Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 11:31

Présentation  - extrait de La controverse de Valladolid

 

 

La controverse n’a pas vraiment existé : pas sous forme de procès ; pas de face-à-face, mais plutôt échanges indirects, à la demande de Charles Quint, en 1550.

Voir le préambule de JC Carrière intitulé « Note » : « La vérité que je cherche dans le récit n’est pas historique mais dramatique »

Mais il insiste sur le fait que les arguments utilisés, ainsi que les « considérations théologiques, raciales et culturelles » sont exactes.

De même les 2 principaux protagonistes ont existé (mais pas le légat)

 

LAS CASAS (1474 – 1566) : défenseur des Indiens célèbre à son époque ; ne laisse personne indifférent. Son œuvre maîtresse, L’Histoire des Indes n’a été traduite dans son intégralité qu’en 2002.

Son père s’était embarqué ds la 2ème expédition de Colomb en 1493 ; lui-même part pour la 1ère fois à 28 ans (en 1502). Au départ, ne fait pas preuve d’une grande conscience humanitaire, puis se convertit à la défense des Indiens (en 1514) et dénonce le système des encomienda (riches propriétés acquises par les Conquistadors grâce au Roi d’Espagne). Présente sa Très Brève Relation de la destruction des Indes au Conseil des Indes en 1540.

Ne retournera plus en Inde après 1547. En 1549-1550, mène campagne contre les thèses de Sépulvéda.

Entame en 1552 une gigantesque somme, L’Histoire des Indes ; ses manuscrits ne seront édités pour la 1ère fois qu’en 1909.

 

SÉPULVÉDA (1490 – 1573) : né à Cordoue. Séjourne en Italie entre 1515 et 1536 ; études à Bologne. Dogmatique et conservateur : attaques virulentes contre Luther et ses partisans. Admire Oviedo, auteur de L’Histoire générale des Indes, qui y affiche son orgueil nationaliste et son profond mépris pour les Indiens barbares.

Travaille à une traduction d’Aristote, à la cour pontificale, de 1523 à 1529. En 1529, nommé historiographe de l’empereur Charles Quint.

En 1541, justifie l’impérialisme dans son Traité sur les justes causes de la guerre contre les Indiens et va jusqu’à inciter Charles Quint à lancer une croisade contre les Turcs. En se réclamant d’Aristote, fait l’apologie de l’inégalité des êtres humains.

L’imprimatur lui est effectivment refusé pour le Democrates alter (mais par le Conseil de Castille) ; son livre ne paraîtra qu’en 1892.

 

--  LECTURE  ANALYTIQUE  - extrait de La controverse de Valladolid

 

 

I/ Au cœur du débat

 

- dialogue : nombreux tirets ; vbs de parole (ll 3, 6, 10, etc …) ; qqs passages narratifs (ll 4-5 ; 26-27 ; 32 è pour préciser certaines attitudes (« saisit le 1er feuillet » (4-5) ) ou pensées ( « Tout cela ne le surprend pas » (32) )

- 3 personnages en présence : Sépulvéda (l 4) ; le prélat, légat du Pape (l. 3) et Las Casas (l. 10)

- Sépulvéda, philosophe (fait réf à Aristote ; l. 2), annonce la thèse qu’il va développer : l. 1 ; Las Casas la réfute (ll 10 sqq) ; le légat arbitre (ll 49-50), mais intervient aussi pour recentrer le débat (ll 23-25).

- Si chacun est censé prendre la parole tout à tour, l’échange est plutôt vif : bcp de « ! » ou de « ? » dans les répliques de Las Casas è émotion présente. (plutôt persuasif).

- Le discours de Sépulvéda est plus méthodique, organisé, énoncé froidement : « il a préparé tout un dossier » (4) ; « commence une lecture à voix plate » (26) è cherche plutôt à convaincre = laisse croire que ce qu’il dit relève d’une Vérité « indiscutable » (26-27)

 

 

II / Un dialogue éristique

 

- C’est Sépulvéda qui semble mener le débat : le 1er a énoncé sa thèse ; la dvp – Las Casas la réfute point par point è 2 avis totalement opposés qui, ici, se répondent « du tac au tac ».

- 1er argt de Sépulvéda : Inidiens copieurs è serviles. Las Casas répond par un contre-argument (faux prétexte d’envahisseurs), un exemple (César et la Gaule) [= déductif] et conclut par une analogie (« nous faisons de même » (15) )

- Sépulvéda en vient à énumérer tt ce qui est, selon lui, caractéristique des êtres inférieurs (ll 28-31 puis 33-36) : ignorent la technologie (28), travaillent et mangent comme des animaux (28-29), ont mauvais goût et sont hérétiques (30-31) ; innocents (33), polygames (33-35) ; manquent de bravoure (35) et ignorent la valeur de l’argent et de l’or (35-36) è causes certaines de stupidité, selon Sépulvéda (dossier à charge)

 

- Las Casas répond point par point : contre-arguments : inverse l’argt concernant le mépris de l’or (37-38), en fait autant pour la nourriture (40-41) , vante leur agriculture (45-46), explique pq ils n’utilisent pas d’animaux domestiques (46-47) et remet en cause la notion de goût (« grossier ») (48)

et contre-exemples (ex : « œufs de fourmi et tripes d’oiseau » (42) vs « tripes de porc et escargots » (43)

 

III / Une remise en cause de l’ethnocentrisme

 

- passage important : « attentif à cette argumentation nouvelle » (17) : ll. 19-20 (è rappelle le texte de Montaigne : la controverse lui est contemporaine  …) + « ensorcelés » (19) = terme fort (pour un prélat)

- Las Casas remet +sieurs fois en cause l’ethnocentrisme (visée critique) à l’aide de questions : l. 38 ; l. 41 ; l. 48.

- Laisse même entendre que Sépulvéda peut lui aussi être ignorant sur certains points, et s’en amuse : « ne vous a-t-on pas appris » (45) ; « ignorez-vous que … » (47) è l’ignorance n’est pas d’un seul côté ; les valeurs ne sont pas les mêmes pour tous.

Paradoxe : dans ce débat, l’homme d’église se fait moins dogmatique que le philosophe. Il ne cherche pas à imposer sa Vérité, et ne fait pas de ses valeurs des lois universelles. 

 

è Un débat d’idées propice à la délibération

 

I/ Au cœur du débat

 

II / Un dialogue éristique

 

III / Une remise en cause de l’ethnocentrisme

 

Par 1ère L - Publié dans : LA Argumentation
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 09:42

 

 

 

Présentation  - Montaigne, « Les cannibales »

 

(1533 – 1592)

 

Montaigne est né en 1533, dans la région de Bordeaux. A reçu un enseignement humaniste, par un père pétri de culture grecque et latine. Dès 5 ans, entre au collège de Bordeaux, puis à celui de Guyenne (le meilleur de France)

Rentre au Parlement de Bordeaux en 1557 ; y rencontre Étienne de La Boétie, son grand ami (.qui mourra 6 ans + tard). En 1561-62, réside à Paris, envoyé par le Parlement de Bordeaux. En 1562, rencontre des Indiens cannibales à Rouen.

En 1571, se défait de sa charge au Parlement de Bordeaux, décide de se retirer sur ses terres, mais sortira de sa retraite en 1574 (suite aux guerres civiles) et rejoindra les armées catholiques de Guyenne en 1574 è chargé d’organiser la défense de Bordeaux menacé ; devient proche d’Henri de Navarre et d’Henri de Guise. Est nommé gentilhomme de la chambre d’Henri de Navarre (futur Henri IV).

En 1580, le 1er livre des Essais est publié à Bordeaux. La même année, Montaigne part en voyage (Suisse, Allemagne, Italie), rencontre bcp de monde, s’intéresse à la variété des coutumes des peuples et note tout ce qui lui paraît « singulier ».

En 1581, alors encore en Italie, apprend qu’il a été nommé maire de Bordeaux.

1588 : nouvelle édition augmentée des Essais ; y travaillera jusqu’à sa mort.

 

Dans les Essais, évoque pour la 1ère fois le Nouveau Monde au chapitre XXX du Livre I, intitulé « De la modération ». Il y dénonce la violence barbare des sacrifices religieux, immodérés. Mais dans le chapitre suivant, « Les Cannibales », il relativisera cette pratique (signe de son ouverture d’esprit).

Apprend à mieux connaître les Brésiliens par le témoignage de son homme de confiance :  « un homme qui avoit demeuré dix ou douze ans en cet autre monde qui a esté découvert en nostre siècle. » = « estoit homme simple et grossier, […] très-fidelle, ou si simple qu’il n’ait pas dequoy bastir et donner de la vray-semblance à des inventions fauces […] »  è  témoignage authentique ; incapable d’imagination.  

C’est en 1550, à Rouen, que les Français voient pour la 1ère fois des habitants du Nouveau Monde : fête brésilienne ; reconstitution de scènes de la vie quotidienne. Montaigne, lui, en rencontrera dans la même ville en 1562.

Il évoquera encore ces habitants du Nouveau Monde dans un autre chapitre très célèbre : « Des coches » (Livre III,  chp VI). Ils appartiennent à l’ethnie des Tupinikin, autrement appelés Tupi. Il vante leur « race humaine originelle », dépourvue de tout art et de toute science. Image paradisiaque d’une humanité sans tourment ni maladie, à la nourriture abondante, avec de grandes habitations.

 

 

--  LECTURE  ANALYTIQUE  - MONTAIGNE (1533-1592),  Essais, « Les Cannibales »

(extraits du tome I, chp XXXI) (1580)

 

I / Une remise en cause des préjugés ethnocentriques 

 

- l’extrait commence par une assertion, puis énoncé de la thèse (= déf° de l’ethnocentrisme) (l 1)

- « je trouve » è M s’implique ; avis personnel ; « nous » = européens / civilisés ; face à « ils » (les « sauvages »)

- arg° directe : M expose directement ses idées (ex è ll 2-‘ : dvpt de la thèse), args (ll 4) et exs (not dernier § : ex dvpé).

- suit une démarche déductive : commence par sa thèse et des idées d’ordre général (voir partie 2) avant d’en venir au cas + particulier des « cannibales »

- repose sur 2 témoignages complémentaires : l’1 indirect (cf chapeau : rencontre avec qn qui a vécu au Brésil : 3 1ers §§) ; l’autre direct (dernier § : 3 Indiens rencontrés à Rouen, en présence du roi Charles IX)

è portrait (objectif ?...) direct ds § 2 (ex : « naïveté si pure et simple » (17) )  et + implicite ds § 4 (= met en valeur leur « bon sens ») : permet même d’inverser la situation (regard de l’Autre qui nous regarde et nous juge)

- polémique : use de contradiction pour provoquer une réflexion : ll 23-24 : « Nous les pouvons bien appeler barbares (…) mais (nous) les surpassons en toute sorte de barbarie ».

è remise en cause des préjugés ; critique de l’ethnocentrisme et de ses limites

            ècf ironie présente l 4, avec répétition du terme « parfait(e) » (= tout ce qui vient de nous est parfait ; tout ce qui diffère de nos repères mérite la critique).

 

II /  Un éloge de la Nature (supérieure à l’Art) 

 

- Très vite, M utilise un raisonnement par analogie : compare les « cannibales » / « civilisés » à des fruits ( è à partir de la l 5 : « de même que »)

è fruits produits par la Nature = « sauvages » / produits par l’hom = « naturel » ? (plutôt : « artificiel »

            è effet de l’ethno- et anthropocentrisme : l’hom estime supérieur ce qui est produit par lui-même.

- M s’oppose à cette doxa (avec force) : l 8 ; l 10 ; ll 11-12 : La Nature est en tt point > à l’Art ; celui-ci n’est qu’une imitation imparfaite de celle-là ( è rapport Art / Nature = concept° φ déjà en cours ds l’Antiquité è ici (+ loin) réf à Platon ; idem pr opposition Nature / Culture ; encore au XVIIIe s)

- utilise des termes forts (è polémique) : « abâtardies » (8 ; 14) ; « goût corrompu » (9) ; « rechargé » (10) (pr « surcharger ») ; « vaines et frivoles entreprises » (12)  VS « naturelles vertus et propriétés » (8) ; « grande et puissante mère Nature » (10) ; « beauté et richesse de ses ouvrages » (11) ; « pureté » (11)

- +sieurs reprises du terme « naturel(le) » : l 8 ; « lois naturelles » (14) ; « liberté naturelle » (26) ; « nécessités naturelles » (28) è svt associés aux « sauvages » (= leurs pratiques sont finalement meilleures que les nôtres : + proches de la Nature)

 

III / Le « mythe du bon sauvage » (se met en place)         

 

- réf à l’Âge d’Or (16) ; retour aux origines idéalisé ( « naïveté originelle » (14) ; « naïveté si pure et simple » (17) )

- portrait en creux (§ 2 ; ll 18-22) : utilisation de nombreuses formules négatives (rép° de « nul (le) (s) »)

è M insiste plus sur ce qu’ils n’ont ou ne sont pas que l’inverse è raisonnement par opposition (implicite) : laisse (facilement) entendre tout ce qui les différencie de ce que sont et ont les civilisés.

- De même (l 22) les défauts (mœurs « corrompues ») des Européens leurs sont (étaient …) inconnus.

 

- éléments caractéristiques du « bon sauvage » : naïfs, innocents et vertueux (14 ; 16 ; 26 ; 21) ; tt en abondance sans besoin de travailler (27) ; heureux, car besoin limités (28 ; 29 : pas de superflu) ; forment une communauté (29-30 ; 20) ; partagent tout : « tout est à tous » (30 ; 20)

+ bon sens (cf § 4 : ce qui leur paraît « étrange » chez nous : 1) qu’un enfant dirige des hommes (ll 37-39) ; 2) qu’il y ait des riches et des pauvres (qui ne se révoltent même pas) (ll 40-44)

+ sens de l’honneur, dignité, autorité (ll 46-50)

 

 

è Un écrit reposant sur un paradoxe ( essai è argumentation directe)

 

I / Une remise en cause des préjugés ethnocentriques

 

II /  Un éloge de la Nature (supérieure à l’Art)

 

III / Le « mythe du bon sauvage » (se met en place)      

 

 

Par 1ère L - Publié dans : LA Argumentation
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:39

L'exposition des tableaux de l'Anderer suscite une réaction forte chez les villageois puisqu'ils détruiront tout ses tableaux.

L'Anderer connais le passé des lieux mais aussi des villageois bien que les événements se soient passés avant son arrivée et que les personnages cherchent tous à le refouler. Diodème incite Brodeck à regarder les tableaux sous des angles différents si bien que les lieux apparaissent de façon différentes tout comme les personnages qui révèlent leur vrai visage, exemple de Ortschwir dont le tableau évoque la lâcheté, la compromission, la salissure. Ce passage se situe à la fin du texte et permet au lecteur ainsi qu'à Brodeck de faire le bilan des personnages. Pour les lieux, il y a une personnification des paysages de façon a donner l'impression qu'ils racontent une histoire. Les tableaux deviennent presque autonomes, ils sont révélateur tel la place avec la tache de sang à l'endroit où fut décapité Cattor ainsi que la porte ouverte de la grange où fut violée Emelia et les 3 jeunes filles. Les tableaux sont donc révélateur du passé mais également du futur tel l'endroit exacte où se suicidera Diodème.

Par 1ère S2 - Publié dans : Le Rapport de Brodeck
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 19:55

Cette gravure de Théodore de Bry montre la violence de l'arrivée des colombs en amérique, ils sont armés et protégés par des armures alors que les indiens sont représentés presque nus seulement vêtu d'un tissu bleu, ils sont sans armes. On voit une flotte derrière  C. Colomb faisant fuir des indiens a l'arrière plan. Théodore de Bry dénonce l’arrivée brutale des Colombs qui sont représentés en position de force alors qu'ils sont reçus avec de nombreux objets de valeur en or. Théodore de Bry dénonce aussi la conversion au catholicisme comme peut faire penser la croix plantée par les Colombs.

 

c_colomb_arrive_de_bry3.jpg

Par 1ère L - Publié dans : Théodore de Bry
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 17:47

16 bry for the usa adam and eve

 

 

Il s'agit d'une gravure représentant Adam et Eve.
A l'époque, il n'est pas rare de figurer des scènes bibliques. Seulement cette fois, l'image cherche à transmettre un nouveau message. A savoir que le Nouveau Monde est indissociable du concept de Paradis. De par la nudité des Hommes mais aussi pour cet aspect d'abondance sans avoir à travailler. L'innoncence, la simplicité.
T. de Bry veut sans doute défendre les indigènes en montrant aux Colons que s'ils sont différents d'eux, ils le sont de peu. Ils se présentent sous la forme originelle de l'Homme telle qu'elle est décrite dans la bible. De ce fait, il n'y aucune raison qui justifierait de se moquer d'eux ou de les juger inférieurs.

                                                                                                                                                                                Louise Le Fralliec

 

 

 

 

Par 1ère L - Publié dans : Théodore de Bry
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