mirabeau », il est moins question d’amour déçu ici (thème à peine évoqué ; plutôt secondaire) que de quête poétique. Celle-ci s’effectue en 3 étapes, que l’on peut qualifier d’initiatique : la perte, la quête, puis la (re)conquête.

Nous allons donc chercher à mieux comprendre, à travers les sections 3 à 5 qui constituent la partie centrale du poème, quelles figures du Poète et de la poésie sont présentes. Pour cela, nous verrons tout d’abord que la perte se traduit parr une mort symbolique qui, comme souvent chez Apollinaire, prend une dimension mystique, à la fois cosmique et divine. Puis nous nous intéresserons à la quête en elle-même, objet d’un bilan douloureux, mais traversé d’illuminations menant vers un souffle nouveau. Enfin, nous observerons la façon dont Apollinaire s’affirme en Poésie, rompant avec le passé pour accéder à une modernité assumée.

(NB : dans la suite de cette Lecture Analytique, j’appellerai strophes 1, 2 et 3 celles qui correspondent à notre extrait, et qui sont donc les strophes 3, 4 et 5 de l’ensemble du poème).

I / Une mort symbolique à dimension cosmique (et mystique)

1) Sous le signe de la mort (comme une perte de soi-même)

2) Une dimension cosmique

3) Et une dimension divine

II / Un bilan douloureux, mais illuminé

1) Regard tourné vers le passé

2) entre mort et renaissance

3) Des images empreintes de lumière

III / Vers une nouvelle poésie

1) Une feinte ignorance

2) La proclamation d’une poésie nouvelle

3) La création demande des sacrifices (= une douleur extrême qu’il s’agit de dépasser, sublimer)

I / Une mort symbolique à dimension cosmique (et mystique)

1) Sous le signe de la mort (comme une perte de soi-même)

- champ lexical de la mort très présent dans les 2 1ères strophes de notre passage ; directement : « les morts » (p 142, v 7), « cadavres » + « pourrissent » (p 143, vv 2 et 4), « mourir » (p 143, v 8)

- ou de façon + implicite : « fin du monde » (p 142, v 8) , « tourment de silence » (p 142 , v1) è pour le Poète, contribue à un vide, le comble de la perte, la mort des mots

- on pourrait aussi y voir la mort des émotions (cf v 1 p 142 ; comme en écho avec v 1 p 141 : « mépris » et absence de « pitié », d’estime envers soi-même peuvent être liés. Mais, dans la strophe 2, le poète « pleure » (p 143 v3) les jours passés, et eux-mêmes « ont pleuré avant de mourir » (p 143 v 8) è il s’agit donc de faire le deuil de son passé.

- Comme souvent chez Apollinaire, cette mort symbolique est associée à des figures mythiques : le Phoenix (p 142 v 5 « je brûle (etc) »), mais aussi ici Icare (v 4), mort d’avoir voulu approcher le Soleil de trop près. è mort et élévation, ne sont, curieusement, jamais très loin. La mort, pour Apollinaire, apparaît finalement comme une étape nécessaire vers la Transfiguration.

2) Une dimension cosmique

- Là encore, champ lexical très présent ds la strophe 1 : « étoiles » (v3 è fait écho au v2 de la p 141 « Je buvais à pleins verres les étoiles » et donc aussi au titre du recueil : Alcools è verre = vers => étoiles ; recueil = constellation d’étoile, qui peuvent guider et éclairer dans la nuit. Peut aussi faire penser au groupe de la Pléiade, poètes du XVIe siècle) ; « Icare » donc (v 4) ; « soleils » (à noter : au pluriel), « nébuleuses » (v 5). Le pluriel peut faire écho ici à l’idée de se multiplier, qu’on retrouve p 144, v 8 : souvent, chez Apollinaire, la mort n’est pas une fin en soi (p 142 , vv 8 et 9 : « fin du monde ») : elle transforme, par le biais d’une alchimie mystique è si le Corps disparaît, comme balayé par « un ouragan » (p 142 , v 9), l’Esprit, quant à lui, se disperse, se multiplie et se répand sur le monde, comme s’il le recouvrait tout entier, ou bien qu’il fusionnait avec lui.

Cette fusion métaphysique (= au-delà, au-dessus de ce qui est physique) peut déjà faire penser à une alliance, comme des fiançailles (ce qui, alors, rappelle bien sûr le titre-même de ce poème.

Alors Apollinaire se fait comme Apollon de l’air (Apollon-air, pour ceux qui n’auraient pas compris) et se transfigure donc en une divinité nouvelle.

3) Et une dimension divine

Les références à la divinité, liée donc à la fusion cosmique, apparaissent de façon plus discrète, dans cette 1ère strophe.

Déjà avec l’allusion à Icare qui, en voulant s’approcher trop près du Soleil (Apollon) s’est pris pou un dieu, transgressant un interdit, et l’a payé de sa vie.

Mais surtout parce qu’il est question de « bêtes théologales » (v 6), de « morts [qui] sont revenus » (v 7) et de « fin du monde » (v 8). Cela n’est pas sans rappeler l’Apocalypse, annonce de la fin du monde (ou plutôt d’un monde), mais aussi, de par son étymologie, Bonne Nouvelle è pour qu’un nouveau monde surgisse, il faut bien que l’ancien monde (dont on est « las » ; cf « Zone ») disparaisse. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, donc, la fin du monde (porteuse d’angoisse dans nos sociétés modernes, tout imprégnées qu’elles sont encore d’un christianisme dont elles ne comprennent plus trop bien la signification profonde …) est aussi porteuse d’espoir (tout comme la promesse d’un Paradis, après la mort qui est elle-même l’objet de crainte …)

D’autre part, on peut remarquer que le « Je », présent depuis la strophe 2 du poème (entier), semble avoir changé d’identité : « m’adorer » (p 142 v 7) è c’est donc bien lui que les morts viennent « a-dorer » (on peut encore penser au Soleil) comme une divinité. C’est bien là le signe que le Poète s’est transfigurer en Dieu / prophète (annonçant la fin du monde), démiurge.

Ce qui peut s’expliquer aussi par le fait que Saint Jean est considéré comme l’auteur de L’Apocalypse, mais aussi de l’Evangile le plus célèbre (et sans doute le plus spirituel et le + important) qui commence par : « A l’origine était le verbe » è idée que Dieu a créé le Monde parce qu’il l’a nommé, par le langage. En employant les mots à sa façon, le Poète devient donc à son tour le Créateur, qui ré-invente le Monde par le pouvoir de son langage.

Tout se tient, donc.

Cependant, devenir Dieu / Sauveur du Monde n’est pas donné à tout le monde, et passe souvent par l’épreuve douloureuse de la mort …

II / Un bilan douloureux, mais illuminé

1) Regard tourné vers le passé

Dès le début de la strophe 2, le Poète annonce qu’il a eu le « courage » (= le cœur ; la volonté) de « regarder en arrière » : c’est donc un bilan qu’il s’impose.

Et lui qui dit n’avoir « plus même pitié de moi » (p 142, v 1) n’est pourtant pas exempt d’émotion (et, donc, de lyrisme) : il « pleure » (p 143 v 3) les « cadavres de mes jours » (p 143 v2) , est donc en proie au deuil de son passé ; et ses jours eux-mêmes « ont pleuré avant de mourir » (p 143 v 8).

Ce thème du temps qui passe, du passé qui s’éteint et qu’on déplore, apparaît souvent dans la poésie d’Apollinaire (cf « Le pont Mirabeau »). Mais on retrouve ici des termes présents à la fin de la « Chanson du Mal Aimé » : « tavernes » (p 143 v 8) pour « cafés gonflés de fumée dans la « Chanson » (p 43 v 46) , mais aussi « l’électricité » (p 143, v 11 ), symbole d’énergie et de lumière qui, elle aussi se diffuse, se répand, jusque dans les « soirs de Paris » è si le Poète noie son chagrin dans l’alcool (ou plutôt les alcools), il y puise aussi une énergie nouvelle, une source d’inspiration lumineuse. Le chemin de sa renaissance, en quelque sorte.

2) entre mort et renaissance

Les « cadavres des jours » « pourrissent » (p 143 v 4) avec la religion (« églises italiennes » v 4 aussi) , il en va autrement dans la nature : au milieu des « petits bois de citronniers », au contraire, ils « fleurissent et fructifient » (v 6) , donc, là encore, se multiplie è la mort, en pourrissant, se fait engrais et engendre une nouvelle forme de vie è allusion au cycle des saisons (fréquent en Poésie, surtout avec l’Automne, le Printemps et + particulièrement le moi de mai), mais qui semble ici devenir éternel (p 143 v 7 « En même temps et en toute saison »).

Cet thème de la nature se retrouve encore dans « ardents bouquets » (v 9) (qui peut faire également penser au buisson ardent de Moïse, qui lui transmet la parole divine et prophétique) et « jardin » (v 12), comme un jardin secret, intime, personnel (è lyrisme) , mais aussi une image du Paradis. Dans la strophe suivante, les « fleurs » (p 144 v 4) « redeviennent » (è c’est donc bien une renaissance) des « flammes », donc l’énergie dans laquelle le Poète (après une période stérile et silencieuse => cf p 142 v 2) va puiser à nouveau l’inspiration créatrice.

3) Des images empreintes de lumière

Comme on peut le constater, la chaleur, le feu, la lumière, sont liées à la nature (thème fréquent dans la poésie pour signifier la création poétique elle-même). Mais c’est plus particulièrement le cas encore dans la poésie d’Apollinaire.

« ardents bouquets » (p 143 v 9), « roses de l’électricité » (p 143 v 11) , « fleurs » qui deviennent « flammes » (p 143 v 4) semblent encore proches de l’imaginaire des peintres symbolistes (Gustave Moreau, Odilon Redon) qui ont souvent utiliser le jaune et l’or dans leur tableau, ou du peintre Gustav Klimt (je vous laisse aller voir), qui a composé ses plus célèbres œuvres au moment même où Apollinaire composait ses poèmes (voir plus particulièrement le baiser : de petites fleurs, dont certaines ressemblent à des étoiles dans la chevelure de la femme, se mêlent à l’or ; et les deux amoureux s’embrassent sur un tapis de petites fleurs, parsemé de boutons d’or ou de fleurs jaune s’en rapprochant) è finalement, qu’elle soit automnale ou estivale (à l’apogée de sa floraison sous le soleil), la Nature étincelle, resplendit, éclate elle-même en mille petits soleils. Tout comme les citronniers (p 143 v 5) qui eux-mêmes rappellent le(s) soleil(s), par leur forme et leur couleur.

C’est sans doute aussi la couleur qui est rappelé dans le verbe (néologisme ?...) « rouaient » (p 143 v 9), sans quoi on le comprendrait difficilement : à l’infinitif, le verbe « rouer » ne signifie que « rouer de coups » (il provient du supplice de la roue). Il fait donc jaillir le sang. Mais ici, c’est bien sûr, surtout la syllabe « rou » qui nous intéresse, et peut renvoyer à quelque chose d’ « ardent » (v 9).

De même, pourquoi évoquer une « mulâtresse » (v 10) ? (= femme née d’un parent blanc, tandis que l’autre est noir ; donc, « café au lait »). Pour faire une discrète référence à Baudelaire (qui, lui aussi « inventait la poésie »), dont Jeanne Duval, la plus célèbre de ses maîtresses, était justement une mulâtresse (et donc, sa principale Muse, ou égérie => femme aimée qui inspire le Poète) ? Ou juste pour sa couleur particulière ?...

III / Vers une nouvelle poésie

1) Une feinte ignorance

Au début de la strophe 3, Apollinaire semble implorer le pardon du lecteur, qu’il interpelle en employant l’impératif (p 144 v 1). Il fait état de son « ignorance » et précise, dans le vers suivant, qui débute de la même façon : « ne plus connaître l’ancien jeu des vers » (p 144 v 2) è « ne pas » et « ne plus » ne signifient pas la même chose !... = il a connu, mais il ne veut plus s’en souvenir.

Comme si le bilan de ses « jours passés » (« cadavres » « pourrissent ») et le « jardin de [s]a mémoire » (p 143 v 12) s’étaient dépouillés de cet héritage poétique encombrant è l’épreuve (de faire le deuil du passé), l’Iniation, conduit à ce dénuement, ce dépouillement : la Renaissance implique qu’on naisse à nouveau, nu, naïf, innocent comme l’enfant è « Je ne sais plus rien » (p 144 v 3)

- Fait écho, bien sûr, au 1er vers de « Zone » (qu’Apollinaire écrira plus tard mais qu’il a placé en ouverture de son recueil).

L’ignorance, ici, pourrait donc bien plutôt se percevoir comme un rejet volontaire, un « mépris » (cf v 1 p 141) è Le Poète maudit (par ses amis mêmes), mal aimé et incompris, est en quête de nouveauté et est parvenu au stade où il l’assume pleinement (« Je n’ai plus même pitié de moi » ; p 142 v 1 ; Remarque : on voit bie toute l’importance que prenne les 1ers vers de chaque section)

2) La proclamation d’une poésie nouvelle

- La Poésie n’est plus source de savoir, de techniques savamment employées (« Je ne sais plus rien »), mais d’émotions, de sensibilités, d’impulsion spontanée et exclusive (« j’aime uniquement »). Les « fleurs » de l’ancienne poésie reprenne toute leur vigueur et se font « flammes » ardentes (p 144 v 4) et permettent au poème d’accéder à un stade mystique, qui le rend à la fois Dieu et adorateur de ce Dieu (unique ? Jésus lui-même a d’ailleurs dit « Dieu est Amour ») : « Je médite divinement » (p 144 v 5) ; bien sûr, ici, l’adverbe de manière peut prendre deux sens è il renvoie à l’idée de Dieu, ou peut signifier « de façon sublime, extatique (c’est l’extase) »

En digne précurseur des surréalistes (qui ont pratiqué l’écriture, spontanée, parfois même sous hypnose, les cadavres exquis, le récit de leurs rêves enregistrés par écrit. Bref, exploré leur inconscient à travers toutes les expérience possibles, aussi bien individuelles que collectives. Freud et la psychanalyse sont passés par là…), il leur montre la voie (la voix ?...), après avoir longuement erré, cherché son chemin :

« Et je souris des êtres que je n’ai pas créés » (p 144 v 6) è comme s’il souriait des créatures qui échappent à leur Créateur, ou à son inconscient justement ; ou aussi, qu’il est ravi des créations venir « que je n’ai pas (encore) créés).

3) La création demande des sacrifices (= une douleur extrême qu’il s’agit de dépasser, sublimer)

Avant d’aboutir à un « ouvrage » que « j’admirerais » (p 144 v 9), après être passé par l’emploi du conditionnel « Mais si le temps venait » (v 7) ) è l’espoir est donc revenu, avec le temps à venir, contrairement au passé dont le deuil est achevé, le Poète est passé par une épreuve terrible : une véritable descente aux Enfers, évoquée juste avant le passage étudié (« Et sombre sombre fleuve » (p 141 v 15 è une fois de +, répétition d’un même terme et allusion au mythe d’Orphée, qui a dû franchir le Styx, fleuve des Enfers, et est descendu jusqu’aux Enfers pour y retrouvé l’être aimé (Eurydice), à nouveau espéré, mais, en fin de compte, à jamais perdu …).

Il a côtoyé les morts (« Les ombres qui passaient n’étaient jamais jolies » ; p 141 v 16), les cadavres des jours, les amours passés, les fantômes de sa vie et leurs impasses peut-être ? (celle du labyrinthe d’où s’est échappé Icare, avant de chuter de façon plus terrible), mais espère une « ombre enfin solide » (p 144 v 7), comme si ce qui lui avait échappé jusqu’alors allait un jour se (re)constituer, se réaliser, se concrétiser à travers son ouvrage, et « se multipli(er) en réalisant la diversité formelle de mon amour ».

Ici, l’amour correspond moins à la femme aimée qu’à la Poésie elle-même. Et cette diversité se ressent bien à travers ce Poème (vers libres, sans rimes, composition hétéroclite et étonnantes, en sections).

Tel le Phénix , oiseau (d’air et de) feu particulièrement apprécié par Apollinaire, il faut donc se brûler intensément, jusqu’à se consumer entièrement, se disperser (ou se multiplier) en cendres, pour renaître avec plus d’ardeur encore.

Descente aux Enfers, Ascension cosmique et divine, deuil et douleur, dépassement du mépris (des autres et de soi-même), « dérèglement de tous les sens » (Rimbaud).

Apollinaire semble être passé par tous les stades, tous les affres du sacrifices, comme pour mieux répondre au dernier poème

de Baudelaire à la fin des Fleurs du Mal , dans le poème « Le voyage » (qui renvoie donc au voyage final, autrement dit, à la mort) :

« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »

En guise d’ouverture

En gras : tous les éléments de ce poème écrit pendant la guerre à sa nouvelle maîtresse, Louise de Coligny-Chatillon ; maîtresse éphémère, avec laquelle la relation n’a duré réellement qu’une semaine environ … mais à qui, sur le front, Apollinaire à écrit d’ardentes lettres-poème d’amour).

Si je mourais là-bas...

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or * autour de Baratier [= citronniers]

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de cou
leur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

30 janv. 1915, Nîmes.



Guillaume Apollinaire - Poèmes à Lou

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