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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 14:10

Pistes d'étude :

 

è Des portraits révélateurs

 

- è des êtres : visions des hommes ( = plusieurs personnages importants du récit)

 

è des lieux ( = plusieurs lieux marqués par une histoire particulière ds le récit )

 

è = des « clés de lecture » pour mieux comprendre le récit ?

 

I/ Ce que les tableaux révèlent des personnages

 

1)      Le choc émotionnel qui engendre la révélation

 

-  B éprouve un vertige, se sent mal : « je chancelais, ma tête tournait » (11) è sensation de vertige. Repères  habituels bouleversés. Remise en question, découverte brusque, trop rapide. Un nvel horizon s'ouvre. Mystères révélés d'un coup provoque un choc.

- Accumulations, énumérations qui évoquent à quel point ces tableaux expriment une multitude de choses, et résonnent en B (cf les accumulations concernant les portraits  14-24). C'est cette avalanche de révélations qui provoque le vertige.

- Ponctuation expressive : => « Et puis il y avait les paysages ! » (29) mis en valeur car 1ère phrase du paragraphe et tournure orale (bcp d'oralité ds ce passage comme dans l'oe entière qui incite le lecteur  à croire ce que B nous raconte car ressemble à un témoignage qui se fait sous nos yeux, spontané...),

Diodème est dans le même état (c'est lui qui a incité B à regarder autrement les tableaux : cf les 1ères phrases de l'extrait) : « pétrifié ». Il a fallu que je dise 3 fois son nom pour qu'il se détourne un peu et me regarde » (59-61). Face à son propre suicide à venir...

 

2)      Une « lecture » particulière des tableaux

 

« doublure des mots » « imagination qui court » (2-3)

Pt de vue, regard différent et les tableaux deviennent vivants. Les sujets des verbes d'action sont les tableaux, donc immobiles et muets.

=> ils bougent : « les paysages se mirent à s'animer » (8) ; ils parlent : « et les visages racontèrent les secrets racontèrent les secrets et les tourments.... » (8-10)

Pt de vue différent : « si on inclinait un peu la tête pour le regarder en biais, on s'aperçevait alors » (44-45), « pour peu qu'on fronce un peu les paupières » (50) « si on le regardait un peu ce gauche » (13-14) / « si on le prenait un peu de droite » (16). Ces 2 points de vue s'opposent géographiquement (gauche / droite) et sur le plan de l'interprétation : « Göbbler visage d'un homme souriant, aux yeux lointains, aux traits paisibles » (14-15) / « les mêmes lignes fixaient les expressions de la bouche, du regard du front dans un rictus fielleux, une sorte d'horrible grimace, hautaine et cruelle » (16-19)

Opposition entre le lexique valorisant (adj) et dévalorisant. Registre épidictique (éloge et blâme)

 

3)      Ce qui est révélé

 

Tableaux révèlent l'horreur des âmes des villageois : « les portraits agissaient comme des révélateurs merveilleux qui amenaient à la lumière les vérités profondes des êtres » (25-28). L'adj « merveilleux » évoque une réalité qui n'est pas la nôtre, une autre dimension de la réalité. Ces tableaux ont une sorte de pouvoir magique, surnaturel. Ils permettent de voir ce qui d'habitude est invisible. Et leur fonction est d'éclairer ce qui habituellement est obscur, de mettre au jour, révéler ce qui habituellement est caché, cad ce que l'on ressent, ce que l'on est au + profond de nous.

- Nbx adj dévalorisants, laideur physique et morale.

- CL de la violence : « cruelle  pour Göbbler (19), « violences, actions sanglantes, gestes irréparables » pour Dorcha (21-22), « la rage » (23) pour Vertenhau => « on aurait cru une galerie d'écorchés » (28). Ces personnages ressemblent à des monstres.

 

è prise de conscience de la laideur des villageois derrière la beauté de l’œuvre è rejet, dégoût et fascination.

 

II / Ce que les tableaux de paysages révèlent

 

1)      Le langage des dessins : une parole éloquente et dénonciatrice

 

-                     les paysages « devenaient parlants » ; on sait ce que la parole a de meurtrier pour B (extrait 1 et 2)

-                     ils « racontaient […] portaient les traces […] témoignaient » è personnification, verbes d’action par la parole.

-                     Et en conclusion, explicitement : « ils disaient des choses qui n’auraient jamais dû être dites, ils révélaient des vérités qu’on avait étouffées ».

 

 

2)                 Les dessins évoquent les lieux où se sont déroulés les drames

 

-                     1er : la décapitation de Cathor sur la place de l’église, avec la porte ouverte de la grange d’Otto Mischenbaum, lieu du viol et du crime des Fratergekeime et d’Emelia

-                     2ème : le Baptisterbrücke  et ses saules, sous lesquels les trois jeunes filles sont enterrées.

-                     3ème : La clairière du Lichmal, où elles ont été découvertes terrorisées

-                     4ème : Les rochers de Tizenthal, desquels Diodème va se jeter plus tard dans la Staubi, rongé par le remords.

è lieux associés à des mises à mort, témoins des exactions plus ou moins directes des villageois qui participent à l’exposition

 

3)      Une progression dans la révélation : du plus explicite au plus allusif

1er : représentation du sang de Cathor : « une tache d’encre placée à l’endroit même de l’exécution »

puis « portes closes » : à la fois représentation de la réalité (les villageois qui se terrent) et symbolique (lâcheté des villageois) ; porte ouverte de la grange : symbolique aussi du viol (porte = ventre ouvert, déchiré)

2ème : la représentation n’est pas immédiate : « « si on inclinait un peu la tête pour le regarder en biais »

3ème : même chose : « pour peu qu’on fronce un peu les paupières » è langage pour initiés, il faut entrer dans le dessin pour accéder au message.

4ème : représentation d’un fait non encore advenu (futur suicide).

- Caractère surnaturel : « les évènements qu'ils suggéraient ne s'étaient pas encore déroulés » (53-54) : l'Anderer connaît-il l'avenir, est-il de ce monde ?

 

è la découverte des paysages s’opère selon une tension dramatique de plus en plus grande

 

 

III / Une révélation pour le lecteur : fournit des clés pour lire l’œuvre autrement

 

1)                 Les deux guides de Brodeck (et du lecteur) : Diodème (l’écrivain) et l’Anderer (l’artiste)

 

Diodème

-                     le seul personnage avec lequel B communique (style direct)

-                     écrivain : accès à la puissance créatrice des mots écrits, « regardait toujours dans la doublure des mots », p. 324. Ici, il est seul à voir quelque chose là où B ne voit rien : « bêtes rochers », « sans histoire ni légende », contrairement aux autre paysages.

-                     Seul face à son destin, ne peut partager avec B : « des choses, des choses… », expression évasive par excellence.

-                     Effet d’annonce : « comme une borne dans un champ », « pétrifié », une comparaison et une métaphore qui associent Diodème aux rochers, annonçant sa mort prochaine. + phrases très courtes, un seul mot même (« Pétrifié. ») è mort annoncée, là aussi.

 

L’Anderer

 

- pas présent durant la scène (retiré dans sa chambre), mais omniprésent à travers ses tableaux médium è parle indirectement à B et au lecteur

- passage des mots (notes sur le carnet) à l’image, dont la puissance d’évocation est sans doute plus forte

 

2)      Une écriture révélatrice aussi de l’enjeu des dessins

 

L’émotion de B, la violence de l’expérience et l’importance de son enjeu sont révélées aussi par l’écriture adoptés par Claudel :

-                     rythme ternaire (marque la solennité des propos, leur donne de l’emphase), p. ex : 3 formulations sur le côté anodin des paysages (« ça n’a l’air… / ça ne dit rien / Au mieux, ça nous renvoie… ») avec reprise anaphorique du « ça » apparemment dépréciatif. Puis formulation de leur force : 3 fois « Ils + verbe »

annonce des « trois » visages des jeunes filles martyres.

-                     Variation dans la longueur des phrases : d’abord des phrases courtes – écriture minimale, orale, dépourvue de sentiment explicité (début), puis des phrases longues, voire très longues, dans la description des paysages

 

 

3)      Une clé de lecture pour l’ensemble de l’œuvre

 

-  Il s'agit donc d'une véritable leçon, d'un manuel à l'usage des spectateurs, lecteurs, etc... L'art dit bien plus que ce qu'il a l'air de dire. Il agit comme un révélateur, met en lumière, éclaire ce qui apparaissait obscure et permet de nous transformer : Brodeck ne sortira pas indemne de cette confrontation et le vernissage marque une étape importante dans l'affirmation de lui-même. Cf aussi Diodème lui-même confronté à sa propre culpabilité, son propre côté obscur ; il est « pétrifié » (cf l'Anderer-miroir : le spectateur de ses tableaux se retrouve face à lui-même : parfois difficile de se supporter « se regarder en face », « se retrouver seul devant sa glace »)

 

Conclusion

-                     une scène cruciale : B la relate avec une émotion inusitée dans le roman.

-                     Elle agit comme un révélateur, pour B comme pour le lecteur

-                     Elle éclaire l’A : une intervention surnaturelle justicière, destinée à révéler l’atroce vérité sur les gens et les choses.

-                     Scène cruciale aussi parce qu’elle va déclencher la folie meurtrière des villageois qui passeront à l’acte quelques jours plus tard, d’abord sur l’âne et le cheval, puis sur l’A lui-même.

-                     Elle dénonce (et enclenche la violence) : L’Art / la Vérité peut être insupportable à l’homme commun.

Lecture analytique du Chap XXXIV du Rapport de Brodeck :

de « C’était peut-être sa manie des romans qui faisait que Diodème regardait toujours dans la doublure des mots … » (324) à « ils révélaient des vérités qu’on avait étouffées. » (326) 

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