Jeudi 17 novembre 2011
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Courte présentation de l'auteur: Tours-1799, Paris-1850, écrivain français. Il est l'auteur de la Comédie Humaine, qui, à partir de 1842, rassembla en plusieurs séries des romans formant une
fresque de la société française de la Révolution à la fin de la monarchie de Juillet. Plus de 2000 personnages composent une société hantée par le pouvoir de l'argent et de la presse, livrée à des
passions dévorantes, et que décrivent ces 90 romans classés en Études de mœurs, Études philosophiques et Études analytiques. Les principaux sont : Gobseck (1830), la Peau du chagrin (1831), le
Colonel Chabert (1832), le Médecin de campagne et Eugénie Grandet (1833), le Père Goriot (1834-1835), la Recherche de l'absolu (1834), le Lys dans la vallée (1835), César Birotteau (1837),
Illusions perdues (1837-1843), Splendeurs et misères des courtisanes (1838-1847), la Rabouilleuse (1842), les Paysans (1844), la Cousine Bette (1846), le Cousin Pons (1847).On doit également à
Balzac des contes (Contes drolatiques, 1832-1837) et des pièces de théâtre ( le Faiseur, 1853). Pourquoi ce titre ? On peut qualifier ce titre de titre éponyme car Eugénie Grandet nous parait être
le personnage principal même si son père prend une place importante dans le roman (surtout dans la première partie). Pour quelle composition ? Le préambule et l'épilogue de la version originale
ainsi que les chapitres ont étés supprimés. Les notes en bas de page nous rappellent où débutaient les chapitres dans la première édition. Quelle(s) intrigue(s) ? Les histoires d'amour d'Eugénie,
ainsi que la guerre entre deux familles : les Cruchots et les des Grassins pour obtenir sa main mais aussi les spéculations de monsieur Grandet ( l'histoire d'un fortuné) sont les principales
intrigues qui se développent dans ce roman. Quels thèmes principaux ? Les thèmes principaux sont l'amour naïf entre deux êtres candides : Eugénie et son cousin Charles et l'argent/l'avarice qui en
est même une religion pour monsieur Grandet Dans quel(s) contexte(s) ? L'histoire se passe en province à Saumur et commence pendant la période de la Révolution de 1789 ( p 61): (« il était en
1789 un maître tonnelier fort à son aise[...] ») puis le Consulat ( p 62) où il « devint maire, administra sagement, vendangea mieux encore; ») puis sous l'Empire (p 62)
« Napoléon n'aimait pas les républicains : il remplaça monsieur Grandet, qui passait pour avoir porté le bonnet rouge, par un grand propriétaire, un homme à particule, un futur baron de
l'Empire. Monsieur Grandet quitta les honneurs municipaux sans aucun regret . Il avait fait faire dans l'intérêt de la ville d'excellents chemins qui menaient à ses propriétés. » ( p62) puis
finit sous la Restauration. Quels personnages ? Eugénie Grandet : Une longue description (p113) nous décrit Eugénie Grandet « grande et forte, n'ayant donc rien de joli qui plaît aux masses ;
mais elle était belle de cette beauté si facile à reconnaître, et dont s'éprennent seulement les artistes. » En effet le narrateur fait référence à La Vénus de Milo et de « son front
masculin mais délicat » du Jupiter de Phidias (p 113) on fait donc opposition entre le beau et le laid. Mais ce n'est pas pour le physique d'Eugénie que les deux familles : Cruchot et des
Grassins s'opposent pour pouvoir épouser Eugénie, elle est au centre des convoitises car elle est la fille d'un riche vigneron de Saumur. La vie d'Eugénie est très ennuyeuse, elle vit recluse dans
une maison vétuste malgré la richesse de son père et dont les règles de vie sont dirigées par celui-ci et lorsque celui qu'elle aime c'est à dire son cousin Charles part aux Indes refaire fortune,
elle ne peut que le suivre pendant des années sur une mappemonde dans sa chambre, elle finira seule, vielle fille et veuve de Monsieur de Bonfons et héritière de la fortune de son père sans savoir
quoi en faire (p226 : « Pour elle, la fortune n'était ni un pouvoir ni une consolation ; elle ne pouvait exister que par l'amour, par la religion, par sa foi dans l'avenir »). Elle est
toujours condamnée à attendre soit Charles pendant des années d'où la référence à Pénélope attendant le retour d'Ulysse au pays, puis la mort : la dernière phrase de sa mère sur son lit de mort
étant « il n'y a de bonheur que dans le ciel, tu le sauras un jour » (p219) et lorsqu'elle apprend que Charles va se marier avec la fille du comte d'Aubrion elle déclare : « Ma mère
avait raison, dit-elle en pleurant. Souffrir et mourir » (p239). C'est aussi une fille naïve qui croit à la promesse d'amour de son cousin avant qu'il ne parte aux Indes, et qui continue des
années après à ne pas trahir cette promesse jusqu'à son retour alors que son cousin l'oublie très rapidement et se marie avec la fille du comte d'Aubrion. Félix Grandet: Père d'Eugénie Grandet, il
est un vieux vigneron, devenu un bourgeois de province grâce à la spéculation. A la page 68, sa description fait référence à un « nez, gros par le bout », orné « d'une loupe veinée
que le vulgaire disait, non sans raison, pleine de malice ». Grandet est le plus riche de Saumur, il possède de nombreux domaines (p63) et acquiert un titre celui de monsieur puis sous
l'empire celui du plus imposé, il est donc très respecté par les habitants de Saumur. Grandet est comparé à un boa (p 64) qui « savait se coucher, se blottir, envisager longtemps sa proie,
sauter dessus, puis il ouvrait la gueule de sa bourse, y engloutissait une charge d'écus, et se couchait tranquillement, comme le serpent qui digère, impassible, froid, méthodique. »ou à un
basilic : « ses yeux avaient l'expression calme et dévoratrice que le peuple accorde au basilic ». Cette métaphore nous décrit Grandet comme quelqu'un d'avare et d'ambitieux, qui calcule
ses ambitions longuement dans son « laboratoire » et dirige sa maison avec ses propres règles (exemple: seuls « six habitants avaient le droit de venir dans la maison . [...] »
(p 68)) Nanon : domestique de la maison Grandet est décrite (p75) comme une « femelle taillée en Hercule, plantée sur ses pieds comme un chêne de soixante ans suer ses racines, forte des
hanches, carrée du dos, ayant les mains de charretier et une probité rigoureuse comme l'était son intacte vertu. » elle devient la grande confidente d'Eugénie après la mort de la mère de
celle-ci. Charles Grandet : Arrivant de Paris, après la mort et la faillite de son père, il fait grande impression chez monsieur Grandet et plus particulièrement chez Eugénie qui tombe sous le
charme du « beau jeune homme de vingt-deux ans » (p 90), c'est un Parisien très coquet (« un coiffeur venait de lui refriser ses beaux cheveux châtains ; »(page 92)) qui aime
être à la mode et être regardé. Il tombe amoureux de sa cousine Eugénie et lui fait la promesse de l'épouser lorsqu'il reviendra des Indes où il est partit faire fortune. Durant les années qui
suivirent il fit effectivement fortune notamment grâce à la traite des nègres et il revient en n'ayant oublié la promesse qu'il avait fait à Eugénie et en se mariant avec la fille d'un riche duc,
il envoie tout de même une lettre à Eugénie disant qu'il préférait assurer son avenir en épousant quelqu'un de riche qu'Eugénie qui pense n'être qu'une petite provinciale alors que plus tard il
apprendra qu'Eugénie a hérité de dix-sept millions de francs. En quoi ce roman est-il (ou non) réaliste / naturaliste ? Ce roman est réaliste car il décrit la vie monotone de bourgeois provinciaux
de de ses insignifiances . La vie de routine dictée et ritualisée par les règles de monsieur Grandet d'Eugénie de sa mère et de Nanon (exemple/ Grandet décide qu'on ne fait du feu qu'entre le 1er
novembre jusqu'au 1er mars même si des gelées persistent afin d'économiser le bois et les femmes cherchent durant leur journée la chaleur dans la maison, seule l'arrivée de Charles bouscule la vie
d'Eugénie qui commence à désobéir à son père mais quand celui découvre qu'elle a donné toutes ses économies à Charles pour qu'il puisse entreprendre une nouvelle vie aux Indes, Grandet recommence
alors à exercer sur sa fille une autorité tyrannique et la vie d'Eugénie redevient aussi monotone qu'avant même après la mort de ses deux parents en effet elle finit veuve et vielle fille.
Quelle(s) visions du monde ? La vision du monde fournie par Eugénie est celle que sa mère lui a dite avant de mourir: « il n'y a de bonheur que dans le ciel » il faut donc pendant toute
sa vie « souffrir et mourir » attendre la mort en espérant un monde meilleur (pensée romantique) et même si après la mort de son père elle devient héritière de dix-sept millions de
francs, « Pour elle, la fortune n'était ni un pouvoir ni une consolation ; elle ne pouvait exister que par l'amour, par la religion, par sa foi dans l'avenir », elle n'a vécu que pour
Charles en l'attendant pendant des années comme pour Pénélope avec Ulysse et ne se remet pas de la trahison de celui-ci. Avis personnel Les longues attentes d'Eugénie ainsi que la vie de son père
ne reposant que sur l'argent rendent ce roman long, plat et assez ennuyeux mais il y a certains aspects comiques comme la naïveté des habitants de Saumur et de la famille de Grandet qui pensent
qu'il est un homme généreux alors qu'il ne donne qu'une pièce à sa fille ou à sa femme lors des anniversaires ou en cas d'extrême nécessité, Nanon reçoit la montre dont Grandet voulait se
débarrasser comme un trésor inestimable et les habitants ne se rendent pas compte qu'ils se font dévorer par le « Boa » Grandet.