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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 09:34

LECTURE ANALYTIQUE N° 2 : L’ARRIVÉE DE L’ANDERER

 racontée par Brodeck à travers le témoignage de Gunther Beckenfür   :

 

de « Il pouvait être cinq heures, cinq heures et demie ... » (p.60) à «  « oui, un magnifique pays … » » ( 64 ).

 

PRÉSENTATION :

 

- Depuis le début du roman (cf LA 1) , Brodeck promet qu’il va parler de l’histoire de l’Anderer ; mais il n’en a pas encore vraiment parler (à parler des conditions dans lesquelles on lui a demandé d’écrire (chp I et II), de la vie dans les Camps (chp III), de son voisin Göbler (chp IV) et du maire Orschwir (chp IV et V), de la mère Pitz (chp VI). Il faut attendre le chapitre VII pour qu’il revienne sur l’Anderer et sur son arrivée au village.

 

- Mais Brodeck n’a pas vu lui-même l’Anderer arriver au village èpour la raconter, il doit faire appel à des témoignages directs

 

- le 1er de ces témoignages est celui de Gunther Beckenfûr (personnage que nous découvrons dans ce passage)

 

- Brodeck rapporte précisément comment il a « enregistré » fidèlement (sur un carnet) les propos de GB,

 

- et il les restitue ici, en alternance avec ses propres interventions.

 

 

PROBLÉMATIQUE : (Comment) Deux voix qui s’entremêlent pour parler de l’arrivée de l’Anderer (de façon à la fois complémentaire et différente) ( ?)

 

I / Comment se met en place le témoignage de Gunther Beckenfür ?

 

1)      Composition du passage : récit de Brodeck (sans guillemet) ; discours de Gunther (avec guillemets)

 

- alternance entre récit de Brodeck et discours de GB : se différencie par la présence (ou non de guillemets) èdiscours direct

è èle « Je » change d’identité : sans guillemet = Brodeck (GB = « il ») ; avec guillemet = GB è délégation narrative

- 9 paragraphes

- un seul paragraphe est ambigu : le § 8 è pas de guillemet, mais Bodeck rapporte les propos de GB (« paraît-il ») è discours indirect libre.

- plusieurs temps verbaux : temps du passé (imparfait, passé simple ; passé composé) + présent (d’énonciation ; § 3) : dans ce § Brodeck précise bien qu’il rapporte fidèlement les propos de GB (« je dis bien tous les mots » ll 26-27)

 

 

 

 

 

2)      Que nous apprend le discours de Gunther ?

 

- Comment l’Anderer est arrivé avec son équipage : rythme lent (l 24 et l 41)

- D’où il arrive (« la route de la guerre » l 52)

- Il fait une description (subjective et péjorative) de l’Anderer et de son attirail

- Il décrit également les 2 animaux qui l’accompagnent

- puis il raconte comment l’Anderer est arrivé jusqu’à lui et est descendu de cheval

 

è expose les faits, mais en y apportant un point de vue particulier (« c’était un peu humain, tout de même, cette affaire-là (l 49) ; « comme une apparition d’une autre époque » (l 69) )

+ y ajoute ses propres réflexions (« cette putain de chiure de merde de route » (ll 52-53) )

è récit dynamique, vivant, parfois imagé.

 

3)      Quelle idée se fait-on du personnage de Gunther à travers ce discours ?

 

- on sait que c’est un berger (« son abri de berger » (l 19)

- Brodeck nous le présente en activité : le jour de l’arrivée de l’Anderer (« occupé à rafistoler le toit… » (l 19), mais aussi le jour où il se rend chez lui pour recueillir ses propos (« il mâchouille une cigarette » (l 28) ; « Il m’a servi un verre de bière » (l 27)

- discours (et niveau de langue) plutôt familier : il tient des propos grossiers par moment (l 52 ; l 58 ; l 60), parfois juste familiers (« cette affaire-là » (l 49) ; « attifé comme on ne fait plus » (l 70) )

- quand ils se font violents, ses propos traduisent une émotion forte (et incontrôlée) : ll 59-60 ; ll 52-54.

 

è un personnage un peu simple, familier, un peu violent dans ses propos, mais plutôt sympathique. N’aime pas les Fratergekeime, et d’emblée, n’aime pas l’Anderer, qu’il juge ridicule (et un peu inquiétant) (voir + loin pour approfondissement)

 

II /  Qu’apportent les interventions  de Brodeck ?

 

è des digressions de natures variées :

 

1)      Apporter des précisions (complémentaires) sur l’arrivée de l’Anderer

 

- dès la l 1 (et 2) ; § 2 également ; § 8 (mais disc ind libre è rapporte ici (librement) les propos de GB)

 

2) Préciser les conditions dans lesquelles Brodeck a recueilli le témoignage de GB

 § 3 ètrès précis, ici ; jusque dans les détails : la cigarette (l 28) ; le vieux père (ll 31-32) ; la neige dehors (ll 35-37)

è ces détails fonctionnent à la fois comme effets de réel (précis, donc « vrais ») et comme volonté de Brodeck de prouver qu’il a une bonne mémoire (et que ce témoignage l’a profondément marqué, dans ses moindres aspects)

 

2)      Ajouter des réflexions personnelles

§§ 6-7 surtout : les chevaux tués èsigne de misère,  mais aussi de barbarie èretour en arrière de l’humanité (§ 7) ;  régression de la civilisation.

 

4) Des envolées lyriques (inhabituelles chez Brodeck)

 

§ 1 : en décrivant le paysage, Brodeck se fait soudain poète : inhabituel ; utilise des métaphores (« le soir venait sur la pointe des pieds » (ll 3-4) ; « quelques pelages de neige » (l 13)

- § 3 : même chose (« dont la neuve blancheur aveugle » (l 37) + personnification (« en curieuse » (l 38), « effarouchée » (l 40) et comparaison (l 39)

 

è contraste saisissant entre les propos familiers et grossiers de GB, et les digressions poétiques de Brodeck : comme pour compenser, mais aussi compléter ècontre-point (les 2 voix sont très disctinctes l’une de l’autre)

 

III / Comment perçoit-on le personnage de l’Anderer dans ce passage ?

 

1)      étranger inconnu

 

- « Ça allait «  (l 24) , « Ça avançait » (l 41) + l 49 è au départ, même pas reconnu par Cathor -comme un être humain (è jamais vu)

- arrive « de là-bas, de chez les Fratergekeime » (l 57) = route que plus personne « d’ici » n’emprunte

- possède un cheval (alors que plus personne n’en possède)

 

è autant d’éléments qui ne jouent aps en sa faveur : GB (qui représente ici les habitants du village) les perçoit de façon négative ; rappelle de mauvais souvenirs, attachés à la misère et au malheur subits durant la guerre.

 

2)      étrange et mystérieux (èinquiétant)

 

- « voir si je ne rêvais pas » (l 44)

- procure « un vrai frisson, et pas de froid » (ll 50-51)

- « apparition » (l 68 et l 96)

- « génie » (l 107)

- Teufeleuzeit (l 108) : Teufeil = diable ; Zeit = temps (comme un diable maître du temps)

 

3)      grotesque

- « Ça allait «  (l 24) , « Ça avançait » (l 41) è désigné, au départ, comme une chose plus que comme un homme (péjoratif) ; « bonhomme » (l 41) , « ce drôle de gaillard » (l 125)

- « apparition d’une autre époque » (ll 68-69) ; « personnage de foire » (l 70) ; « drôle de chapeau en forme de melon » (l 112) ; « vêtement d’opérette » (l 119)

- « Il avait comme un vrai ballon à la place du visage » (ll 121-122) ; « le ventre qu’il avait foutrement rebondi » (ll 117-118)

 

è personnage, grotesque, burlesque : peut faire penser à un clown. Mais aussi à un artiste

 

 

4)      Un personnage « romanesque » ?

 

- quelque chose d’invraisemblable

- semble sortir de nulle part (comme une apparition)

- parle aux animaux qui l’accompagnent

- personnage de foire, vêtement d’opérette

 

è apparu comme par enchantement (mais un enchantement qui fait peur ; dont on se méfie) et disparu mystérieusement (à cause de l’Ereignies)

 

 

è è Pour évoquer l’arrivée de l’Anderer au village, Brodeck cède la parole  un autre personnage, Gunther Beckenfür. Mais cette parole, il semble vouloir la reprendre constamment, pour apporter des précisions ou ses réflexions personnelles. Comme s’il voulait prendre ses distances avec le récit, mais à la fois montrer que c’est bien lui qui en garde le contrôle.

- fournit un texte à deux voix (polyphonique) qui s’entremêlent sans se confondre : l’une se fait poétique par moments, et l’autre parfois grossière.

- nous montre un autre point de vue sur l’Anderer, où se mêle moquerie, méfiance, et même peur : son arrivée même fait rejaillir de mauvais souvenirs (douloureux et encore récents).

- Ce que GB pense de lui, on comprend bien que c’est ce que penseront aussi les autres habitants du villages : l’Anderer n’ai pas le bienvenu au village (on y aime ni les étrangers, ni les artistes bohèmes, vagabonds rêveurs solitaires et incompris)

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