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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 17:22

 

Laurent Mauvignier

        Laurent Mauvignier, né en 1967 à Tours est le romancier français qui a écrit Des Hommes. Il commence à écrire vers l’âge de 8 ou 9ans pendant une hospitalisation, il n’écrivait tout d’abord que de petites histoires sans donner suite.

Plus tard, il rate deux fois son capes d’arts plastiques (qu’il obtient finalement en 1991) et décide de se lancer après cela dans l’écriture de roman. Laurent Mauvignier sort donc en 1999 Loins d’eux, son premier roman, suivi d’apprendre à finir (2000), ceux d’à côté(2002), Seuls(2004), Dans la foule (2006), Le lien (2005), Des hommes(2009).

Le roman Dans la foule a fait la une de plusieurs suppléments littéraires, dont Libération et La Croix, du magazine Le Matricule des Anges, il a reçu le prix des Lecteurs de la Fnac. 29 mai 1985, Bruxelles, finale de la coupe d'Europe des clubs champions opposant les Reds de Liverpool à la Juventus de Turin. 39 supporters italiens morts écrasés, des centaines d'autres supporters gravement blessés par l'assaut des hooligans. Un groupe de jeunes gens, des Anglais, des Français, des Italiens, des Belges, se constitue au hasard des rues ; quand ils se retrouvent à l'hôpital après le match, l'un d'entre eux manque.

Ce livre est sûrement le roman qui a fait connaître Laurent Mauvignier grâce aux prix qu’il a reçus.

Dès ses débuts, il frappe par un ton personnel, quelque chose de carré, de dramatique, une tenue de style remarquable. Il s’acharne à dire le deuil, le chagrin de toute personne humaine.
                                                            

 

Des Hommes

 

Ils ont été appelés en Algérie au moment des « événements », en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies.
Mais parfois il suffit de presque rien, d"une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

 

 

 

Ce roman commence par l’après-midi, le jour de l’anniversaire de Solange, Bernard, plus connu sous le nom de « feu de bois » par les gens du village, arrive dans une tenue presque correcte qu’on ne lui connaît pas. Cet homme devenu un clochard et un poivrot offre à sa sœur une broche en or. A cause de l’indignation que ce cadeau à créé, « feux de bois » se venge alors sur la famille algérienne du quartier.

Viens ensuite les chapitres suivants : soir, nuit, matin qui retracent la vie de Bernard, Rabut et Février pendant la guerre d’Algérie. LAurent Mauvignier parle des non-dits sans nous épargner, ce qui explmique comment Bernard est devenus « feu de bois ».

 

Le roman Des hommes, comme celui de Jean-michel Guenassia Le club des incorrigibles optimistes, revient sur une génération qui ne s’en remet pas, et qui a perdu son innocence. En effet Des hommes est un livre sur la mémoire de ces hommes ordinaires partis à la guerre.

Laurent Mauvigner nous plonge dans ce que nos grands-pères ne veulent pas se rappeler, de ce que les militaires français ont fait pendant l’occupation en Algérie, que l’on pourrait presque comparer à l’occupation Allemande quelques années plus tôt. Car en effet, Ces Hommes envoyé dans ce pays conquit presque un siècle plus tôt ont tué, violé, torturé en Algérie ou ont tout simplement refusés d’y participer, ils restent pourtant  "Des Hommes "         
                  
                  

 

 

 

Extrait :

 

« Et puis il a avancé. Et puis il a appelé Solange. Et puis en avançant vers elle il a appelé Solange de plus en plus fort. Jusqu'à ce que les gens s'arrêtent un moment, qu'ils le regardent et s'étonnent de son élan, de ce mouvement tout à coup et de son sourire, de l'énergie et moi j'aurais dit plutôt que c'était la foi d'un illuminé (mais j'ai des raisons pour l'avoir pensé et vu comme ça), mais ce n'était pas ça, c'était la joie d'un homme un peu étrange et déphasé qui devait ne pas aimer être là, lui qui n'y serait certainement pas venu s'il ne s'était agi de l'invitation de Solange. Je veux dire qu'il ne serait pas venu à l'invitation d'un de ses frères ou d'une des autres soeurs, d'aucun d'entre eux, à qui il parlait de temps en temps et de qui il acceptait pourtant quelques rares invitations, parfois, mais seulement pour remercier du don de vieux vêtements ou par besoin de manger, par faim, parce que la faim le sortait de chez lui. Ils se sont écartés pour le laisser passer. Il a fallu un certain temps pour que l'étonnement enfle suffisamment pour que cessent les mouvements, les regards, les phrases. Il a fallu du temps pour que ralentissent et se stabilisent les mouvements. Il a fallu autre chose qu'un geste ou un rire, il a fallu un cri.
Pas un cri d'horreur, d'épouvante. »

 

 

 

 

 

 

 

Prolongements :

 

La guerre d’Algérie à laquelle Rabut, Bernard et les autres ont participé débuta en 1954, opposant la France aux indépendantistes algériens.

Pour les algériens, cette lutte découle des promesses illusoires de la France qui, pensant que tout lui appartient, ne voulait pas quitter une région aussi riche que l’Algérie.

Le président De Gaulle devait ramener l’ordre dans le pays. Ses actions étaient très attendues mais ne suffirent pas à calmer les algériens et rassurer les français présents.

Après le bilan catastrophique de cette guerre (300 000 à 400 000 morts algériens 27 500 militaires français tués ainsi qu’un millier de disparus), les accords d’Évian furent signés le 18 mars 1962 donnant la souveraineté à l'état algérien (Sahara compris).

Ces accords incluaient une coopération entre les deux pays. Une coopération financière intégrant l’Algérie à la zone franc et une coopération culturelle et technique avec la mise en valeur des hydrocarbures notamment mais cela n'aboutit à rien, ces coopération ne furent pas un franc succès.

L’indépendance de l’Algérie est officiellement proclamée le 3 juillet 1962.

Aujourd’hui, les relations entre l’Algérie et la France ne sont plus tendues.

« L'Algérie est notre grand voisin et nous avons (ensemble) une histoire partagée » N. Sarkozy à son arrivée en Algérie, 2006.


 Avis:


                 Les avis de ce roman sont très partagés. Nous avons d'un côté ceux qui ont beaucoup aprécié le style d'écriture de Laurent Mauvignier ainsi que le sujet de son livre mais à l'inverse, certain n'ont pas aimé le fait que le roman commence in medias re. En effet, le narrateur nous plonge directement dans le présent des hommes du village mais revient après sur leur passé et comment ils en sont arrivés là.
Malgré cela, tout le monde s'accorde à dire que le sujet délicat qui est la guerre d'Algérie est très interessant du fait que personne n'ose vraiment en parler. Nonobstant, Laurent Mauvignier ne nous épargne pas sur toute les horreurs commises par les français.


Si la guerre d'Algérie vous interesse: L'enemi intime, film de Florent Emilio Siri, 2008
Source: wikipedia, site de Laurent Mauvignier

Nolwenn

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 10:58
  • La Lumière et l'oubli de Serge mestre :

     

  • Présentation :

     

    Biographie:

    Serge Mestre est né dans le sud-ouest de la France d'un père républicain espagnol réfugié politique. Traducteur, il réside depuis 1975 à Paris. Après Les Plages du silence (1991) et Le Livre des rives (1995), La Lumière et l'Oubli est son sixième ouvrage.

     

 

 

Résumé: Cette intrigue prend place en des temps et des lieux différents : dans les années 50, dans une Espagne soumise au joug franquiste; à la fin des années 80, à Paris et à Séville. Dans les années 50, Esther et Julia sont deux jeunes filles de républicains espagnols, toutes deux adolescentes, elles sont meurtries par un passé mystérieux. Alors qu'elles sont à bord d’un train, quelque part en Catalogne, où elles convoient vers un autre couvent-prison, elles arrivent à s’échapper, en trompant la vigilance des gardes civils; on les aide, on les recueille, puis on les fait passer en France.
35 ans plus tard elles en parlent et se souviennent: leurs vies au couvent, leurs fuites en france et leurs familles espagnol.

 

 

 

 

 

Extrait du livre :

Page 20: « Le garde civil continue à offrir son dos aux jeunes filles qui fixent la porte du wagon restée grand ouverte. Il suffirait de marcher deux, trois, peut-être quatre pas pour l'atteindre. Julia réfléchit, Esther également: Nous n'oserons pas, se dit la plus jeune. Esther semble lui répondre: Il faut saisir cette chance ,elle ne se représentera pas. Pendant plusieurs minutes leurs yeux s'interrogent, se répondent. Les regards parlent, échangent leur point de vue. Bientôt, dans un battement de cils, la décision est presque prise. Il faut encore un temps avant que l'idée de l'évasion se concrétise. Elles se disent: Non, ce n'est pas un traquenard ! Puis soudain: On y va ! »


 

Sa composition:

 

Trente-cinq années plus tard, le passé revient à la charge, le souvenir les engloutit, créé des liens entre les nombreux personnages. Ces mêmes personnages, sont d'un réalisme surprenant dans un contexte historique ou l'auteur ne laisse rien au hasard; des scènes crues, qui servent à la mise en place d'une réalité historique; et la langue, enfin, belle poétique et parfois même mélancolique.

 

Extrait d'un interview de Serge Mestre, par les élèves du lycée Joffre;

" Votre livre est divisé en 3 parties, chacune des vues des personnages. Pourquoi avoir choisi différents points de vue pour aborder cette période ?

SM: La première partie, (Julia et Esther) c'est plus le coté évasion, aider des Français pour les faire passer la frontière, pour apporter des journaux censurés... La deuxième partie ( Gloria ) est de loin la plus dure puisque c'est celle ou l'on a ces enfants qui sont maltraités, ou l'on découvre que julia a été adopté illégalement. Enfin la troisième partie ( Emmanuel ) est vue d'un oeuil d'aujourd'hui, du coté adulte: que sont-ils devenus ? "

 

Le lecteur pourra aussi remarquer, en plus du parfait équilibrage des parties et des chapitres, la qualité de leurs intitulés: expressifs, tout comme la langue, très poétiques : " A la table des fantômes " " Pour régaler les anges "  "Un rapport avec la lumière " " Une caresse de soie " ... des titres de chapitres frappants, tout comme celui du livre.

 

  • Avis des lecteurs:

     

    - Marion : Même si ce livre ne laisse pas indifférent, il manque cruellement de suspens. Après l'avoir lu, on a la sensation que, même en regardant le futur, le passé rattrape un jour ou l'autre le présent.

     

    - Clémence: Ce roman manque d'actions et de suspens, c'est dommage car le sujet en lui même est pourtant intéréssant. Les personnes sont assez émouvants. Il est assez lon à lire car le style d'écriture n'est pas simple. Ce roman décrit le destin de 2 femmes hantées par la quête de vérité de leur passé.

     

    - Constance: Il est vrai que La Lumière et l'Oubli est assez dur à lire : son style très travaillé et ce récit en trois temps différents racontés simultanément ne permettent pas une lecture facile. J'ai en plus trouvé sa fin un peu rocambolesque malgré les trois premiers quarts du livre réalistes et bouleversants. La fin à trop chercher à l'être (bouleversante), justement, et, du coup, ne l'est pas vraiment . Je reste sur ma fin, donc, mais je conseille quand même ce livre pour son thème interressant, son récit instructif, sa narration grandiose en trois temps et ses personnages émouvants.

  • Prolongement :

 

 
          L'Espagne en 1936                          L'Espagne en 1939

La Guerre d'E
spagne (également souvent désigné sous le nom de guerre civile espagnole), est un conflit qui opposa le camp des " nationalistes" à celui des "républicains" réunissant, parfois avec de vives tensions, communistes, socialistes, républicains et anarchistes. Elle se déroula de juillet 1936 à mai 1939 et s'acheva par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975.

 

      A lire: "Los ninos perdidos del franquismo" qui a été une source d'inspiration pour la lumière et l'oubli.


    A voir:

- Un film: " la nina de tus ojos"  de Fernando Trueba de 1998 avec Penelope Cruz.

- Un Téléfilm: " Elle et moi " de Danielle Darrieux qui met en scène une Catalane et sa famille qui ont fui en 1939 la dictature de Franco.

- Un documentaire: " No pasaran, album souvenir " 2003. Film documentaire de Henri-françois Imbert


- Une oeuvre d'art: Guernica de Pablo Picasso

 

 

     A écouter : La chanson "spanish bombs" de l'album London calling de The clash.  link

 

 

Marion et Clémence

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 23:40

Le Club des Incorrigibles Optimistes

de Guenassia

 

L'auteur

Biographie :

De Jean-Michel Guenassia, on ne sait pas grand-chose. Pourtant, né en 1950 à Alger, il a aujourd'hui cinquante-neuf ans et a vécu beaucoup de choses. On nous parle tout de même un peu de sa carrière : il a été avocat, puis scénariste pour des téléfilms et romancier amateur (ses romans avaient été refusés, à juste titre, selon lui). Aujourd'hui, en plus d'être reçu comme un grand romancier de la rentrée littéraire, il est formateur en droit. Ce dont il ne parle pas, c'est qu'il a déjà une expérience d'écrivain : en 1986, sous le pseudonyme de Liana Levi, il publie Pour cent millions , un polar qui recevra le prix Michel-Lebrun. Vingt ans après, il décide de passer à autre chose : Le Club des Incorrigibles Optimistes, un roman historique mettant en scène un lycéen dans les années 60, sa famille et la polémique sur la question de l'Algérie, et ses rencontres avec d'étranges personnes venues de l'Est... « Le roman de [sa] vie ».

 

La portée autobiographique :

Né en 1950 à Alger, notre auteur a vécu, bien que très jeune, les évènements dont il parle dans son livre : la question de l'Algérie, la vision d'émigrés de l'Est dans les rues de Paris, et peut-être l'enterrement de Sartre en 1980... Il avoue même avoir vu Kessel et Sartre jouer aux échecs dans un bistrot de Denfert-Rochetau. Il les admirait sans avoir jamais lu un seul de leurs livres et personne ne pensait qu'il racontait la vérité, « ces deux-là ne peuvent pas être copains ». Le bistrot accueillait aussi dans sa salle d'échecs quelques émigrés de l'Est, dont un qui lui a un jour avoué que les célébrissimes auteurs les aidaient parfois... Un souvenir, un déclic, donc.

 

 

Dans le roman

Résumé

Nous sommes au début des années 60. Au milieu de la guerre froide et de la guerre d'Algérie : en France. Un jeune lycéen, Michel Marini, nous raconte sa vie et sa rencontre avec une flopée de personnages : les amis de son grand-frère (Pierre, Cécile...) d'abord, puis un groupe étrange de joueurs d'échecs : les incorrigibles optimistes. Ce sont des émigrés de l'Est, pour la plupart clandestins. Ils se retrouvent dans l'arrière-salle du Balto pour jouer aux échecs et surtout oublier le pays où ils ont tout laissé. Entre parties de baby-foot, petite amie, adieux aux amis qui partent pour l'Algérie, des bribes de leurs histoires se révèlent aux gré des conversations. Ces hommes qui veulent tout oublier ramènent avec eux remords et rancune contre d'autres...

 

Le club des Incorrigibles Optimistes

Le Club des Incorrigibles Optimistes est ce groupe de réfugiés qui adoptent petit à petit Michel, français mais étranger parmi eux. Ils sont heureux malgré leur histoire horrible et leur pauvreté. Ils se relèvent toujours malgré la misère qu'a provoqué leur immigration.

Les émigrés de l'Est sont des rejetés du régime communiste pour diverses raisons, pas toujours politiques mais aussi pour fuir une fausse accusation, pour échapper à des persécutions nées de leur religion... Ils débattent souvent entre eux du régime en place en Russie.

Ils s'appellent Tibor et Imré (couple d'un acteur ukrainien avec son manager, chômeurs en France), Léonid (héros de guerre dans l'aviation russe, taxi en France), Sacha (russe,  au passé plus que mytérieux, photographe en France), Igor (médecin russe victime du "complot des blouses blanches", taxi en France), Pavel (bulgare, gardien de nuit et historien en France), Gregorios...

 

Michel : portrait d'un adolescent de son temps

Entre rock'n roll, lecture, cinéma et photographie, Michel est un adolescent des années 60 ouvert à toutes les nouveautés.

Il parle aussi des études avec l'examen du « bac » qui se généralise à ce moment là (tous ses amis l'ont passé ou le passent).

Le rock'n roll est la deuxième passion de Michel après les échecs. Les succès des années 60 sont évoqués quand il récupère la discographie de Pierre :  Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry...

Le moderne, aussi, à une grande place dans la vie de Michel : le magasin d'électroménagers de son père qui parle d'abaissement des prix pour la vente à tous et de hausse des ventes grâce à cela, l'appareil photo, le cinéma...

 

Les Marini et les Delaunay : un exemple des distensions politiques et économiques de l'époque qui s'expriment notamment dans la question algérienne

Le roman commence (après l'incipit qui se passe en 1980) par l'anniversaire de Michel auquel il dit qu'il y a « ses deux familles » : celle de son père, les Marini, d'origine italienne, socialiste dans l'âme, et celle des Delaunay, bourgeoise et implantée en Algérie où elle fait fortune.

A plus petite échelle, on peut observer ces distensions chez l'influence que chacun des parents essaye d'exercer sur les idées politiques des enfants : le grand-frère a clairement suivi son père, voire mêmedépassé, Michel pense comme son père qui considère son magasin d'électroménagers comme une chance de permettre à tout le monde de se moderniser tout en faisant quand même du profit en vendant beaucoup, tandis que la petite sœur a pris le parti de sa mère, mais plus parce que c'est sa mère qui gère la comptabilité et lui achète tout ce qu'elle veut.

La question algérienne est surtout évoqué à la fin de la guerre, bien que les Delaunay croyaient depuis le début en l'Algérie française où ils avaient beaucoup d'investissements alors que les Marini pensaient plus à la liberté de tous les peuples, algériens compris. Le retour du frère Delaunay en France, complètement ruiné, provoque le divorce des parents de Michel, bourgeois et pur socialiste ne faisant pas bon ménage, surtout quand ce dernier est en infériorité dans sa propre maison, puisque toute la famille de son beau-frère vit désormais avec eux.

 

Les blagues des émigrés

exemple : VICTOIRE SOVIETIQUE : LES RUSSES 2e ET KENNEDY AVANT-DERNIER, c'était une course en duel.

Ce titre d'article et son explication, complètement fictifs, sont inspirés d'un bien plus grand événement : les premiers pas sur la lune. En effet, quand l'américain Armstrong marche sur la Lune, deux astronautes soviétiques, échou à la même mission : les bolcheviks sont anéantis, notamment l'équipe chargée de la mission. Mais, comme les russes ont beaucoup d'humour dans ces cas-là, le technicien chef du service des cosmonautes russes, Chélomeï, déclare : « Eh bien maintenant, nos chefs se diviseront en optimistes et pessimistes. Les derniers diront que Nixon (le président américain en place) a dépassé Brejnev (chef soviétique) qui est resté loin derrière, tandis que les premiers prétendront que Brejnev est arrivé deuxième alors que Nixon occupe l'avant-dernière place ! ».

 

Le style

Un style simple, sans fioritures. Un roman très facile à lire. La chronologie n'est pas totalement respectée (incipit – 1980, vie de Michel – 1960, histoire des émigrés – 1950), mais les retours en arrière sont très repérables et on ne se perd pas dans les époques.

Ce roman est un peu écrit comme un roman jeunesse : un thème assez grave mais évoqué avec la légèreté d'un jeune narrateur et beaucoup d'humour.

Extrait : La réponse du garçon de café à Michel quand celui-çi lui demande de quoi parle Sartre avec lui : "Ouai, il trouve que par rapport aux autres garçons de café, je ne joue pas à être garçon de café. Je l'intéresse beaucoup. Il dit que je suis sincère, que je ne fais pas semblant, que je ne suis pas dans un jeu par rapport à ce que je fais mais dans la réalité par rapport à ce que je suis. Il paraît que je suis le seul garçon de café qu'il connaisse qui ne joue pas avec sa condition pour la réaliser mais que je suis, essentiellement, garçon de café, et ça, ça l'épate. Il a vraiment du temps à  perdre ce mec, non? Vous prenez quoi ?" Ici, on peut voir l'humour (moquerie de la philosophie en générale et celle de Sartre en particulier), la simplicité de l'écriture (langage courant) et la légèreté utilisée pour aborder un thème compliqué (langage courant pour parler de la philosophie). 

 

 

Autour du livre

La guerre d'Algérie

    La guerre d'Algérie est évoquée dans ce roman. C'est le principal conflit familial entre le père et la mère du narrateur, Michel, mais aussi de toute leur famille respective, les Marini pour l'un, les Delaunay pour l'autre. Elle est aussi évoquée au départ du frère de Michel pour l'Algérie et au retour des cousins pied-noir (la fin de la guerre).

    La guerre d'Algérie est une guerre entre la métropole, France et la colonie, Algérie  qui demande son indépendance. Pendant presque toute la durée de la guerre (1954-1962), la France a refusé de l'appeler guerre (d'où son surnom de "guerre sans nom" ou l'euphémisme "évènements" pour la qualifier). Elle opposait donc l'armée française à la guérilla des nationalistes algériens. La métropole était divisée en français favorables à une Algérie indépendante et ceux qui y étaient opposés, ceux pour "l'Algérie française" , dont le gouvernement faisait partie. Ce dernier a participé à des atrocités en Algérie (tortures, massacres...), mais aussi en France (massacre de la Seine...). En Algérie, c'était la guerre civile. Deux camps s'opposaient aussi là-bas : les pieds noirs français et les arabes favorables à l'occupation (les harkis) contre les partisans du Front de Libération Nationale. Tortures et massacres sont commis des deux côtés. La guerre s'achève avec la proclamation de l'indépendance de l'Algérie par le général De Gaulle le 5 juillet 1962, la naissance de la République Algérienne le 25 Septembre de la même année et le rapatriement des français d'Algérie en métropole.


La guerre froide   

            1. généralités

C'est le grand thème du roman : il nous parle d'émigrés de l'Est , le Club des Incorrigibles Optimistes, qui ont fui leur régime communiste et du vécu d'un adolescent français au milieu de cette guerre qui n'en ai pas une.

La guerre froide désigne la période de conflits après-guerre entre les deux super-puissances émergentes : les Etats-Unis alliés avec l'Europe de l'Ouest (l'Ouest) et l'URSS alliée aux pays d'Europe de l'Est et d'Asie (l'Est). De 1954 à 1991, elles s'affronteront sur tous les plans sauf le conflit direct (à cause de la menace de la bombe nucléaire dont chacune dispose) : le sport, les échecs, la conquête de l'espace, les conflits indirects (la guerre du Viêtnam, la guerre de Corée, la crise des missiles cubains, Berlin, etc.), les arts notamment le cinéma...

En 1960 (moment du récit), nous sommes entre la coexistence pacifique et la naissance de nouvelles crises.

            2. affaire Rosenberg

C'est un grand sujet de polémique chez les émigrés à un certain moment.

Le 29 mars 1951, en pleine "chasse aux sorcières" (recherche de n'importe quel coupable de trahison) aux Etats-Unis, Ethel et Julius Rosenberg, anciens militants communistes et qui ont le malheur d’avoir  dans leur famille David Greenglass, petit technicien à l’usine atomique de Los Alamos accusé par le FBI de menus larcins, sont reconnus par un jury de New York, soigneusement sélectionné, coupables d’avoir « comploté en vue de transmettre des informations secrètes à une puissance étrangère » (sous-entendu l'URSS)  pendant la guerre avec l’Allemagne nazie, contre laquelle Etats-Unis et Union Soviétique étaient alliés.

Mais le 5 Avril de la même année, le verdict est transformé par le juge chargé de l'affaire, en coupables « d’avoir remis la bombe atomique aux mains des Russes » et ainsi « permis l’agression communiste en Corée » : ce qui lui permet de prononcer la peine de mort. Malgré un formidable mouvement de protestation dans le monde, les Rosenberg, refusant de cesser de clamer leur innocence, sont exécutés sur la chaise électrique le19 juin 1953. Progressivement, il se fait jour que le procès a été une honteuse machination. 

            3. La conquête de l'espace

Contrairement à l'affaire Rosenberg, la conquête de l'espace n'est pas évoquée dans le roman, mais Guenassia nous y fait quelques clins d'oeil tel que la blague sur la course de vélo, inspirée d'une blague russe sur la conquête de l'espace.

La conquête de l'espace est un enjeu majeur de la guerre froide. Plus que ça encore, c'est une compétition technologique entre l'URSS et les USA : au premier qui propulsera un satellite (les russes avec Spoutnik) et qui marchera sur la Lune (les américains avec Armstrong).

            4. la propagande de l'URSS

Elle est évoquée dans la fin du roman...

La propagande en URSS au temps de la guerre froide était très développée : elle allait de la disparition totale d'une personne exécutée par le régime (photos de presse, mais aussi de famille, de collègues, d'amis, modifiées pour que n'apparaisse plus le visage de « l'effacé ») au simple jeu de mots dans la presse.

Voici un extrait traduit du journal officiel de l'URSS, la Pravda, du 9 Juin 1971, et qui s'exprime toujours sur la conquête de l'espace : "A la station Saliout"

"Les chercheurs ont fini le laboratoire de la chambre spatiale ... C'est la première fois, et c'est encore et à nouveau un

énorme pas dans l'histoire - il y en avait déjà beaucoup: le premier vol dans le ciel, le premier satellite artificiel de la Terre, le premier vol dans l'espace, la première sortie du bateau -  et maintenant voilà la première station orbitale habitée, un bastion de la science soviétique dans l'espace."

Ainsi qu'un exemple de photographie magnifiquement trafiquée :


 














Les 30 Glorieuses ou les mutations sociales des années 60 en France

Michel et toute sa génération sont les enfants du baby-boom, commencé dans les années 1940 et terminé dans les années 65 en France.

Cette génération vit dans une prospérité économique : le développement industriel, avec notamment la naissance du travail à la chaîne, offre un travail à tous leurs parents. Les nouveautés - l'électroménager, les voitures, etc. - peuvent être vendus à tous pour un prix à la mesure de leurs moyens financiers. C'est aussi le temps des loisirs : vacances, cinéma, télévision...

et des révoltes de la jeunesse (année 68, peu de temps après le cadre temporel du roman...).

 

 

 


Les écrivains Kessel et Sartre

Ils sont les premières personnes que Michel voit (et reconnaît) derrière le rideau du Club. Son envie de les connaître le poussera de l'autre côté de ce rideau, ce qui lui fera rencontrer tous les membres du club, ces personne qui l'émouvoit autant que nous.

            1. Kessel

  (1898, Clara, Argentine – 1979, Paris)

D'origine lituanienne juive, Joseph Kessel naît en Argentine où son père était médecin, formé en France. Par la suite, il passe son enfance sur l'Oural puis s'installe définitivement en France en 1908.

Il fait ses études à Nice puis à Paris avant de devenir infirmier pendant la première guerre mondiale. Mais en 1915, ayant obtenu sa licence de lettres, ils est engagé au Journal des Débats (service politique étrangère). En 1917, il préfère aller au combat (il se porte engagé volontaire) où il s'illustrera dans l'aviation, dans l'escadrille S.39 (sujet de son premier grand succès : L'équipage en 1923). Grâce à ses exploits militaires (il a réalisé deux fois le tour du monde avec toutes ses missions) au nom de la France, il obtient dès sa majorité la nationalité française. Il retourne alors au Journal des Débats mais il écrit aussi pour La Liberté, Le Figaro, au Mercure, etc. En parallèle, il se lance dans les romans d'aventures qui lui donnent l'occasion de voir les grands évènements de son époque et les hauts-lieux (révolution irlandaise, indépendance d'Israël, Berlin, le Sahara, vol sur les premières lignes d'Aéropostale, navigation avec les négriers de la Mer Rouge...) : Mary de Cork (1925), Nuits de Prince...

Pendant l'occupation de la seconde Guerre Mondiale, il franchit la frontière avec l'aide de son réseau de résistance (réseau carte) par l'Espagne et rejoint Londres pour s'engager dans les FFL du général De Gaulle. Là-bas, il écrit avec son neveu Maurice Druon les paroles du « Chant des Partisans » en 1943. Il écrit aussi au même moment L'Armée des Ombres, un très bel hommage à la résistance française. A laquelle il participe d'ailleurs en tant qu'aviateur en assurant la liaison chaque nuit entre Londres et la France.

Reprenant son activité de reporter à la Libération, il voyage en Palestine, en Afrique, en Birmanie et en Afghanistan (qui lui inspirera Les Cavaliers en 1967). Il publie de nombreux autres ouvrages entre temps dont Le Lion, Le Tour de Malheur, Témoin parmi les hommes...

            2. Sartre

(1905, Paris – 1980, Paris)

Père marin mort avant qu'il ne le connaisse, Jean-Paul Sartre vit à Paris avec sa mère et étudie au lycée Henry IV, comme notre narrateur Michel. Par la suite, il rentre à l'Ecole Normale Supérieure et fait la connaissance de Raymond Aron, Paul Nizan et Maurice Merleau-Ponty. En 1929, il est reçu premier à l'agrégation de philosophie, occasion de rencontrer Simone de Beauvoir, deuxième, qui devient sa compagne. Professeur au Havre puis à Berlin, il publie en 1938 La Nausée et Le Mur en 1939 avant de commencer L'Âge de Raison et L'Être et le Néant. En 1940, après avoir été mobilisé, il est fait prisonnier mais s'évade d'un camp en 1941. En 1943, il publie Des Mouches et L'Être et le Néant ainsi qu'en 1944 Huis Clos. C'est aussi l'année de sa rencontre avec Albert Camus. Par la suite, il crée la revue Les Temps Modernes et publie les deux premiers volumes des Chemins de la Liberté. De 1946 à 1948, il publie beaucoup et ses œuvres sont rejetés par le Vatican alors qu'il participe au journal La Gauche. Il rompt avec Camus au moment de la parution de L'Homme Révolté (1951) de celui-çi, qu'il critique par l'intermédiaire de son journal Les Temps Modernes (rupture définitive en 1952). Il rompt aussi deux ans plus tard ses relations avec Merleau-Ponty avant de réaliser son premier voyage en URSS. Mais il rompt aussi avec le Parti Communiste en 1957 suite à l'intervention soviétique en Hongrie en 1956. En 1964, il refuse le prix Nobel et parraine avec Pierre Mendès France Le Nouvel Observateur. En Mai 1968, Sartre prend parti pour les étudiants. En 1971, en plus de ses nombreux écrits en cours et ses parutions, il fonde avec Maurice Clavel l'agence de presse Libération qui deviendra un vrai journal en 1973 et dont il sera le directeur au tout début. La même année, il tombe malade et abandonne tout avant de mourir en 1980. Ses obsèques, le 20 Avril, réunissent plusieurs dizaine de milliers de personnes et marquent les consciences. C'est d'ailleurs la première scène du récit.

 

Les échecs dans les années 60

Parce que, tout simplement, Le Club des incorrigibles Optimistes est un club d'échecs où l'on parle des parties du siècle entre russe et américain...

Même si les échecs ont toujours eu les même règles, leur influence dans les années 60 était beaucoup plus importante qu'aujourd'hui et ses champions étaient connus du monde entier. En effet, la conquête de l'espace n'était pas le seul domaine de compétition entre les deux puissances : les échecs y ont eu aussi une grande part.
Ses champions sont pour l'Ouest Bobby Fisher et pour l'Est Karpov, Kasparov, Spassky (qui perd contre Fisher), Botvinnick. Victor Kortchnoï, expatrié russe (tout comme Sacha, Igor ou Léonid), a un titre particulier puisque les parties qu'il joue après son exil volontaire sont le point de départ de la médiatisation des parties d'échecs entre les deux blocs. Ainsi, en gagnant un match contre un champion de l'autre camp, un joueur d'échecs met en valeur l'intelligence de son bloc . Le plus grand combat d'échecs USA/URSS est Fisher/Spassky, remporté par l'américain Fisher. Mais les russes ont toujours été les plus forts, idée très bien retranscrite dans ce roman.


Avis

Un livre énormément apprécié dans la classe pour sa facilité d'identification au narrateur, sa lecture simple et son histoire passionnante et optimiste.

Constance : J'ai commencé par le plus gros en me disant que ce serait le plus long à lire (logique : la durée dépendant de la longueur, les livres les plus épais sont aussi les plus longs à lire). Mais non. La lecture ne répond pas aux règles mathématiques les plus simples, et c'est un vrai bonheur. Le Club des Incorrigibles Optimistes présente une telle facilité de lecture (la narration est simple puisque le narrateur est un jeune lycéen), d'identification (toujours grâce à notre jeune narrateur) et d'aussi authentiques histoires que nous n'avons jamais envie de nous arrêter. Un avis personnel ? Je ne sais pas trop quoi dire. Peut-être un conseil : à lire absolument et au plus vite. Vraiment, c'est un livre formidable, impossible à lâcher.

Adrien : J'ai trouvé géniale la façon dont le roman oscille entre les personnages, les lieux, les années et même les ambiances. Cela de façon très naturelle. A aucun moment, on ne se sent tomber ou face à un mur. Tout est fluide et si rien d'extérieur ne venait interrompre sa lecture, il se lirait facilement d'une traite. Que les passages mentionnent l'adolescence de Michel, les rapports "politico-familiaux" ou les anecdotes sur la Guerre Froide, on passe souvent du sourire à la grimace. C'est aussi extraordinaire de se faufiler dans les coulisses de l'URSS et  de comprendre la vie des gens lors des purges, cela par une conversation aussi bien qu'une lettre de testament. 
Eurielle : Alors là c'est du lourd j'ai envie de dire! Ce livre est magique! J'ai été absorbée dedans ce n'est pas possible... Aah je n'arrive pas à m'exprimer! Il est excellent! J'ai aimé ces personnages, leurs histoires, toutes leurs histoires! Je me suis attachée à ces personnages, surtout Michel évidemment dans lequel je pense que nous pouvons tous un peu nous retrouver, non? J'ai beaucoup ri, crié, suis devenue folle... de ce livre. Il est riche! Il y a tant d'histoires! Maintenant, on ne peut qu'être optimiste, n'est ce pas? Hahahaha!


Si vous avez aimez Le Club des Incorrigibles Optimistes, vous aimerez :

- Le Grand Quoi de Dave Eggers qui parle aussi de l'émigration, mais aujourd'hui et du Soudan aux Etats-Unis

- Migrateur de Marlinn Maurage : Un immigré clandestin russe, Vadim, s'installe à Rennes. Son premier souci, hormis ne pas se faire arrêter par la police, est de bénéficier du statut de réfugié. Il définit ainsi sa stratégie : « Règle n°1 : me faire adopter par une fille. Règle n°2 : me faire adopter par une fille même moche. Règle n°3 me faire adopter dès ce soir. » Objectif atteint. Il rencontre Meilen, une jolie bretonne du crû. Cela suffira-t-il ? Pourra-t-il par certaines combines obtenir les (faux) papiers nécessaires ? Marylinn Maurage entraîne ses personnages dans une série de truculentes tribulations qui sont prétexte à se moquer des fest-noz, des dealers, des ventes de charité, des altermondialistes, des produits bio, etc… Le burlesque y côtoie l’émotion car, parallèlement, se développe une étonnante histoire d’amour dans laquelle une autre s’interfère plus secrètement. On comprend que ce livre qui tient de la satire sociale est une chronique de l’intégration. Elle en donne une vision réaliste.

Constance et Adrien

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 16:14

Ce que je sais de Vera Candida

de Véronique Ovaldé.

 

  










Quelques mots sur l'auteur:

Véronique Ovaldé est une mère agée de 37 ans. Jeune, elle fait des études pour travailler dans l'édition de livre afin de se rapprocher le plus près possible de son but, c'est-à-dire: l'écriture.  Mais très vite elle prend des cours de lettre par corespondance. Aujourd'hui elle travaille comme éditrice dans la maison d'édition Albin Michel. Son premier projet en tant qu'éditrice est de cette année et est Le Club des incorrigibles Optimistes de Jean-Michel Guenassia (qui a gagné le Goncourt des lycéens). Elle prend le temps d'écrire des romans entre 5h et 7h la plus part du temps. Elle aime les romans dit noirs et la littérature asiatique l'interresse. On dit souvent que ses romans ressemblent à des contes ou à des fables sans morale. Elle publie son premier livre en 2000 qui s'intitule Le sommeil des poissons,...

 

 

...puis viennent à la suite cinq autres:

-Toutes choses scintillantes en 2000


-Les hommes en général me plaisent beaucoup en 2003

-Déloger l'animal en 2005


-La très petite Zébuline en 2006

-Et mon coeur transparent en 2008

 

Le livre:

Ce que je sais de Vera Candida raconte la vie de 4 femmes. L'histoire se passe à Vatapuna, une île à consonence latino et où il fait chaud. Vera Candida est avant tout la petite fille de Rose Bustamente, ancienne prostituée devenue pêcheuse de poissons volants. Rose Bustamente est une femme a fort caractère, malgrés son « premier emploi », elle n'a jamais eu d'enfant et c'est à 40 ans qu'elle accouche de son premier, la mère de Vera Candida: Violette. Violette n'hérite pas du caractère de sa mère, elle est assez simple d'esprit et couche avec presque tous les garçons de Vatapuna. Elle enfante de Vera Candida, cette petite fille se fera battre par sa mère puis s'enfuira de l'île quand elle sera qu'elle est enceinte. Elle arrivera à Lahomeria et logera au « Palais des morrues », un centre pour jeunes filles en difficulté dirrigé par une vieille nazie. Elle accouchera d'une petite fille: Monica Rose. A Lahomeria, elle rencontrera Itzaga alias « Billy the kid », un homme pas comme les autres, doux et aimant qui a un rôle de chevalier. Ils auront une longue relation mais du jour au lendemain Vera Candida quittera tout, Itzaga et Monica Rose pour retourner à Vatapuna et se venger de son démon.

Véronique Ovaldé veut nous montrer qu'« il n'y a rien de plus difficile que d'être une femme ».C'est un conte avec des thèmes actuels. Il y a une certain brutalité dans les mots dès le début et petit à petit ces mots deviennent plus doux.

 


 

Quelques critiques des médias:

L'Express

La romancière déploie, à bride abattue, l'étonnant destin d'une lignée de filles-mères. Une saga formidable, aux accents sud-américains.Guerre des sexes, tableau social, mais aussi simple et belle histoire d'amour... traversent cette saga baroque. Un seul souhait: que Mme Ovaldé n'interrompe jamais ses rêves!

 

Livres Hebdo - Véronique Rossignol

Romancière de cette espèce peu représentée aujourd' hui qui laisse à son imaginaire la bride sur le cou, Véronique Ovaldé libère ainsi la fantaisie qui allège la violence.

Libération - Philippe Lançon

Un cliché qui en agacera plus d'un. Il y en a beaucoup dans le livre. Tropiques suants et mélancoliques. (.. .) Mais un conte vit de clichés. Il les répète et, par de petites variations, les transforme en vérités. 'Ce que je sais de Vera Candida' ? Ce qu'on m'en a dit, le soir, à l'heure du loup.

 

Avis de la classe:

Les élèves de la classe ont trouvés que c'était une lecture simple et sympatique même s'il traîte de lourds sujets tels que la violence que subissent les femmes, ou bien la pervistés, ... Ils ont aimé le côté exotique de l'histoire.

 

Avis Personnel:

La lecture est simple, avec un langage commun. J'ai aimé cette lecture. Il y a des hisoires horribles et on se dit que ça peut vraiment se passer dans la réalité! On sent que ces femmes sont comme dégoutées des hommes et surtout d'un qui fait partie à chacune de leur vie sans qu'elle le voudrait réellement et pas vraiment d'une façon agréable..
C'est assez émouvant à la fin du livre avec la tragédie de la mort... Et donc, au final j'ai aimé cette histoire!

 


Si vous avez aimé Ce que je sais de Vera Candida,

je peux vous proposé des livres de la littérature sud-américaine qui parle de femmes, des relations humaines tels que:

    -D'amour et d'ombre d'Isabel Allende

Résumé: Irène, fille de bourgeois, est la maîtresse de son fiancé de toujours, le beau capitaine Gustavo Morante. Journaliste, elle noue avec Francisco, fils d'émigrants rescapés de la guerre civile espagnole, qui travaille avec elle comme photographe, une relation d'amitié complice. Mais Irène et Francisco vont se trouver incidemment à l'origine de la révélation d'un de ces massacres politiques dont abondent les annales des dictatures d'Amérique du Sud. La répression se tourne alors contre eux... Ce qu'ils vont vivre transforme peu à peu leurs sentiments fraternels en un amour indissoluble. Passant sans cesse de l'ombre à la lumière et de l'amour à la terreur, ce second roman d'Isabel Allende fait vivre des dizaines de personnages pathétiques ou burlesques et, surtout, ces inoubliables figures de mères, d'épouses, de filles, qui font de l'auteur de La Maison aux esprits la romancière par excellence du destin des femmes latino-américaines. Voilà un beau livre, douloureux et joyeux à la fois. Sylvie Genevoix, Madame Figaro.


    


    -Dernières nouvelles de Noela Duarte de José-Manuel Fajardo

Résumé: Trois écrivains reconnus et une créature romanesque... Noela Duarte, la quarantaine, fille d’un exilé cubain, musicien, et d’une Espagnole, est une séduisante photoreporter qui parcourt le monde. Cette héroïne contemporaine n’a peur de rien et surtout pas des hommes, qu’elle envoûte, à l’instar de ce franc-tireur qui la garde en ligne de mire dans un Sarajevo en guerre. Dans six récits et autant de pays, José Manuel Fajardo, José Ovejero et Antonio Sarabia brossent le portrait d’un personnage complexe, à travers le regard de ceux qui ont traversé sa vie.


   





    -Le Ballet de la victoire de Antoni Skarmeta

Résumé: L'histoire se déroule dans le Chili d'après Pinochet, et met en scène trois personnages marginaux : Victoria Ponce, une jeune lycéenne passionnée par la danse, à la personnalité complexe et sensible, traumatisée par l'assassinat de son père sous la dictature, et dont le plus grand désir est de danser au Teatro Municipal de Santiago ; Ángel Santiago, un jeune homme d'une vingtaine d'années, rêveur, passionné et courageux, jeté en prison pour avoir volé un cheval - prison où il s'est fait violer avec le consentement du surveillant en chef, qu'il s'est juré de tuer à sa sortie ; enfin le vieux « Nico » Vergara Grey, un célèbre, mélancolique et ironique bandit, artiste des coffres-forts, qui, sortant lui aussi de prison, retrouve une liberté peut-être encore plus amère que la détention : sa femme et son fils le renient. Le jeune Santiago, en possession d'un plan génial, persuade le vieux truand de se joindre à lui pour faire le casse du siècle contre un ancien sbire de Pinochet. Lors de cette grande équipée aux échos hollywoodiens apparaissent une série de personnages secondaires aussi intéressants que les protagonistes. Mais nos deux truands devront concevoir également, pour sortir la jeune Victoria du désespoir, une autre sorte de plan. Le personnage de la jeune fille donne alors un sens nouveau à la complicité entre les deux ex-détenus. Le vieux Nico, qui avait perdu l'amour de son fils, deviendra un second père pour la jeune fille. Victoria, elle, trouvera chez le jeune homme l'amour, et un appui moral. Le roman s'achève alors qu'ils traversent la cordillère des Andes, à la recherche d'un autre pays d'accueil, d'un autre exil. Mais Angel échappera-t-il à la mort qui le guettait depuis le début du roman ?


 

Les auteurs connus de la littérature Sud Américaine sont:
 -Jorges Louis Borges pour ses recueuils de poésies tels que Le Regard de l'égnime, L'or des tigres.
 -Gabriel Garcia Marquez qui a reçu le prix nobel de littérature pour ses oeuvres comme  Chronique d'une mort annoncée , ou Cent ans de sollitude.
 -Isabelle Allende que je vous est conseillé ultérieurement pour D'amour et d'ombre.
 -
Luis Sepulveda pour Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Le Monde du bout du monde ou bien Un nom de torero.




 

Eurielle.

Si vous pensez que j'ai oublié des choses importantes, merci de me le signaler.


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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:57
  Jean-Philippe Toussaint est un écrivain et réalisateur belge de langue française né à Bruxelles le 29 Novembre 1957, diplômé de l'institut d'études politiques de Paris et titulaire d'un DES d'histoire contemporaine. En 1973, il est champion du monde junior de Scrabble. Alors qu'il n'avait jamais pensé à écrire, qu'il n'avait jamais vraiment lu, un déclic se produit, à 20 ans, soudainement: écrire s'impose. La cause de ce déclic est peut-être deux lectures rares et importantes pour lui:  "Les Films de ma Vie" de François Truffaut et "Crimes et Châtiments" de Dostoïesky, c'est après ces deux lectures, qu'il trouva sa vocation:"il lui faut écrire"! Sa première tentative: un scénario dont le championnat du monde d'échec est la base de l'histoire. En 1996, il est lauréat de la Villa Kujoyama et il obtient le Prix Médicis du roman français en 2005 pour "Fuir". Il a écrit un certain nombre de livres, tous parus aux Editions de Minuit, ses livres sont traduits en une vingtaine de langues:  Anglais, Japonais, Allemand, Italien ... et se caractérisent par un style et un récit minimaliste.
  Il a également réalisé trois films pour le cinéma: "Monsieur"(1989), "La Sévillane"(1992) et "La Patinoire"(1999).
Mais Jean-Philippe TOUSSAINT ne se contente pas d'un seul mode d'expression puisqu'il est aussi photographe et réalisateur. Le "dépouillement souriant" de ses textes est poussé à l'extrême dans ses réalisations cinématographiques.
  Il à exposé à Bruxelles et à Kyoto en tant que photographe.




Ses livres:
 -La salle de bain (1985)
 -Monsieur(1986)
 -L'appareil-photo(1988)
 -La réticence(1991)
 -La télévision(1997)
 -Autoportrait(1999)
 -Faire l'amour(2002)
 -Fuir(2005)
 -Mes bureaux(2005)
 -La mélancolie de Zidane(2006)
 -La vérité sur Marie(2009)




Jean-Philippe Toussaint appartient à un mouvement littéraire des années 1942 à 1970: Le Nouveau Roman. Ce mouvement regroupe des auteurs autour des Editions de Minuit. Le Nouveau Roman précède de quelques mois la Nouvelle Vague.
Le Nouveau Roman rejette l'idée d'intrigue, de portraits psychologiques et même de la nécéssité de personnages. Repoussant les conventions traditionnelles de Balzac ou de Zola, le Nouveau Roman se veut un art conscient de lui-même. L'intrigue et le personnage, qui étaient la base de toute fiction, s'estompent au second plan.
Le Nouveau Roman a été défini ainsi : "le roman n'est plus l'écriture d'une aventure, mais l'aventure d'une écriture"

Il faut savoir que "la vérité sur Marie" est le troisième livre d'une trilogie.Une trilogie qui commence par "faire l'amour" ensuite il y a "Fuir" et enfin "la vérité sur Marie".Une trilogie sur Marie, personnage féminin insaisissable, excitant et mystérieux, dont on pense enfin avec ce dernier ouvrage, connaitre ses secrets, sa vérité.
   Dans ce livre il y a d'abord le désir, le sexe, ensuite la fièvre et les tournements.Enfin l'incendie et la sérénité.Trois moments qui font l'acte sexuel, ses préliminaires et sa prospérité.
   Sa trilogie n'est finalement que des tableaux, des situations exposant des relations amoureuses.
   "Faire l'amour" est l'histoire d'un couple qui se trouve en rupture amoureuse. En voyage au Japon, ils souffrent du décalage horaire, de la fatigue et de leur relation. C'est surtout l'homme qui veut en finir et il ne voit pas comment il va le faire sans blesser Marie. Mais il realise aussi qu'il ne peut plus rester avec elle.Marie étant invitée comme artiste pour participer à une exposition, il profite de l'engagement de celle-ci et s'enfuit à Kyoto voir un ami.En revenant à Tokyo ils vont tourner tous les deux la page.
   "Fuir" est la suite de "faire l'amour", le narrateur se rend à Shanghai remettre une enveloppe que lui confie Marie, conceptrice de mode. Il doit la remettre à Zhang, le contact de Marie en Chine. Celui-ci offre au narrateur un téléphone portable pour qu'il puisse joindre Marie en France. Il se trouve alors trimbalé dans Shanghai, puis dans le train, puis dans Pékin...
  L'écriture de Toussaint est visuelle, cinématographique. Il écrit le mouvement, il écrit la lumière, les couleurs. Le dynamisme, le mouvement, les déplacements sont emblématique de notre époque. Dans "Fuir", le téléphone portable est vu comme le moyen de transport absolu.
 Et enfin " la vérité sur Marie" le dernier roman de cette trilogie, c'est l'histoire d'un couple, le narrateur et Marie.Marie  d'un coté le narrateur de l'autre.Marie est avec son amant, nommé Jean-Christophe de G( du moins c'est ce que pense le narrateur), au moment ou cet amant a une crise cardiaque. Cet évènement rapproche l'ex-couple...Pour en savoir davantage livre le livre!

  Globalement ce livre n'a pas plu, mème si un grand nombre d'élèves trouve sa lecture facile, simple et rapide.Les élèves l'ont trouvé particulièrement ennuyeux, avec des passages et des descriptions inutiles, et que le livre n'a aucun interet! Désolé Jean-Philippe TOUSSAINT votre livre n'a, à J.Loth, eu aucun succès!!!


                                                                                                                                                                                                        Emma Et Ewana
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 21:34

Pour L'Homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino:

 

   -Le cyclisme (ex: Midi Libre 2001)
   -Petit dossier sur les suicides en France

   -Petit dossier sur l'adoption; toujours en France                                                     

Par Marie.G

 

Pour Trois Femmes Puissantes de Marie NDIAYE :

- Parler d'un autre livre qui a un rapport avec Trois Femmes Puissantes (tel que Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé, Contours du jour qui vient de Léonora Miano (Goncourt des Lycéens 2006) ...)

- La situation des femmes en Afrique.

Par Léa & Dana

Pour La vérité sur Maire de Jean-Philipe Toussaint
- étant donné que l'on peut dire que ce livre est écrit d'une façon "moderne", il y a une possibilité de prolongement avec le genre littéraire du Nouveau Roman
-Il y a également une possibilité de prolongement a partir de la trilogie, dont "la vérité sur Maire" en fait partie.

Ewana et Emma

Pour la lumière et l'oubli de Serge Mestre :

- Possibilité de prolongement sur la guerre civile Espagnole.

Clémence & Marion


Pour Des Hommes de Laurent Mauvignier: 

-
Prolongement sur la guerre d'Algérie
Nolwenn



Pour Alias Caracalla de D. Cordier :
- biographie de Jean Moulin
- les acteurs de la résistance
Elodie & Thomas


Pour Jean Karski d'Yannick Haenel :

Guillaume
  • Film de Claude Lanzmann : Shoah
  • Histoire de la Pologne pendant la 2nde GM
  • Histoire de la Résistance polonaise
  • Responsabilité des Alliés dans la Shoah.
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:59

Nom de l’auteur et titre du livre

Nom de(s) l’élève(s)

 

Edem AWUMEY , Les pieds sales

 

  Maxime

 

Sorj CHALANDON ,

La légende de nos pères

 

  Thomas, Elodie, Florian

 

Yann, Bérénice, Marie

 

Daniel CORDIER , Alias Caracalla

 

Constance 

Glenn

 

David FOENKINOS, La délicatesse

 

  Clémence, Nolwenn, alexandra

Solène, Louri, Typhaine F, Aurélie, Hélène, Chloé

 

Eric FOTTORINO,

L’homme qui m’aimait tout bas

  Marion, Virginie, Pauline , Marie.N

Xavier

 

J.-M. GUENASSIA,

Le club  des incorrigibles optimistes

Elise, Adrien, Guillaume

 

Yannick HAENEL, Jan Karsky

 

  Alan

 

Justine LÉVY, Mauvaise fille

 

  Léonie -  Léa - Dana- Marie G.

Maëlla, Tiphaine G, Clément, Mélanie

 

Laurent MAUVIGNIER, Des hommes

 

 

 

Serge MESTRE, La lumière et l’oubli

 

 

 

Marie N’DIAYE, Trois femmes puissantes

 

 

 

Véronique OVALDÉ,

Ce que je sais de Vera Candida

 

 

Jean-Philippe TOUSSAINT,

La vérité sur Marie

  Greg, Marie

 

Delphine DE VIGAN,

Les heures souterraines

  Emma, Eurielle et Ewana

Ronan, Tangi, Amélie, Morgane

 

 

Inscrivez-vous - 4 élèves maximum : Il s'agit de choisir le livre que vous souhaitez soutenir à l'oral ( présentation du livre ; avis critique, vous fondant sur des critères et des exemples précis => pour vous aider, voir les critères établis à partir de la "grille de lectrue" + le document "présenter un roman du Goncourt"

 

L'oral aura lieu de diverses façons : 1) à Carhaix (mais tout le monde ne pourra pas passer, vraisemblablement) ; 2) devant les lectures adultes du Lycée Loth ; 3) lors d'un enregistrement radio.

 

Vous êtes libres d'indiquer quelles sont vos préférences, certes. Mais : 1) vous "y passerez" toutes et tous (qu'on se le dise ... ^^ ) ; 2) cela fera l'objet d'une note ; 3) je sais que cela peut faire peur, mais c'est justement en sachant surmonter ses peurs qu'on devient meilleur(e) (cela fait partie de l'apprentissage, en somme !... )

Alors AU TRAVAIL ET BON COURAGE  (il en faut !...)

 

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 13:38
- Présentations de l'auteur, du livre ( les thèmes ; pourquoi ce titre ; la composition ; le style)

- Avis personnel(s) et synthèse des autres avis

- Prolongements : à partir des thèmes ; qu'est-ce qui nécessite quelques explications ?

- Illustrations : penser à ce qui pourrait illustrer le roman, en dehors d'une photo de l'auteur et du livre (et n'oubliez pas que j'avais demandé une "photo-mise en scène" : prendre le livre en photo, en l'accompagnant d'objets (ou ce que vous voulez d'autres) qui mettraient en lumière  / en contexte certains aspects du texte. Bref, une image libre et créative.
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  • : Le blog des 1ères ES2 et S2 de Loth 2013-2014
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